Humeurs

Ralentis ! J’ai pas de temps à perdre

Article sélectionné par electricalstorm lors de sa semaine de rédac’chef !

Tandis que graow-Justin s’en va distribuer tout plein de minutes gratos dans Time Out, l’essoufflée que je suis s’octroie une pause bien méritée sur son Tam-Tam rose fluo préféré. Jongler avec trois vies, repartir à zéro… plusieurs fois, se faire pousser des bras dans le dos tout en luttant contre les lumbagos, ça pousse la terrienne moyenne à réfléchir, oh pas souvent je vous rassure mais suffisamment pour tenter d’acquérir la sagesse des éléphants.

Ralentis ! J’ai pas de temps à perdreJe ne veux pas d’une demi-vie voilà tout est dit. S’il faut vraiment choisir, je veux une vie plus courte mais riche à en crever. C’est vrai quoi, à quoi bon remplir nos vies à tout prix, tromper l’ennui, faire semblant ? Comme toute femme ébouillantée des années dans l’eau tiède, je veux brûler mon compteur et remettre les pendules à l’heure. Je veux de la qualité, du made in France, de la minute de luxe, de l’heure plaqué or, du temps riche dont le goût reste en bouche, je veux du concentré, de l’élixir, de l’essence de temps.

Que n’ai-je à foutre de ces heures bon marché, à cavaler côte-à-côte mais pas vraiment ensemble dans les rayons des supermarchés, chez Picard ou chez sa mère ? Je revends toutes ces minutes médiocres contre quelques secondes brûlantes dans ses bras, les yeux dans les yeux, perdus en nous, aveugles au reste. A quoi remplir à tout prix nos emplois du temps à voir des gens qui nous laissent indifférents ? Je préfère voir moins souvent ceux qui me manquent vraiment, ces amours d’amis qui à peine retrouvés nous donnent l’impression de ne jamais les avoir quitté, plutôt que de jouer les mondaines un poil aigries, essoufflées, diluées, évaporées.

Oust, exit, à mort les semaines inutiles ou stériles, pleines de vent. Je préfère mettre la barre haut, faire chier tout le monde avec mes idées de grandeur, embarquer mon petit monde dans mon super jet, sur mes montagnes russes, avoir le cœur qui bat fort et la gorge irritée d’avoir tant gloussé.

A quoi ça sert de vivre à moitié la moitié du temps ? A quoi ça sert de perdre du temps, à quoi ça sert de prendre son temps si ces instants ne sont que des mi-temps ? Il n’est pas nécessaire de faire une révolution, de devenir harpie, ou de tomber dans la drogue pour préférer des secondes de qualité à une abondante médiocrité. On passe déjà un tiers de notre temps à dormir, alors soyons exigeants avec les deux tiers restants.

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