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The Tree of Life

« The Tree of Life » sera sans aucun doute l’un des films les plus controversés de l’année 2011. Récompensé par la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes, le film a pourtant reçu un accueil très mitigé de la presse.

The Tree of LifeSi on lit le résumé du film avant d’assister à une projection, il ne fait nul doute qu’une fois en salle, ce sera la douche froide. Et pour cause, le résumé n’est pas le propos principal du film, il n’est qu’un élément d’appui qui permet d’illustrer le véritable propos du film.

Voici le résumé type que l’on  peut lire à propos de « The Tree of Life » :

Dans le Texas des années 50, Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante et généreuse. La naissance de ses deux frères l’oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, puis à affronter l’individualisme forcené d’un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu’au jour où un tragique événement vient perturber cet équilibre fragile…Devenu adulte, Jack se remémore son enfance et se laisse envahir par les souvenirs du passé, alors qu’il s’apprête lui-même à devenir père…(Premiere.fr)

Mais voilà, passées les 10 premières minutes de film, Terrence Malick, le réalisateur, nous éloigne subitement de cette famille pour nous amener progressivement dans un autre espace- temps. D’une famille ordinaire américaine, dont on s’attend à voir se dérouler la trame de l’histoire, le réalisateur nous propulse d’un seul coup là où l’histoire de l’Homme a commencé, au cœur de la création.

Devant nos yeux, se succèdent les images des premiers soubresauts de ce que plus tard nous appellerions la vie. Le cosmos, notre système solaire, la naissance de notre planète. Puis les premières années de vie sur Terre, bien avant l’arrivée de notre espèce. Et enfin, la naissance de l’Homme. A ce stade, le spectateur comprend déjà que ce film est en tout point hors du commun. Certaines personnes quittent la salle, d’autres rient nerveusement, d’autres encore sont en osmose parfaite avec les images.

Puis la caméra revient peu à peu auprès de cette famille. On découvre alors des moments de leur quotidien, tellement anodins et pourtant tellement significatifs. Ces instants qui révèlent la véritable nature des personnages. Le film montre au spectateur le chemin de vie qu’il est possible d’adopter, à travers celui des personnages. Sans jugement, Terrence Malick montre comment se débattent les personnages entre convictions et obstacles matériels.

La caméra vient souligner la grâce de chaque instant. Jessica Chastain, qui interprète le rôle de la mère, joue avec une très grande justesse. Hunter McCracken interprète superbement le jeune garçon torturé et tiraillé entre les chemins de vie opposés qu’ont choisit la mère et le père. Je garde une réserve en ce qui concerne l’interprétation de Brad Pitt en père autoritaire et dur, mâchoire toute crispée.

Le film reste très difficile à décrire avec des mots. Les dialogues sont rares, les images parlent d’elles mêmes. La lumière est omniprésente. Le film bouillonne de vie. Spirituel, c’est certain, le film l’est. Les images viennent nous percuter au plus profond de nous-mêmes. Terrence Malick touche là un des sujets les plus délicats qui soit, celui du sens que nous donnons à la vie, se rapprochant par là de la foi et des convictions intimes des êtres humains.

Le problème vient du fait que souvent religion et foi paraissent indissociables. Les deux sont évidemment liées, mais à l’heure actuelle, nombreux sont ceux qui revendiquent leur foi sans prétendre appartenir à une religion. Et c’est ce que semble nous dire Terrence Malick. Il est possible de s’interroger sur l’origine de la vie et sur la valeur que nous lui accordons, sans être rebuté toujours par les connotations religieuses qu’on prête à ces interrogations.

Il est à noter cependant que la fin du film se fait malheureusement trop attendre. Les scènes n’en finissent plus. L’essentiel est dit dans la première partie du film. Quand à la musique, je reste partagée entre le fait qu’elle magnifie les scènes mais parfois tend largement à les rendre grotesques. Par tous ces éléments, le film oscille étrangement entre ridicule et sublime. Chez chaque spectateur, l’un des deux l’emportera.

« The Tree of Life » est un film expérimental. Il agace, dérange ou émerveille. Si Terrence Malick ne fera pas l’unanimité avec son film, il est à parier que nul ne restera indifférent. La foule de sentiments qu’il suscite au cours de la projection en est une première preuve. « The Tree of Life » est un film à portée universelle et d’une beauté déroutante.

The Tree of Life, de Terrence Malick, avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, sortie mai 2011

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