Accompagnés de François de Brigode, journaliste renommé sur la première chaîne de la Radio Télévision Belge Francophone, nous avons eu le plaisir de découvrir les coulisses du journal de 13h.
L’effervescence d’une salle de rédaction
Tout d’abord, il nous a conduits en salle de rédaction. Le journal de 13 h se fabrique dans une effervescence perpétuelle. Rien n’est laissé au hasard. Tout doit être parfait. Dès 8h45 tous les journalistes se réunissent pour concocter l’édition du 13h. Chacun tente d’apporter sa pierre à l’édifice. Un débat long et fastidieux se met en place. C’est le début d’un travail de longue haleine. Quel sujet traiter ? Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?
Bien que chacun ait une idée de sujet à traiter, il faut que celui-ci soit cohérent avec l’actualité du jour. Rien de mieux que de regarder ce que produit la concurrence. Chaque journaliste se nourrit par la lecture des titres dans la presse et l’écoute de la radio. Il existe toujours un décalage entre l’idée et sa réalisation. Certains sujets intéressants demanderaient une attention particulière mais le temps est compté. L’édition du 13h se construit toujours sur le fil du rasoir.
Réussira, Réussira pas : la dictature du temps
L’adrénaline fait partie intégrante du métier de journaliste. Chacun dispose de peu de temps pour réaliser un travail journalistique convenable. Il doit faire face à des imprévus mais aussi à des réticences. Souvent ils sont amenés à enfoncer des portes ouvertes. Ils se montrent aussi pugnaces pour essayer de trouver les bonnes personnes à interviewer.
Quand il s’agit d’un sujet brûlant ( la réforme institutionnelle belge, Dexia ou encore les primaires socialistes…) leur but est de décrocher l’interview d’une des personnes impliquées dans l’affaire. Si c’est le cas, ils détiennent peut-être un scoop. Cette exclusivité a des chances d’être reprise par les autres médias. Mais en politique, il est difficile d’en avoir. Les personnalités politiques courent les plateaux pour essaimer leurs idées.
Les journalistes restent toujours à l’affut du moindre mouvement au cas où il se déroule un évènement impromptu mais pas sans importance. Produire une information de qualité en un temps record n’est pas toujours simple. Tout semble une question d’équilibre. Parfois les pentes sont glissantes. Dans ce cas, ils choisissent des chemins de traverse. Leur activité repose alors sur des tours de passe-passe. Le pragmatisme et le réalisme sont les maîtres mots d’un journal réussi. Sans effervescence il n’y a pas d’actualité.
La réception de l’info : le téléspectateur au centre du processus
Sans public, l’information n’atteint pas son but. Le téléspectateur est donc au centre du processus. L’ouverture du journal demeure cruciale. En quelques secondes, elle attire ou n’attire pas son attention. Elle doit être forte. Le choix du premier sujet est donc déterminant. Rien ne semble figé.
Pour capter le spectateur, il faut savoir mélanger avec brio les « hot news » et les « soft news ».  Ainsi la ligne directrice d’un journal comprend d’abord toutes les informations politiques, économiques et sociales. Ces éclairages apportent les explications nécessaires au public désireux de s’informer sur le monde qui l’entoure.
Bien souvent, ces reportages sont agrémentés d’interventions d’experts. L’important pour l’équipe de journalistes est de produire un contenu informatif simple, pédagogique et complet afin de satisfaire la curiosité du téléspectateur.
La valeur ajoutée de l’information dépend de l’angle choisi mais surtout de sa qualité. Un spectateur intéressant deviendra peut-être un téléspectateur fidèle par la suite. Ensuite les informations plus légères sont développées afin de rafraîchir l’atmosphère. Pour que ce mécanisme fonctionne, il faut que le Journal Télévisé soit bien huilé. Allons découvrir l’atmosphère de la régie.
La régie du Journal Télévisé : l’envers du décor
Une atmosphère studieuse y règne. Chacun est occupé à sa tâche. Ils sont tous en relation constante avec la présentatrice. Chacun espère que la cérémonie quotidienne du journal télévisé se déroulera bien. Avant le commencement de l’édition on sent le stress monter.
Chacun règle les problèmes techniques et s’appuie sur le conducteur pour voir s’il n’y a pas de changements à entreprendre. Certains sujets complexes ne sont pas traités faute de matériel informatif à transmettre. D’autres sont donc mis en avant. Parfois un ou plusieurs reportages viennent tout juste d’être finalisés. La course contre la montre continue. Quelques couacs arrivent et perturbent le bon fonctionnement de l’édition. C’est aussi là la magie de l’information directe. Le jeu en vaut la chandelle.
Cette immersion dans les coulisses d’un journal télévisé a été enrichissante. Elle nous a permis de toucher du doigt l’une des multiples réalités journalistiques : l’information télévisuelle. Nous avons pu assister à la mise en route d’une édition ce qui est palpitant. Cette visite nous rappelle que l’exercice du journalisme demeure périlleux à chaque instant. C’est tout l’intérêt du métier de journaliste : informer sans désinformer.
(cc) Truthout.org
posté le 13/10/2011 | 526 vues | aucun commentaire | tags: coulisses d'un journal télévisé rtbf journalisme étude jess école taf
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