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Un amour de Sfar

Monsieur Sfar,

Je vous adresse cette lettre pour vous témoigner de mon admiration. Car non content de savoir dessiner vos rêves, vous savez aussi magnifier vos idées à travers chaque art : la littérature, la musique, le cinéma… Bref, vous êtes un poly-artiste, ou alors un dessinateur qui a une sacré sensibilité aux autres arts.

Un amour de SfarEn vérité, je pourrais assimiler la découverte de votre œuvre à ma découverte des sentiments amoureux. En fac, j’avais entendu parler du Chat du rabbin comme j’avais entendu parler des couples, sans pour autant avoir la curiosité d’y jeter un œil. J’ai eu la chance de tomber amoureuse pour la première fois d’un de vos admirateurs les plus fervents, qui préférait votre série Klezmer. Avec lui, j’ai pu découvrir vos illustrations sur le Petit prince – qui m’ont émue aux larmes –, ainsi que vos premiers pas cinématographiques.

Au matin d’une nouvelle histoire d’amour, j’ai donc décidé de la tester avec une journée de rêve passée à vos côtés – façon de parler.

Elle commença au parc de la Villette, et plus exactement à la Cité de la Musique. Vous êtes le commissaire de l’excellente exposition Brassens ou la liberté. D’ailleurs, au lieu de vous interroger sur son processus de composition – somme toute assez simple –, vous avez préféré voir ce qui était essentiel chez lui : son rapport à la lettre, au texte, à la littérature et à l’imaginaire. Exactement ce que l’on retrouve dans vos scenarii et dans les histoires que vous racontez. Il est d’ailleurs révélé dans cette exposition la première carrière de Georges Brassens, qui se tournait davantage vers l’écriture.

Parmi les femmes de sa vie – ses muses, la construction de l’exposition ne donne quasiment pas de place à Pupchen, qui reste pourtant sa compagne la plus connue. L’exposition met l’accent sur l’influence de Jeanne Planche, celle qui l’accueille alors fugitif durant la Seconde Guerre Mondiale. Trente ans de plus que lui, mariée pour la seconde fois, elle s’entiche de lui et l’encourage à continuer l’écriture.

Le petit bonus trop mignon de cette exposition est la mise en scène de vos enfants qui rencontrent Jeangot Renard et partent à la recherche de Georges Brassens au Café des Sports pour vous aider à monter l’exposition, vous trop occupé à jouer à FarmVille dans votre cave. Joli petit clin d’œil.

Émerveillés, l’homme et moi avançons sous le soleil, quand nous nous disons : “Et si nous allions voir Le chat du rabbin ?” Le dessin animé inspiré de votre série dessinée avait de quoi allécher vos fans, même les moins convaincus. Ce chat qui se met à parler et qui veut devenir plus juif que son rabbin de maître et qui part à l’aventure à travers toute l’Afrique, quand on voit le dessin animé, on n’a qu’une envie : l’adopter pour qu’il puisse nous emporter par ses rêveries et ses histoires.

Votre univers est respecté – personnages aux graphismes enfantins, questionnements par l’absurde sur la pensée et les sentiments humains – et, à l’instar de Gainsbourg [Vie héroïque], le fait de pouvoir faire se mouvoir vos rêves nous permet de voyager au fil de votre plume. J’ai même apprécié la projection en 3D, qui rajoutait pour le coup un véritable relief à l’action, alors que j’ai tendance à me sentir oppressée au cinéma, et davantage lors de diffusions en 3D.

Je dois vous avouer, monsieur Sfar : Je vous aime, de la même manière que j’aime et j’ai aimé les hommes qui m’ont fait aimer votre œuvre. Signé : Giovanna, une amoureuse comme une autre.

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