Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

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Storia Giovanna

“Polisse” : L’horreur est humaine, bis

Il y a quelques annĂ©es, j’avais dĂ©jĂ  Ă©crit sur LR que je considĂ©rais la pĂ©dophilie, et d’autant plus l’inceste, comme le crime le plus abject que l’on puisse connaĂ®tre dans le genre humain. Le fait que ma mère soit enseignante et que ma soeur travaille dans le social influe Ă©normĂ©ment sur ce jugement de valeur. Ma mère m’a d’ailleurs parler du Bouclier, association belge qui a mis en place le système de veille aujourd’hui en place dans le système judiciaire français pour repĂ©rer les contenus pĂ©dopornographiques.

affiche-polisse-3.jpgTous ces prolĂ©gomènes pour vous dire que ce soir, j’aurai du mal Ă  dormir. En effet, je suis allĂ©e voir Polisse, de MaĂŻwenn. Ce film qui a soufflĂ© tout le monde au festival de Cannes 2011, au point de remporter le prix du Jury. La presse est unanime : le film est dĂ©crit comme un film coup de poing. Et en effet, cette incursion dans le quotidien d’une Brigade de Protection des Mineurs Ă  travers le regard d’une photographe bourgeoise est juste Ă  couper le souffle.

Pitch Allociné :

Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Mon humble avis
Du dĂ©but Ă  la fin, on tremble, on pleure, mais on rit Ă©galement face Ă  ces hĂ©ros du quotidien qui essaient tant bien que mal de se confronter Ă  la misère humaine tout en se dĂ©tachant tant bien que mal de leur travail dans leur vie intime. Une partie d’entre eux ont une famille et des enfants : ce sont ceux qui traitent les cas avec le plus d’affect. Le cas d’Iris (Marina FoĂŻs), anorexique en mal d’enfant et ne supportant plus son compagnon, est en cela intĂ©ressant : elle traite l’horreur avec une professionnalisme glaçant. Mais c’est elle qui, au final, s’avĂ©rera la plus affectĂ©e…

Certaines scènes sont tout simplement insupportables. Notamment la scène de la mère africaine jetĂ©e Ă  la rue qui se sent obligĂ©e d’abandonner son fils pour le protĂ©ger de la rue. Les policiers se dĂ©mènent pour essayer de trouver une place en foyer pour la mère et l’enfant, mais ne trouvent au final qu’une place pour l’enfant. J’ai fait des remplacements en tant qu’aide-maternelle, et je ne me laisse pas dominer quand les enfants pleurent pour des caprices. Mais ĂŞtre confrontĂ©e de manière aussi crue Ă  la dĂ©tresse de l’enfant que sa mère est forcĂ©e d’abandonner continuera de me hanter longtemps. D’ailleurs, le spectateur est tout aussi choquĂ© par la rĂ©action et le constat d’Ă©chec des membres de la BPM, notamment de Fred (Joey Starr) qui essaie de calmer l’enfant.

L’implication des membres de la BPM est telle qu’il est mĂŞme montrĂ© leur rĂ©action quand une affaire aboutit. Y sont Ă©galement filmĂ©s les rires, les moments de fĂŞte, les engueulades… Tout cela avec l’oeil de MĂ©lissa (MaĂŻwenn), photographe “en couple libre” avec un galeriste italien, avec lequel elle a eu des jumelles. Jouant Ă  la bourgeoise distanciĂ©e avec son objectif au dĂ©but, elle tombe sous le charme de Fred, qui la malmène au dĂ©but. Ă€ mesure que leur histoire prend de l’importance, elle s’implique de plus en plus dans les affaires, au point d’ĂŞtre mutĂ©e dans un service oĂą l’affect prend moins de place.

Ce qui est Ă©galement fabuleux dans ce film, c’est que tous les cas de figure de la maltraitance d’enfant et de la pĂ©dophilie sont dĂ©veloppĂ©s. Il est Ă©galement question de toute la naĂŻvetĂ© de certains adolescents par rapports Ă  certains jeux sexuels malsains. La diversitĂ© des cas abordĂ©s fait en rĂ©alitĂ© toute la richesse du film. Certains cas sont vĂ©ritablement dramatiques, parce qu’odieusement criminels. Mais certains cas sont au contraire comiques – la jeune demoiselle qui se fait charrier par ses camarades, se sentant obligĂ©e de faire des fellations pour rĂ©cupĂ©rer son portable.

Quoi qu’il en soit, Polisse est un film d’une violence psychologique parfois insurmontable, mais nĂ©cessaire. Quant aux acteurs – mĂŞme Joey Starr –, leur niveau est homogène : extrĂŞmement bon. Ce film, Ă  l’image de beaucoup de films en 2011, m’a donnĂ© envie de surmonter mon hyper-Ă©motivitĂ© au cinĂ©ma. 

 

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Derniers commentaires

 

C’est “drĂ´le” parce que tu m’as vraiment donnĂ© envie de voir le film alors que habituellement, je ne suis pas friande de ce type de scĂ©nario. La preuve, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© aller voir The Artist hier soir…


Bref, le propos n’Ă©tait pas de raconter ma vie, mais plus de dire que je trouve le scĂ©nario vraiment intĂ©ressant. Pour avoir Ă©tĂ© une bonne partie de la journĂ©e dans un commissariat (et pas des moindre puisque c’Ă©tait celui du Forum des Halles…) pour des raisons bien moins graves il y a peu de temps, j’avoue en avoir oubliĂ© mes petits malheurs en voyant le théâtre qui se jouait devant moi. Il règne dans les commissariats une atmosphère absolument incroyable.


Des policiers jeunes qui rigolent de choses improbables Ă  ceux plus vieux qui paraissent usĂ©s et fatiguĂ©s… Et que dire de la multitude de gens qui se pressent au comptoir et qui dĂ©ballent leur histoire sans pouvoir la cacher aux autres, qui patientent en attendant leur tour.


C’est un drĂ´le de mĂ©tier, et pour tout ce qu’ils font (malgrĂ© ce que l’inconscient collectif français veut faire croire) et notamment enquĂŞter sur des histoires sordides de pĂ©dophilie (entre autres !!), je crois qu’on devrait leur dĂ©cerner une mĂ©daille…


 

Hello Storia!

Autant te dire tout de suite que je n’irai pas voir le film… Je ne me rappelle mĂŞme pas le dernier film que j’ai vu… Il faut dire que payer une babysitter pour aller au cinĂ©ma ça fait un peu cher ;-)!

En plus pour ĂŞtre honnĂŞte avec toi, depuis que je suis mère, j’ai du mal Ă  soutenir ce qui attrait aux enfants.

Mais rien que de lire ton article j’ai les larmes aux yeux!

Heureusement que la technologie est venue à mon secours, je vais me le louer en VOD, comme ça je pourrai pleurer tranquillement chez moi!

Merci de jouer les critique ciné!

@+


 

@Loou : C’est sur qu’on a une image de la police un peu comme les connards de service. Mais toujours est-il que les gendarmes sont un peu plus cool…

@Nouvelle 30naire : Je te conseille aussi de lire la critique de mon ex http://camera-critique.blogspot.com/2011/10/polisse-sensibiliser-et-divertir.html

Lui, contrairement à moi, ne va pas dans le pathos, mais a un oeil aiguisé.


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