Non, je n’ai pas pompĂ© mon titre dans Psychologie Magazine. Et non, ce n’est pas non plus le sujet de philo du bac. S’il peut paraĂ®tre un peu ridicule et teintĂ© de questions existentielles que se posent la quasi-totalitĂ© des femmes cĂ©libataires qui vivent Ă Paris et approchent dangereusement de la trentaine (oui, 30 ans, c’est un cap difficile Ă franchir. Pour moi du moins. Plus que 34 jours avant de passer du cĂ´tĂ© obscur de la force : je savoure chaque seconde qui me reste Ă passer dans le monde merveilleux de la vingtaine *soupir*), il n’en reste pas moins un sujet dont j’entends beaucoup parler en ce moment autour de moi.
Bon, entrons dans le vif du sujet. Attendez, laissez-moi attraper le volume 2 de mon EncyclopĂ©die Larousse en 10 volumes, cadeau de ma regrettĂ©e grand-mère pour mes 18 ans, et que je garde prĂ©cieusement dans ma bibliothèque, d’une part parce que c’est quand mĂŞme trop la classe d’avoir encore ce genre de livres, et d’autre part parce que ces gros bouquins appartenaient Ă mon grand-père (sans doute la seule personne au monde Ă annoter son encyclopĂ©die pour la rendre encore plus complète. On pourra dire ce qu’on veut, mais ça, c’est vraiment le comble du chic). Alors alors… ah, voilĂ :
Bonheur, n. m. (de bon et heur) : 1. Bonne chance, circonstance favorable. 2. Etat de complète satisfaction. 3. Joie, plaisirs liés à une circonstance.
Je vous raccourcis le texte, parce que je n’ai pas envie de rentrer dans le dĂ©tail de la dĂ©finition du bonheur selon Kant dans “La Critique de la raison pratique” : beaucoup trop intellectuel Ă une heure aussi matinale. Ceci dit, l’encyclopĂ©die c’est quand mĂŞme bien plus la classe Ă Dallas qu’une petite recherche Google. J’dis ça, j’dis rien. Mais tout ça pour en revenir Ă la question de fond : peut-on ĂŞtre heureux quand on est cĂ©libataire ? Parce que la dĂ©finition du bonheur, elle ne parle pas du tout de couple.
En France, on compte environ 18 millions de cĂ©libataires (Ă la louche, parce que forcĂ©ment, tout ça, ça va, ça vient…) dont 4 millions dans la rĂ©gion Ile-de-France. Ça fait quand mĂŞme un sacrĂ© paquet de singles, tout ça. Près d’un tiers de la population française, mĂŞme. Alors ça voudrait dire que 30% des français sont malheureux, juste parce qu’ils n’ont pas trouvĂ© l’âme soeur ???? Come on…
Alors je pourrais bien vous faire la liste des avantages et des inconvĂ©nients du cĂ©libat, mais ça n’est pas du tout mon but : qui suis-je pour dire s’il vaut mieux ĂŞtre en couple que tout seul ? En plus, je sens dĂ©jĂ les petits râleurs me dire que je suis bien mal placĂ©e pour donner mon avis sur la question, puisque j’ai rencontrĂ© un prince charmant. Mais justement !
En discutant un peu avec les uns et les autres, j’ai rĂ©alisĂ© que la plupart ne cherchent pas quelqu’un pour les bonnes raisons. Ils ont envie de compagnie, d’une prĂ©sence, de trouver une oreille compatissante, une Ă©paule pour pleurer, de bras pour s’endormir. Comme si le bonheur se rĂ©sumait Ă cela. Et les amis alors ? Eux aussi apportent du rĂ©confort, de l’Ă©coute, de la compagnie, de l’attention… Mais nous vivons Ă une Ă©poque oĂą la solitude fait peur ; sans doute parce qu’elle n’est pas comprise. Alors on est prĂŞt Ă tout pour rencontrer quelqu’un, n’importe qui, Ă tout prix, pourvu qu’on ne soit pas tout seul. Mieux vaut ĂŞtre (mal) accompagnĂ© que seul, quoi !
Quand je vois certains couples autour de moi, ça ne me fait pas rĂŞver, loin de lĂ . Parce qu’on a parfois l’impression qu’ils restent ensemble faute de mieux, par peur d’ĂŞtre seuls chacun de leur cĂ´tĂ©… Ils dĂ®nent ensemble sans se parler, ne se regardent plus, ne se donnent jamais la main, n’ont pas un geste tendre ou une petite attention… Mais oĂą est l’amour dans tout ça ? Parce qu’il est possible qu’on ne le rencontre pas, qu’il n’y ait pas une personne faite pour nous sur Terre. Et alors ? Est ce que ça veut dire qu’on aura ratĂ© sa vie ? Est-ce qu’au moment du bilan final, on se dira qu’on a tout ratĂ© parce qu’on n’a pas fondĂ© de famille et laissĂ© une descendance ? Est-ce qu’Ă 30 ans il est trop tard ? Je suis fatiguĂ©e qu’on me demande quand est-ce qu’Ă mon tour j’aurai des enfants. Oui, j’aime beaucoup les enfants, c’est vrai : mais est-ce le but ultime, l’apothĂ©ose de la vie d’une femme que d’enfanter ? C’est certainement un moment merveilleux et une source de grande joie, mais si ça ne suffisait pas ? Si le bonheur, ce n’Ă©tait pas d’ĂŞtre bien avec soi-mĂŞme avant de l’ĂŞtre avec les autres ?
Et ne vous mĂ©prenez pas : contrairement Ă ce que vous pensez, on peut se sentir très seul, mĂŞme quand on est en couple. Et Ă l’inverse, ĂŞtre entourĂ© et aimĂ© quand on est cĂ©libataire… Il appartient Ă chacun, seul, de faire son propre bonheur : et si en route, on trouve quelqu’un, tant mieux, mais dans le cas contraire, tant pis. Le bonheur, ça se conjugue d’abord au singulier. Et ensuite seulement, ça peut se partager.
posté le 29/06/2011 | 331 vues | aucun commentaire | tags: solitude peur bonheur célibat A deux
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