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Revue musicale et cinématographique de l’été

  • À l’origine, je ne suis en aucun cas cinéphile. Comme je suis claustrophobe et un peu empathique sur les bords, j’ai l’impression que l’écran m’écrase et qu’un flot émotionnel me submerge. Résultat : je pleure et j’ai honte devant tous mes amis. Il n’y a que le cinéma en plein air à la Villette où j’arrive à gérer quoi que ce soit niveau émotions (et encore, je trouve qu’il y a trop de monde). Et puis quand je vois certaines choses que ma mère aime dans le cinéma – en gros, le cinéma français qui rigole grassement –, cela ne m’a pas donné l’envie de creuser plus loin.
  • Et puis, un jour, j’ai fait une rencontre… Et je crois même qu’en quelques mois, je suis plus allée au cinéma qu’en 3 ans de vie parisienne (où je préfère aller voir des pièces de théâtre ou des concerts…). Bref, le jeune homme qui tient ce blog m’a tellement bien convertie au cinéma qu’il m’arrive maintenant d’y aller sans lui, hou la vilaine. Même si, évidemment, quand j’y vais, ce n’est pas forcément pour aller voir des films très élaborés, très bavards ou quoi que ce soit. Je suis quand même allée voir Melancholia avec l’Homme, et si lui en parle avec brio, il a quand même dû me traîner hors du cinéma sans que je puisse échanger un mot. Vous voyez donc à quel point, en termes de cinéma, il n’est pas forcément nécessaire de me brusquer.
  • Malgré tout, il y a deux films cet été qui ont pris le parti de la collégialité. En gros, deux films ont parlé de musique et de création musicale, d’où l’intérêt qu’ils ont suscité de ma part. Petite revue :
  • Revue musicale et cinématographique de l’étéChico et Rita (de Fernando Trueba et Javier Mariscal, sortie le 6 juillet 2011)
    Synopsis Allociné :
    Cuba, 1948. Chico, jeune pianiste talentueux, écoute les derniers airs de jazz venus d’Amérique, en rêvant de s’y faire un nom. De son côté, la belle et sauvage Rita essaie de gagner sa vie en chantant dans les clubs et les bals populaires, où sa voix captive toute l’assistance. Des bordels de la Havane à New York, en passant par Hollywood, Paris et Las Vegas, la musique et ses rythmes latinos vont les entraîner dans une histoire d’amour passionnée, à la poursuite de leurs rêves et de leur destinée.
     En gros, c’est l’histoire de son interprète vocal, Bébo Valdes, mais aussi de beaucoup de musiciens cubains de cette époque, selon son auteur, Fernando Trueba.
  • Mon humble avis : J’ai eu beaucoup de mal, comme l’Homme, à rentrer dans le graphisme de Javier Mariscal dans un premier temps. Un peu brouillon, un peu naïf… Mais malgré une histoire limite un peu banale, voire entendue, je garde de ce film une impression plutôt positive. En effet, étant fan de musique cubaine et surtout de jazz, j’ai trouvé que la bande originale du film était tout simplement somptueuse (sauf au début du film, où j’ai eu l’impression que Rita “massacrait” Besame mucho). Mais le film donne aussi un bon aperçu de ce que pouvait être une carrière de musicienlatino, cubain de surcroît, juste après la Seconde guerre mondiale, avec le parallèle judicieux de la prise de pouvoir par Fidel Castro. Au final, donc, un petit film assez sympathique, mais seulement si vous êtes assez aficionado de ces genres de musique.
  • Revue musicale et cinématographique de l’étéMichel Petrucciani – Body & soul (de Michael Radford, sortie le 17 août 2011)
    Synopsis Allociné : Passionné, génial, entier, amoureux de la vie et des femmes, Michel Petrucciani était tout cela à la fois. Mais il a surtout prouvé que l’homme pouvait surmonter la fatalité. Atteint de la maladie des os de verre, qui limita sa croissance, Petrucciani a toujours refusé de se complaire dans la souffrance, porté par un insatiable appétit de vivre et par le jazz qui l’habitait. Grâce à des témoignages drôles et émouvants et à des images d’archives souvent inédites, Michael Radford évoque le parcours d’un artiste hors du commun qui voulait seulement «marcher sur la plage avec une femme à ses côtés»…
  • Mon humble avis : Preuve que je gère très bien mon syndrome de Stockholm, je suis allée voir ce film sans l’Homme. Il faut aussi savoir que j’ai longtemps considéré mon amour pour le jazz comme une maladie honteuse, comme le fait d’apprécier la K-Pop pour certaines personnes. Par conséquent, j’avais 16 ans quand Michel Petrucciani est mort, mon esprit ne s’était pas encore formé au free jazz. Il fait donc partie de ces artistes, à l’instar de Claude Nougaro, dont je regrette de ne pas avoir connu et apprécié l’œuvre de leur vivant.
  • Parlons du film, maintenant. La recrudescence de témoignages élogieux sur le compte du défunt pianiste atteint de la maladie des os de verre a tôt fait de faire de ce documentaire une hagiographie de saint Michel (Petrucciani) : il était surdoué, il était gentil, il était bout-en-train, il niquait comme un dieu (je vous assure), il ne se plaignait jamais de sa maladie, tout le monde a pleuré sa mort, il a révolutionné le free jazz, etc. Heureusement, on découvre aussi des archives d’interviews de l’artiste où on découvre sa vision de la création et de la vie en général. Au fur et à mesure du récit, on découvre aussi des témoignages moins complaisants sur son mode de vie, son caractère, la manière dont il traitait ses femmes, ses mauvaises fréquentations… Le témoignage de son fils, lui aussi musicien et atteint de la maladie des os de verre, est particulièrement éclairant sur le drame que pouvait vivre de manière très intime Michel Petrucciani sans jamais le faire percevoir à son entourage. Ce documentaire est donc un témoignage de vie très intimiste et très documenté sur un musicien qui reste exceptionnel, douze après son décès.
  • Deux films, deux manières de raconter la création musicale au cinéma. Personnellement, ma préférence va davantage au style documentaire de Michel Petrucciani – Body & soul, car je n’ai peut-être pas trop apprécié dans Chico & Rita que le discours sur la musique ait été parasité par l’histoire romancée. Mais au final, j’ai quand même apprécié d’avoir vu ces deux films.

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