Cette série ambitieuse tient ses promesses. Elle s’intéresse aux racines du conflit israélo-palestinien. Le spectateur comprend par la mise en perspective des évènements passés et présents les racines de ce mal. Les oppositions d’hier résonnent encore aujourd’hui. Ce problème semble inextricable. Ces querelles intestines divisent toujours autant les sociétés palestinienne et israélienne contemporaines.
Peter Kosminsky s’attaque Ă un sujet Ă©pineux d’autant qu’aucune dĂ©cision politique n’a jamais Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e… Ce travail minutieux rĂ©vèle la complexitĂ© de ces hostilitĂ©s. Il s’appuie sur une dizaine de tĂ©moignages d’anciens soldats britanniques. Cette base lui a permis de construire une trame narrative respectueuse du dĂ©roulement des faits. Il revient aux sources de ce conflit.
Son récit est ancré dans le passé pour retracer le plus justement possible ces soixante-trois années d’affrontements. Leur représentation dans les médias internationaux a un impact sur la conception que l’on a de ce conflit.
Il concerne tout le monde. Sans y participer directement, chacun est touché. Les médias du monde entier transmettent des images violentes. Celles-ci manquent parfois d’analyse. Elles sont lourdes de sens.
Difficiles à décrypter, des raccourcis sont parfois réalisés pour simplifier. Cette série évite tous ces travers. Le réalisateur s’est abstenu de tout parti pris. Tous ces personnages ont vécu, subissent ou observent ce conflit. Cette fiction se compose comme une fresque historique. Le présent répond au passé. L’histoire n’est pas un éternel recommencement. Mais toutes les décisions prises aux origines se ressentent encore de nos jours.
Erin, héroine malgré elle
En IsraĂ«l, Elisa fait ses classes dans l’armĂ©e israĂ©lienne. Elle marche dans les pas de son frère, de son père et de son grand-père. Tous ont une opinion sur ce conflit. A travers leurs discussions houleuses voire conflictuelles se reflètent des points de vue divergents. C’est une question de gĂ©nĂ©ration. Cette ambiance donne plus le pouvoir aux mots qu’aux images… Cette Ĺ“uvre n’apporte pas une vision manichĂ©enne de rĂ©alitĂ© bien au contraire.
Quand Erin arrive dans ce pays déchiré, elle a une idée préconçue de la réalité. A la fois naïve et inconsciente, elle prend par moment des risques inconsidérés. Elle se laisse aveugler par les images qu’elle a pu voir dans les journaux télévisés. Elle se rend vite compte que la violence frappe partout à n’importe quel moment. Ce traumatisme devient sa force. Mais peu à peu, elle s’immerge et s’implique réellement. Elle finit par dépasser ses préjugés et se construit ainsi une opinion.
Len, ce héros
Len, grand-père d’Eric est aussi un héros au grand cœur. Sergent, pendant la seconde guerre, il a libéré le camp de concentration de Bergen-Belsen. Il a ensuite dirigé un escadron de soldats au moment du retour à la Terre Promise de nombreux Juifs rescapés de la Shoah. Ils n’étaient pas bien accueillis par les habitants. L’armée britannique veillait à ce qu’il n’y ait pas de heurts entre les communautés. Près de soixante-trois ans après, Erin découvre le passé de cet aîné qu’elle ne connaît presque pas. C’est à travers la lecture de son journal intime, qu’elle va apprendre à l’aimer à l’admirer. Elle se rapproche petit à petit de ses origines.
De l’histoire du conflit israélo palestinien
L’Etat d’Israël n’a été créé qu’en 1948 après de longues revendications souvent qualifiée de sionistes. Mais « ces exilés et rescapés » sont venus s’installer en Palestine (ancien protectorat britannique). Cette réalité complexe nous montre les origines des clivages entre Juifs et Arabes. La cohabitation forcée s’est faite dans le sang et la douleur. Très vite, les Juifs considérèrent les Britanniques comme des traîtres.
La création de l’Etat d’Israël s’est faite trop lentement à leur goût. Quant aux Palestiniens, ils leur reprochaient de ne pas assez les protéger contre les nouveaux arrivants. Chaque jour, ils faisaient face au mécontentement voire aux agressions de l’Irgoun. Cette armée clandestine nationaliste rendait la vie impossible aux soldats anglais. Beaucoup sont morts lors d’attaques terroristes. La violence est une arme utilisée pour déstabiliser l’ennemi.
L’attentat de l’Hôtel King David le 22 juillet 1946 en est la sombre représentation. 91 soldats anglais ont péri dans l’explosion orchestrée par l’Irgoun. Cet évènement fait écho dans l’un des épisodes de la série à l’attentat dont sont victimes Erin et Paul (frère d’Elisa). Les tensions perdurent. La violence s’exacerbe. Aujourd’hui, elle est perpétrée par l’armée israélienne à l’encontre des Palestiniens. Parfois elle est aussi utilisée par les terroristes pour semer le trouble. Elle sert de propagande aux deux camps pour justifier leurs agissements.
Cette fiction composée de quatre épisodes de 90 minutes amène un regard nouveau sur ce conflit. Elle a été tournée en Israël. Au-delà des clivages politiques, intellectuels et religieux, cette série nous permet de réfléchir à ce problème. Elle nous relate des faits sans pour autant nous pousser à adhérer à telle ou telle thèse. Elle révèle aussi que l’on peut aborder ce conflit sans montrer des images violences récurrentes. Il y en a juste assez.
Peter Kominsky a réalisé un coup de force. Il a réussi à capter l’attention du spectateur sur un sujet dur et délicat. Jamais larmoyant, ni compatissant, il a su trouver le ton juste. Elle mérite réellement d’être vue. Elle pourrait même servir de support pédagogique pour introduire l’étude du conflit israélo-palestinien.
posté le 20/10/2011 | 619 vues | aucun commentaire | tags: The promise série conflit israélo-palestinien
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