musique

Charlotte Gainsbourg : une artiste enfin affranchie

NDLR : La rédaction de Ladies Room a mandaté Storia Giovanna pour la présentation presse du nouvel album de Charlotte Gainsbourg, Stage Whisper.

Ce soir, mercredi 16 novembre, je suis invitée à la présentation de presse de Stage Whisper, le concept-album de Charlotte Gainsbourg disponible à la vente le 5 décembre. Autant dire tout de suite : je ne suis pas très familière de son univers. En effet, j’étais restée déçue par 5:55, où Charlotte paraissait extrêmement effacée, malgré les arrangements très aériens de Air. J’avais retrouvé le même problème avec quelques titres d’IRM, notamment avec un titre comme Heaven can wait où la voix de Charlotte était encore noyée, malgré des arrangements plus folk et lui correspondant davantage.

Charlotte Gainsbourg : une artiste enfin affranchieJ’arrivais donc ce soir avec certains a priori. Déjà, je suis arrivée en retard, le disque était déjà au deuxième ou troisième titre. Dans la salle, beaucoup de rédacteurs. Je me sens un peu illégitime. Mais je prends le parti de m’installer. Sans crayon, sans bloc-notes, sans iPhone. Juste avec l’envie d’une écoute spontanée, avec l’émotion qu’elle procure.

Avant de parler de mes impressions, parlons de la structure de l’album. C’est un album mi-studio, mi-live. Soit 8 titres inédits, où l’on retrouve la collaboration principale avec Beck qui avait assez bien réussi sur l’album IRM. On retrouve aussi des signatures encore peu connues du grand public, telles que Conan Mockasin ou Conor O’Brian (the Villagers).

Le tout complété avec 11 titres live enregistrés durant sa tournée mondiale en 2010. En guise de teasing, la maison de disques a lancé un titre assez électro, Terrible angels, qui n’a pas défrayé la chronique par son aspect limite musique indus que par le clip réalisé, où Charlotte – mon Dieu ! – danse :

Au final, quelle ne fut pas ma surprise ! Je trouve une voix présente, bien que le timbre ne soit toujours pas étoffé. Et c’est bien cela qui tranche quelque peu avec ses précédents albums. J’ai ma petite explication : Charlotte, suite à sa tournée – et les titres live sont là pour en apporter la preuve –, a enfin pris confiance en sa capacité d’occuper la scène avec un filet de voix digne d’une Carla Bruni sous laryngite. D’ailleurs, alors que j’aurais pensé qu’elle se ferait avaler par les instruments en concert, je découvre sur les enregistrements que les balances ont bien été faites – pas sur tous les titres, en fait.

J’ai également été séduite par des orchestrations très sobres. Que ce soit au combo guitare-piano-contrebasse, ou au contraire dans des inspirations très indus, les titres de cet album ont fait l’objet d’un minutieux travail pour assurer le maximum de présence à la voix de Charlotte, qui peut se permettre de changer de registre, allant dans des voix graves très intéressantes ou des aigus très enfantins. Bref, ce qui domine dans la distribution de cet album, c’est une forme de diversité où la chanteuse se retrouve à chaque fois à l’aise, voire donnant une véritable identité à chaque titre.

Cet album est aussi une marque de son affranchissement par rapport à son personnage. Charlotte Gainsbourg cumule à la fois la tare de fille de (et pas de n’importe qui !) et d’icône sociétale. Madame a désormais 40 ans, l’âge où les femmes sont censées s’être libérées de certaines fêlures. Et tant dans ses projets cinématographiques – elle ose être limite folledingue pour Lars von Trier – que musicaux, elle surpasse sa timidité naturelle pour offrir l’image d’une femme libre et en phase avec ses aspirations les plus profondes.

Avec Stage Whisper – le Murmure de la Scène, quelle jolie manière de décrire cette voix –, Charlotte Gainsbourg prend de l’ampleur en tant que chanteuse. Sûrement parce qu’elle s’est détachée de son image d’actrice à fêlures. Et si finalement, l’actrice-chrysalide pouvait finalement laisser place à la chanteuse-papillon ?

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