Il y a un an, je pesais dans les 51kilo, pour mon mètre soixante c’était, dirait-on, parfait. En fait, mon rapport avec la nourriture a toujours été chaotique, je t’aime, moi non plus, mon appétit subissait mes sautes d’humeur, puis, je me suis laissée à l’amour, et à la faim.
Oui, mon appétit allait et venait au gré de mon esprit. Début janvier j’ai perdu du poids pour cause d’ennuis amoureux, et puis j’ai pris six kilos en trois mois, six kilos de bouffe pour 67 d’amour.
Six kilos que j’ai mis sur le compte de la pilule, puisque commencée dans cette période, me plaignant de ma prise de hanches, de ma prise de poitrine (moi qui avais atteint le score parfait du 85C), je suis passée de fine et bien fichue, bien dans ma peau, à potelée, je dis “potelée” parce que je n’arrive pas vraiment à définir ce que je suis à présent, je regardais mes jambes avec fierté, je me les pince à présent, ma peau a éclaté sur mes cuisses, mon ventre presque plat a rendu du gras.
De mi-cuisse à mi-ventre mon corps s’est déformé. Oui, en me stabilisant amoureusement, j’ai remangé avec gourmandise, sans vraiment me priver, en fait, je mangeais juste un peu plus (je ne me suis jamais vraiment restreinte, mais les bonbons ont fini par me le faire payer). De bien dans mon corps je suis passée à obsédée de la vergeture, c’est hideux, je déteste ces traces qui me bariolent les fesses, je hais mes hanches avant très satisfaisantes, j’ai en horreur mes abdominaux flasques. En fait, je ne supporte surtout plus la critique.
Je me suis rendue compte de mes débuts de rondeur, puis les autres ont fait de même, mon père insistant sur ma prise de poids me faisait pleurer à table, mes frères inquiets en discutaient avec ma mère, ils avaient en tête que je me fasse quitter par l’amoureux, qui lui me trouvait trop maigre en janvier. Bref, mon poids est devenu une lubie (au grand dam de celui-ci), lorsque le coup de grâce me fut porté dans le métro: une pét*sse du secondaire me pointant du doigt en disant à sa copine de frange “grosses cuisses”, DAMNED !* (*purée, la vache, on est fichu).
Les fêtes arrivent, je ne veux pas que ma famille pense de la sorte, ce serait pure humiliation, mes jolies formes qui étaient enviées à présent critiquées ? Jamais. Alors, pour la première fois de ma vie et avec une conviction énorme, j’ai entamé la chose qu’on appelle Régime, mais je ne fais pas dans la demi-mesure, je suis le régime drastique, hypocalorique, sadique…
Je me prive, je ne grignote plus, mes repas se font à base de légumes (par 200gr…) de riz (par 200gr…) de viande blanche (par 100Gr…) et se raréfient, je compte les calories de chaque chose passant ma ma bouche, je m’endors la faim au ventre, je pense nourriture à longueur de journée avec une seule phrase fixe “ne craque pas, ne craque pas”, oui, je veux retrouver ma ligne d’hier, je m’interdis de grignoter pour en acquérir l’habitude, je mange moins gras, je tombe.
Oui, le constat est là , je tombe, mes jambes me soutiennent une demi-journée avant de me lâcher dans les escaliers (mon sport quotidien : les escaliers du métro), ma tête me balance des envies de plat que je n’avais pas avant, mes mains tremblent, mon corps doit s’habituer, s’habituer comme à la guerre à la privation et au rationnement, s’habituer au manque de chocolat, de gâteaux, de pain, s’habituer au froid, à la graisse qui quitte mes os, s’habituer à l’hiver nutritif, une semaine depuis le début de la faim, et ce n’est pas fini, j’ai au moins cinq kilos à perdre bon sang, pour retrouver mon corps, me réapproprier mes jambes, pour redevenir fière de me montrer nue à l’homme dont je suis amoureuse, pour remettre mes pantalons taille 36 casés au fond du placard, comme mes jupes et mes ex-nouveaux soutiens gorge, pour aimer ce que je déteste à présent, cette chair qui n’est plus la mienne.
