Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

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Ckarine

Des annĂ©es durant vous vous faites modeler, manipuler, mettre en forme par des âmes bien pensantes, bien pesantes, qui vous donnent les outils imparables qui vous permettront un jour de vous adapter Ă  chaque situation, chaque bouleversement trouvant son masque, son paraĂ®tre, son costume bien lissant, d’ou rien ne dĂ©borde, ne transparaĂ®t, et lĂ  alors bravo, vous voilĂ  devenu le parfait camĂ©lĂ©on, une magnifique ombre de vous mĂŞme.

on.jpgVous voilĂ  effacĂ©e, Ă©vincĂ©e de vos propres Ă©motions, vous voilĂ  reflet de la biensĂ©ance, l’image sans âme, le meuble parfait. On vous pose lĂ  et pof ! Vous avez toujours la bonne attitude, le bon raisonnement, la bonne phrase qui va bien, le mot pour rire, le mot qui rassure, le sourire charmeur, l’oeil vif. Vous ĂŞtes une personne civilisĂ©e, agrĂ©able, frĂ©quentable, aimable, oserions-nous dire prĂ©sentable ? Oh oui osons, osons tout, on s’est donnĂ© tellement de mal pour se fondre dans la masse.

Tant de mal pour n’offenser personne, pour ne pas ĂŞtre transparent, pour avoir sa place, pour se faire aimer. Tant de mal pour exister dans une sociĂ©tĂ© ou tout est formatĂ©, immaculĂ©, oĂą rien ne dĂ©passe. Tant de difficultĂ©s Ă  porter des valises trop lourdes, trop encombrantes, et Ă  chaque croisement toujours plus nombreuses. A cacher des angoisses, des blessures, des failles de peur de voir les autres fuir ou vous les planter dans le cĹ“ur.

Parce que les ‘on’ il paraĂ®t qu’ils aiment pas la diffĂ©rence, il paraĂ®t qu’ils aiment pas trop quand on pense avec son cĹ“ur. Les ‘on’ ils ont le monde entre leur main, qu’ils font et dĂ©font au grĂ© de leurs humeurs. Ne vous y trompez pas, les ‘on’ c’est un art de vivre, une philosophie. Oublie toi et tu seras ! Tu ne seras rien mais tu seras dans la multitude. Tu te sentiras seul, mais tu seras au milieu du troupeau. Tu seras… ce que l’on veut que tu sois.

Les ‘on’, ce ne sont pas que des hommes de pouvoir. Ils sont partout. Les premiers ‘on’ vous Ă©lèvent avec des ‘on ne pleure pas quand on est grand’, ‘on se tient bien Ă  table’, ‘on est poli’. Les ‘on’ ont des tonnes de règles, celles qui vous aident Ă  mentir aux autres pour mieux vous mentir Ă  vous mĂŞme.

Et puis les annĂ©es passent, et tel un sol qui s’Ă©rode, votre moi profond, le vrai, l’honnĂŞte, faut pas croire que les ‘on’ sont parvenus Ă  le briser complètement, non non, il remonte doucement Ă  la surface. Vous plongeant dans un dĂ©sarroi total, un bain d’ambivalence. Une tornade de contradiction. Vous vous surprenez alors Ă  rĂŞver de dire ‘merde’, et c’est un ‘merci’ qui sort, comme un enfant bien Ă©levĂ© que vous ĂŞtes. Vous dĂ©sirez plus que tout l’aventure, mais c’est votre routine qui s’impose. Vous voulez blanc et vous choisissez noir. Vous voulez du sucrĂ© mais vous mangez du light. Et voilĂ  comment toute votre vie s’articule.

Faut les calmer les ‘on’, mais ce n’est pas aisĂ©. C’est comme accepter qu’une moitiĂ© de sa vie on a vĂ©cu avec un Ă©tranger en son sein. Qu’on ne sait rien de soi. Qu’on a juste Ă©tĂ© une marionnette, façonnĂ©e Ă  la perfection, si bien qu’on a mĂŞme fini par croire qu’on aimait ĂŞtre entourĂ© alors qu’au fond de soi c’est la solitude le rĂ©confort. Parce que quand on est seul, peut-ĂŞtre est ce qu’on est alors vraiment soi. Sans masque, sans fard, un peu perdu certes, parce qu’il faut l’apprivoiser cet intime Ă©tranger.

Comment vivre sans se connaĂ®tre ? Comment parvenir Ă  bafouer les règles savamment inculquĂ©es ? Se retrouver ? ĂŠtre capable de dire ‘ça j’aime’, ‘ça j’aime pas’, et que ce soit sincère. ĂŠtre en accord parfait avec soi, sans l’ombre d’un doute, pour ĂŞtre en accord parfait avec les autres, sans l’ombre qui coĂ»te.

Dire les choses simplement, sans que ça blesse, sans que ça vexe. Dire et ressentir complètement, du fond de son ventre, sans question, sans doute. Juste des certitudes, des sensations que rien ni personne ne pourront basculer, ternir ou tiédir.

On passe sa vie Ă  ĂŞtre un autre. A s’inventer une personnalitĂ©, en camouflant tout ce qui n’est pas ergonomique. Et puis un jour, on ne sait plus ressentir, rĂ©flĂ©chir, si bien emmitouflĂ© dans nos diffĂ©rentes armures, nos magnifiques parures. Alors on se cherche.

La vie c’est pour moitiĂ© une fuite de soi et pour l’autre un pĂ©riple pour se retrouver.

(cc) Pulpolux !!!

 

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woa… je me retrouve complĂ©tement dans ces mots… une clairvoyance incroyable ! Mais, moi disons que c’est depuis quelques Ă©vĂ©nements qui m’ont sorti de ma routine agrĂ©able que je ne sais plus qui je suis. Je fais des efforts, attention Ă  tout, Ă  ce que je dis, fais, suis. Comment se sortir de ce cercle sans avoir la sensation d’ĂŞtre le vilain petit canard ? Comment briser sa bulle ? J’aimerais bien connaĂ®tre la rĂ©ponse. en tout cas, cet article reflète très bien la sociĂ©tĂ© d’aujourd’hui et ce que je vis depuis plusieurs annĂ©es alorschapeau ! =)


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