Parfois, il m’arrive de partager des trucs que j’aime avec les autres. Oui, je sais, ça paraĂ®t normal dit comme ça, mais chez moi, ce n’est pas exactement naturel. Alors quand j’ai eu ma rĂ©vĂ©lation Mad Men il y a 4 ans, je me suis sentie obligĂ©e de me forcer pour le bien de l’humanitĂ©. J’ai donc saoulĂ© mes collègues un petit moment sur le sujet avec une surenchère de qualificatifs au superlatif “c’est de la bombe de balle”. Leurs rĂ©actions n’ont pas vraiment Ă©tĂ© Ă la hauteur de mon enthousiasme. “Encore un de tes trucs chiants, et puis, t’as rien d’autre Ă faire de ta vie que de mater des sĂ©ries franchement”.
Je suis dĂ©jĂ no-life borderline, mais avec Mad Men, c’Ă©tait le pompon. Moi qui dĂ©teste ça, j’avais mĂŞme poussĂ© le vice aux fonds d’Ă©cran et avatars. J’Ă©tais presque Ă deux doigts de mettre des citations de Sterling en statut Facebook. La mĂ©ga loose.
Les annĂ©es et les saisons ont passĂ© et j’ai silencieusement continuĂ© Ă suivre les coups de pute de Don Ă Betty et l’Ă©volution professionnelle de Peggy.
Depuis mes collègues ont repris leurs esprits et ont changĂ© leur fusil d’Ă©paule. Le succès critique de la sĂ©rie est devenu tel, que mĂŞme Closer et TĂ©lĂ© Poche relaient le phĂ©nomène. On n’est pas loin d’une diffusion prime time sur TF1.
Aujourd’hui, il fait bon d’aimer Mad Men : “C’est tellement nĂ©o-rĂ©tro tu comprends ? - Ouais, ouais.” Triple pfff ! Tu parles, la plupart n’ont vu qu’un ou deux Ă©pisodes. On sait que MĂ©gavidĂ©o coupe le streaming au bout de 72 minutes.
Oui, je suis aigrie. Je m’approprie les choses que j’aime. Et je dĂ©teste qu’elles deviennent populaires. C’est un mauvais tic, typiquement français. Dès qu’une sĂ©rie, un groupe ou un auteur marche, on finit par trouver ça merdique. En fait c’est faux. La vĂ©ritĂ©, c’est qu’on perd juste son doudou (sĂ©rie doudou, chanson doudou, roman doudou…) parce que d’un coup, il appartient Ă tout le monde.
N’empĂŞche, quand aujourd’hui, au travail, on m’a demandĂ© de bosser une crĂ©a en faisant un truc “Ă la Mad Men”, j’ai eu envie de tout casser. J’ai pris le brief, en Ă©coutant un commercial me dĂ©crire l’univers de la sĂ©rie un peu genre ambiance 60’s, coiffures crantĂ©es et robes cintrĂ©es, so glam quoi ! J’ai simplement eu envie de lui foutre un coup de patin Ă glace dans la gueule après un triple axel ratĂ©.
Dans 5 ans, j’ai hâte de prendre le brief Boardwalk Empire.
posté le 02/09/2011 | 917 vues | aucun commentaire | tags: brief collègues mad men boulot série | une personne a aimé
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