Mon bonheur corporel est à portée de main.
posté le 13/12/2011 | 1186 vues | 7 commentaires | tags: fêtes malaise corps régime Ego trip
Merci pour ce long commentaire.
Tout d’abord: je n’ai pas de balance.
Ensuite, je sais que je me sentirai mieux débarrassée de mes rondeurs, de ce poids que je ne supporte plus, et si je mange peu, je ne m’en fait pas moins plaisir, j’aime ce que je mange ! Mon esprit ira mieux quand je serai à l’aise dans mes basket, quand je ne pleurerai plus en regardant mon miroir !
Ma petite ChaT, il est clair que nous avons toutes un rapport au poids différent, souvent complexe, parfois plus détaché, comme Mély. Ce que j’entends surtout dans ton post c’est cette réelle souffrance de voir son corps changer, l’obsession doucement s’insinuer, le regard culpabilisant des proches s’accentuer. Alors loin de moi l’idée de vouloir te conseiller (je suis de celles qui font n’importe quoi), mais simplement de t’encourager dans ta quête de mieux-être. Les Vieilles Meufs sont avec toi !
Je n’étais pas détachée…j’ai même pleuré un moment. Je m’en suis détachée pour aboutir à ce que je voulais sans m’en apercevoir nuance…d’où l’explication dans mon long com’…après c’est très personnel. Mais je crois qu’en dramatisant, on s’obsède et c’est plus dur. J’ai détourné toutes mes frustrations liées à mon corps en essayant de l’accepter et puis il est redevenu à son état normal ou initial tout seul…en suivant mon mode de vie. Je ne voulais pas être de ces filles au régime tout le temps pour la simple et bonne raison que le régime ne marche pas, si ce n’est qu’un temps et apportant beaucoup de carences, et sans sport surtout, pas la peine de rêver. Mais il n’en reste pas moins que si ce n’est pas ton poids normal, en retrouvant un équilibre, je te rassure, tu retrouveras ton corps…en résumé.
J’avais compris le sens de ton message, Mély, qui est la bonne attitude à adopter, je n’en doute pas ! Je constatais simplement à quel point la pression sociale qui pèse sur la taille de nos fesses peut nous gâcher la vie, une pression parfois véhiculée autant par les médias que par nos proches. Nouvelle30aire vient de publier un post édifiant sur son propre rapport à la nourriture en réaction à cet article.
Pour avoir essayé plusieurs régimes, dépensé une fortune en soins amincissants plus douloureux qu’efficaces, testé chaque nouvelle crème “magique” faisant son apparition sur le marché, je comprends parfaitement la difficulté d’accepter son corps. Mely a parfaitement raison de rappeler que les régimes sont souvent dangereux. D’ailleurs, plusieurs études ont montré que sur le long terme (5 ans si je me souviens bien), en général les kilos perdus sont repris. Disons que le seul “régime” valable, c’est “l’alimentation équilibrée”. Oui, manger bien, manger sain, je vis ça comme un régime :).
Mais depuis quelques temps, j’ai décidé de suivre la méthode décrite par Mely plutôt que les régimes (et le sport car ce dernier est contre-indiqué pour moi). Je porte des vêtements que j’aime et qui me mettent en valeur; sans penser à ceux devenus trop petits, je me fais les ongles, teste de nouveaux cosmétiques, etc. Je mange ce qui me fais envie, sans culpabiliser si possible. Pour le moment, avant même de penser à remanger équilibré, j’essaie de me remettre à cuisiner. Ca fait des mois que je refuse de faire les courses, que je prends des plats à la boucherie d’en bas. J’espère que la cuisine m’occupera et donc trompera mes crises puisque je grignote essentiellement quand je m’ennuie ou quand je suis angoissée. Pour les angoisses, j’ai commencé une thérapie.
