Tu croyais que ma nouvelle vie de Desperate Housewife allait ĂŞtre ennuyeuse et chiante Ă mourir ? Que nenni ! Car après avoir rangĂ© mes Pepito et renoncer Ă savoir danser le Kuduro, j’ai entrepris un nouveau chantier : savoir me faire des smoky-eyes de la mort pour briller de mille feux pendant les fĂŞtes de fin d’annĂ©e.
Tu remarqueras deux choses :
- que je suis particulièrement en avance sur mon temps par rapport aux fêtes
- que mon ambition professionnelle est toujours Ă son comble
J’ai donc matĂ© un tutoriel sur Youtube et suis allĂ©e essayer aussitĂ´t dans ma salle de bain avec un khĂ´l adaptĂ© Ă la situation. Me voilĂ donc en train de me peinturlurer la face, tracer le trait et estomper le rĂ©sultat. On aurait dit que j’avais fait ça toute ma vie. C’Ă©tait de toute beautĂ©. J’Ă©tais fière. Après, je me suis souvenue que j’avais eu un Ă©chantillon d’un rouge Ă lèvres particulièrement rouge. La teinte, c’Ă©tait rouge-pĂ©tasse.
Comme j’Ă©tais seule, je n’ai pas hĂ©sitĂ© Ă le mettre en mĂŞme temps que le smoky-eyes. Une erreur, bien entendu.
Il est de notoriĂ©tĂ© publique qu’il ne faut pas se maquiller Ă la fois les yeux et la bouche. MĂŞme moi, l’handicapĂ©e du make-up, je sais ça. Mais lĂ , je me suis lâchĂ©e tu vois. C’est pas la fĂŞte du mauvais goĂ»t tous les jours.
J’avais l’air d’un travesti Ă©chappĂ© du bois de Boulogne. Ou d’une actrice de film porno version cheap. Au choix. Après, j’ai entendu que MSN me rĂ©clamait corps et âme et je me suis mise Ă papoter avec B. pendant un petit moment. Ok, un long moment. Assez longtemps pour que j’en oublie mon maquillage de tasse-pĂ© qui ornait mon sublime visage.
Aussi, quand la sonnette a retenti, je suis allĂ©e ouvrir sans une once d’inquiĂ©tude. C’Ă©tait les pompiers qui venaient vendre leur calendrier. Deux espèces de bombasses pleines de testostĂ©rone moulĂ©es dans leur petit pull de marin pompier. Il est clair que le fantasme de l’uniforme a encore de beaux jours devant lui.
- “Bonjooooour”, j’ai dit. En prenant la pose que m’a apprise AnnCha, particulièrement naturelle et dĂ©tachĂ©e.
J’ai battu des cils et lancĂ© des cĹ“urs avec mes yeux mais je ne crois pas qu’ils l’aient remarquĂ© parce qu’ils ont fait une tĂŞte cheloue et ils se sont lancĂ©s un regard interrogateur. J’ai tout de suite compris. Mon dieu. Mon maquillage d’Halloween. EspĂ©rons au moins que le rouge Ă lèvres n’ait pas coulĂ© sur mes dents.
- “On vient pour les calendriers !” qu’il m’a dit le Pompier n°1 (que l’on appellera Georges C.)
Comment leur expliquer que non, malgrĂ© les apparences, je n’avais pas de liasses de billets en liquide sur moi ?
- “Vous pouvez faire un chèque !” qu’il me dit le jeunot (que l’on appellera Jude L.)
Un chèque chĂ©ri ? vraiment ? Je suis au chĂ´mage. Tu crois quand mĂŞme pas que je vais faire un chèque pour acheter un calendrier oĂą vous n’ĂŞtes mĂŞme pas nus alors que je peux mĂŞme pas m’acheter du dĂ©maquillant. Je n’avais qu’une hâte : Ă©courter au plus vite cet Ă©change particulièrement stressant et peu flatteur.
Je leur ai proposĂ© de repasser plus tard. Et j’ai aussitĂ´t couru dans la salle de bain effacer toute trace de cet Ă©pisode tragique. Je crois que j’aurais encore prĂ©fĂ©rĂ© les TĂ©moins de JĂ©hovah ou les Amoureux de JĂ©sus qui auraient vu en moi une parfaite cible Ă remettre dans le droit chemin.
Mais pas les pompiers bordel. C’est sacrĂ© ces choses-lĂ . Maudit Karma.
(cc) bronx.
posté le 23/11/2011 | 750 vues | aucun commentaire | tags: grotesque outrance pompiers ridicule honte anecdote maquillage Ego trip | 3 ont aimé
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...