Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

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Nolou

La dépression, c’est une maladie, pas un état d’âme.

“La dépression frappe au hasard. C’est une maladie, pas un état d’âme.” Tahar Ben Jelloun, L’auberge des pauvres.

depression.jpgJ’ai toujours été de bonne compagnie, drôle, prête à remonter le moral des troupes… Depuis ma plus tendre enfance, je suis celle qui console, pas celle qu’on console.

Alors, quand j’ai commencé à ressentir une très profonde tristesse, suite à la perte d’un être cher, et une baisse d’intérêt envers tout ce qui d’ordinaire me passionnait, je n’ai pas vu (ou pas voulu voir) ce qui m’arrivait. Une baisse de forme, un coup de fatigue, sans doute.

Quand les crises d’angoisse se sont rajoutées à ce triste tableau, j’ai commencé à admettre que quelque chose en moi ne tournait pas rond et je me suis décidée à aller voir mon médecin de famille. “Une petite déprime passagère” m’a t-il dit. J’étais rassurée. Un traitement léger et un arrêt de travail, et l’affaire serait classée.

Sauf que je ne suis pas retournée au travail. Ce travail qui était plus une passion qu’une obligation pour moi, ce travail qui était un vrai plaisir s’est révélé être un calvaire, une épreuve insurmontable.

Les crises de larmes incompréhensibles ont fait leur apparition. Mais que m’arrivait-il ? Une dépression ? Jamais de la vie ! J’ai toujours été forte face aux épreuves !

Et puis, l’engrenage n’a fait qu’empirer : irritabilité, agressivité, profonde démotivation… Je n’avais plus le goût à rien, pas même à manger.

Quand j’en parlais à mon entourage, les plus compréhensifs me disaient “On ne te reconnaît plus. On ne te voit plus. Qu’est-ce qui se passe?”. Les plus positifs me disaient “Mets-toi un bon coup de pied au derrière, et ça va passer!”. Et les moins attentionnés m’ont tourné dos, face à mon inactivité et à mon incapacité à communiquer ou à sortir.

Et quand je me suis retrouvée sur un balcon au 5ème étage, à regarder en bas en me disant “Je ne fais rien de bien. Je suis un poids pour les autres. La solution, c’est de sauter.”, j’ai eu un dernier sursaut de lucidité. J’ai donc été voir un autre médecin. Je lui ai exposé mes symptômes :

“J’ai toujours eu un très bon appétit, même une tendance au surpoids, et aujourd’hui, je n’ai plus faim. J’ai toujours été une lève-tôt, et aujourd’hui, j’émerge à 15 heures. C’est moi le clown de service qui fait toujours rire tout le monde, et aujourd’hui, je ne fais que pleurer. J’ai toujours adoré mon travail, et à présent, je ne veux plus y aller. J’ai toujours été très proche de mes amis, mais aujourd’hui, je ne prends plus de leurs nouvelles. J’ai toujours été motivée, et aujourd’hui, j’éprouve une grande lassitude…”

Le diagnostic du médecin était sans équivoque : c’était bel et bien une dépression. Et quand je lui ai dit que je trouvais ça étrange, parce que “ce n’était pourtant pas mon genre”, il a répondu : “Ce n’est pas parce que vous ne tombez jamais malade que ça vous empêche d’attraper la grippe. Là, c’est pareil.”

Aujourd’hui, je suis guérie. Il aura fallu deux ans, un traitement médical adapté et une psychothérapie. Je suis enfin redevenue celle que j’étais avant : drôle, souriante, ronde, avenante. J’ai retrouvé tous mes amis et mon emploi. J’ai même eu la force de mener un mouvement social qui a permis de sauver le cinéma dans lequel je travaille.

La dépression n’est rien d’autre qu’une maladie. Et comme toute maladie, elle se soigne. Aller voir un médecin ne fait pas de vous quelqu’un de faible. Aller voir un psychothérapeute ne fait pas de vous quelqu’un de fou. Accepter de se faire aider, c’est être fort et courageux. C’est le premier pas vers la guérison.

(cc) Î’ethan

 

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Je comprends très bien cet état d’esprit. Je fais de la dépression saisonnière chaque mois d’octobre – pour cause de trucs cycliques qui m’arrivent : chômage, échec à la fac, deuil… Pourtant, je refuse de me soigner. Car j’ai vu ma mère, puis mon père entrer en dépression. Je les ai vus en ressortir assez mal. Ma mère, ça va, elle a juste eu une surdose médicamenteuse. Mais mon père a été suivi par un mauvais psychiatre – il a même été interné. Et quand je vois son état aujourd’hui, c’est ce qui me consolide dans le choix de ne pas me faire soigner.

Evidemment, ce n’est pas au point pour moi de penser au suicide (quoique), mais ma patronne et mes amies les plus proches doivent me gérer avec mes crises de larmes, mes angoisses… Je trouve que je m’en suis plutôt bien sortie cette année. Certes, je me suis étranglée, certes, je me suis fatiguée nerveusement, mais je me sens très sereine au sortir du trou.


 

Soigner la dépression n’est pas une chose simple, c’est évident.


Il faut d’abord trouver le bon médecin. J’ai dû dire adieu à mon médecin de famille (mon seul et unique médecin de ma naissance à mes 22 ans) car il ne m’a pas prise au sérieux. J’ai changé de médecin traitant et j’ai trouvé non seulement quelqu’un qui sait soigner, mais aussi quelqu’un qui sait écouter.


Ensuite, il faut trouver le bon traitement. Là encore, mon médecin, grâce à des visites régulières, n’a pas hésité à changer de médicaments et à augmenter/baisser les doses quand il le fallait, de façon à ce que je puisse non seulement guérir, mais aussi gérer l’accoutumance de manière à ce qu’elle disparaisse totalement à la fin de mon traitement et que je ne reste pas dépendante.


Enfin, et c’est certainement là le plus compliqué, il faut trouver le bon thérapeute. J’ai tout d’abord rencontré un psychiatre. Je l’ai trouvé tellement illuminé que je ne l’ai jamais revu! J’ai alors trouvé une psychologue, spécialisée en relaxation. Sa façon de procéder visait à me rendre complètement actrice de ma guérison, par le biais, notamment, d’exercices (écrits, mises en situation…). Evidemment, cela a un coût. De 50 à 60€ par séance en moyenne.


Chère Storia Giovanna, je voudrais vous dire qu’on peut guérir d’une dépression sans forcément avoir à être “shooté” aux médicaments ou à être interné en hôpital psychiatrique.

Même si vous ne vivez “que” des épisodes dépressifs, ne seriez-vous pas mieux sans?


Enfin, sans traiter réellement votre dépression, sachez que vos crises de larmes et d’angoisse, elles, peuvent être facilement soignées. Cela vous ferait déjà une sacrée dose de fatigue et de soucis en moins!


En effet, la dépression est traitée par des antidépresseurs, qui très souvent créent une accoutumance, mais les crises d’angoisse/d’anxiété/de larmes peuvent très bien être traitée avec des anxiolytiques qui, pris de façon TRANSITOIRE, ne créent pas de dépendance (j’insiste sur le caractère transitoire des prises, car à long terme, les anxiolytiques créent un effet d’accoutumance).


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