Bref, j’essaie de ne plus lutter contre moi-même, mais de m’accepter au moins un peu…
Bon courage dans tous les cas ! Ton article montre bien comme les complexes peuvent gâcher l’existence.
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ChaT:de retour sur LR, je tombe sur ce billet que j’ai envie de commenter…
J’ai toujours été mince, voire très mince selon les périodes.
Pilule ou pas pilule même si elle ouvre l’appétit c’est un fait mais si les seins font mal etc c’est qu’elle n’est pas adaptée…voilà pour le début. Une fois j’en ai pris une qui m’a fait prendre là alors que je suis une planche hein! ben j’ai changé.
Ensuite, concernant les régimes: stoppe de suite.
Un régime ne sert à rien. On a souvent le poids qui correspond à son mode de vie. Tu racontes un mode de vie assez sédentaire. L’an passé, j’ai validé un master 2, fait un stage en responsabilité avec tous les cours à préparer, validé deux certifications en langue et informatique, tout en bossant 28h/semaine et préparant le capes jusqu’en juillet (que je n’ai pas eu lui…fallait bien craquer à un moment donné). En un an, j’ai doucement pris 6/7 kilos. J’ai du racheter des jeans, je ne m’aimais pas. Et puis, je suis partie en Pologne, dans les camps, puis j’ai rencontré un garçon qui m’a brisé le coeur mais tout ça pour te dire que…petit à petit, en me reconcentrant sur moi, mon corps, mes envies, et sans régime, j’ai perdu tout le poids que j’avais pris, en mangeant tout ce qui me faisait plaisir! à tel point que l’on me demande si je suis malade car la réalité est que je me suis beaucoup affinée. Je ne me pèse que chez le gynéco, je n’ai pas de balance. C’est le fruit d’une conscience de moi, de beaucoup de sport (danse, barre au sol, jogging), au fil des mois, faire du sport réconfortait mon moral et puis le résultat: un corps musclé, affuté, même mon buste pour moi c’est trop, je vois encore plus mes os qu’avant. En fait, je veux pas faire la leçon, on a toutes des métabolismes différents, moi j’ai pas un tempérament de fille grosse, même si j’aurais tendance à grossir du bas en faisant n’importe quoi comme l’année dernière. Ce genre de moment est normal dans la vie. Si la nourriture devient un problème tu ne réussiras pas à être satisfaite, je parle en connaissance de cause, je connais ces filles obsédées du poids, ce sont les mêmes dont la langue pendent en me demandant comment j’ai fait. Eh bien, j’ai continué à manger sans me priver, privilégiant les fruits, les féculents, et là je mange du foie gras tous les jours pratiquement, seulement, je mange quand j’ai envie, je ne me force pas, beaucoup de thé…remplace le sucre par du rapadura(pour les acides aminés etc), le miel, beaucoup de tisanes. Le but: ne pas s’affamer et se dégouter. J’ai vu les ravages de Dukan sur une fille de la danse, perte de poids vertigineuse: prise de poids bouffie, une horreur pour elle…
J’espère t’avoir un peu réconforté. Fais les choses pour toi, sans penser à ton corps, mais à ton esprit. Moi comme je rentrais plus dans mes jeans je mettais des robes, beaucoup de robes, et surtout, je n’ai pas cessé de m’occuper de moi (ongles maquillage, coiffure, ciné, lectures, etc). Il faut s’aimer et ton corps suivra…Sans le vouloir, j’ai réussi à ce qu’on me demande tous les 3jours qu’elle est mon secret. Je réponds que je n’en avais pas, j’ai juste voulu aller mieux…Pour s’affiner la danse et spécialement la barre au sol est top, elle étire les muscles…et le jogging fait sécher très vite, la graisse pèse moins lourd que le muscle mais visuellement ça n’a rien à voir. Fous moi cette balance à la poubelle, ça ne sert à rien, sers toi de tes fringues et surtout mange ce qui te fait plaisir, ça partira aussi facilement que l’envie venue.
Courage…