bouquin

Silex and the City

40 000 avant J-C, dans une vallée non loin de chez nous. La famille DotCom vit là dans une charmante grotte (la boîte aux lettres est une tête de mort). Le père et la mère, Blog et Spam, tous deux professeurs pour l’Education Nationale, vivent avec leurs deux enfants, URL, jeune écologiste jusqu’au-boutiste, et Web, fashion victim assumée.

Silex and the CityL’auteur, Jul, dessinateur pour la presse, est connu entre autres pour sa bande dessinée Il faut tuer José Bové, paru en 2005 et pour ses collaborations à divers magazines et journaux. Il faut tuer José Bové raillait les altermondialistes. Silex and the City, dont le Tome 1 est déjà paru il y a quelques années, réitère, mais cette fois, c’est une parodie de l’ensemble de notre société occidentale.

Tout y passe. Politique, société, religion, famille. Silex and the City aborde tous les sujets sensibles qui ont récemment fait la Une des journaux. Les zones d’éducation prioritaire, rebaptisées « zone d’évolution prioritaire » et le choc des cultures, le débat du port du voile rebaptisé « port du poil » mais encore le temps de travail, la retraite et la vieillesse sont abordés sans tabou parmi d’autres questions épineuses actuelles. On rit jaune.

Les personnages ne sont que des caricatures -quoi que- de nous-mêmes. Ici et là, on reconnaît au détour d’une case un personnage du paysage culturel français. Personnalités politiques, extrémistes des deux bords, écologistes engagés ou capitalistes engagés mais aussi fashion-victim parisienne ou fameux bourgeois-bohème… Chacun en prend pour son grade, même les amateurs d’art contemporain se font habiller pour l’hiver.

Les jeux de mots sont omniprésents, les clins d’œil abondent, mais le message de l’auteur est clair. Jul souligne avec son crayon les grands défauts de l’espèce humaine et les travers de ses contemporains. En plaçant son action durant la Préhistoire, il donne un peu de recul à son propos et ne le rend que d’autant plus drôle. Jul semble nous dire que nous devrions cesser de nous targuer d’une quelconque évolution des mentalités et gagner un peu d’humilité.

Il y a des comportements inhérents à l’espèce humaine et tout n’est qu’un éternel recommencement. Ces personnages en peaux de bêtes nous rappellent un peu qui nous sommes, et d’où nous venons. Chacun se reconnaît dans un des personnages ou simplement dans une attitude, et pas forcément la plus valorisante.

Silex and the City reste une histoire et nous sommes libres de n’y voir que ce que nous voulons. Cette bande dessinée nous offre au moins une partie de franche rigolade. Une satire très politiquement incorrecte.

Silex and The City, Tome 1&2, Jul

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