Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

Mot de passe oublié

Alexia Steiner

Tous les ans c’est pareil, dès que le soleil commence Ă  chauffer, dès que les beaux jours rallongent, on se fait une grande opĂ©ration peau douce et on ressort nos mini tops et autres lĂ©gèretĂ©s vestimentaires de saison. Talons, jupettes, chemisiers transparents, robes courtes, vestes cintrĂ©es : c’est le top dĂ©part de la saison des dĂ©colletĂ©s. Et tirer nos jupes des placards ne change pas que notre silhouette – qui gagne nĂ©anmoins en lĂ©gèretĂ© ! L’opĂ©ration jambes nues a aussi pour effet de modifier substantiellement le comportement de nos congĂ©nères mâles – lequel aurait plutĂ´t tendance Ă  s’alourdir !

seductionete.jpgLe facteur auquel on a – par hasard - ouvert la porte en nuisette s’attarde 10 mns de trop sur le pas de la porte – Et on veut bien ĂŞtre sympa, mais on a autre chose Ă  faire, entre la douche et le cafĂ©, que passer 3 plombes Ă  signer un courrier recommandĂ©. Le « bonne journĂ©e ! » du boulanger est nettement plus chaleureux quand on va chercher sa baguette en dĂ©bardeur. On ose la mini ? Et c’est une nuĂ©e de virils collègues d’habitude rĂ©putĂ©s discrets qui dĂ©barque dans le bureau, sous mille et un prĂ©textes plutĂ´t suspicieux : « Tiens salut, tu aurais le Rapport financier de 2007 par hasard ? Â» « - Heu… ben ici, c’est le market’, hein, tu sais… Â»

MĂŞme votre patron insiste pour vous offrir le cafĂ©. Et se montre d’une rare volubilitĂ© : « Vous ĂŞtes Ă  quel Ă©tage dĂ©jĂ  ? Mais oui le market’ bien sĂ»r, bien sĂ»r. Oui, je savais…» (En louchant sur vos bras dĂ©nudĂ©s…)

On en viendrait presque Ă  croire que les hommes sont vraiment d’une autre espèce ! Une espèce d’individus incapables de contrĂ´ler leurs pulsions bestiales, perdant toute retenue Ă  la vue de quelques centimètres carrĂ©s de peau dĂ©voilĂ©s. Le plus urbain des individus va soudain se tordre le coup, au passage d’une paire de gambettes. Le plus rĂ©servĂ© des hommes sera surpris Ă  loucher sur une cambrure chaloupĂ©e. Combien d’accidents, chaque Ă©tĂ©, par nos charmes provoquĂ©s ? J’en Ă©tais Ă  ce point de ma rĂ©flexion, quand j’ai vu ce jeune garçon passer. 23, 24 ans Ă  tout casser, beau, je ne saurais mĂŞme plus dire, mais ce tout petit marcel blanc rĂ©vĂ©lait des Ă©paules d’une si parfaite rotonditĂ©, des biceps si joliment dessinĂ©s, des poignets si athlĂ©tiques, que je me suis aussitĂ´t perdue dans la contemplation de cet Adonis. Et bam !

C’est lĂ  que j’ai loupĂ© le trottoir et que je me suis ramassĂ©e. Oh, rien de grave. Quelques Ă©gratignures, un moment de solitude, une lĂ©gère humiliation - je m’en remettrai. J’ai surtout pris un peu de recul et rĂ©alisĂ© que j’avais beau jeu de me moquer des rĂ©actions de ces messieurs. Comme si je ne prĂ©fĂ©rais pas les corps dĂ©nudĂ©s de l’étĂ© aux triples manteaux d’hiver. Comme s’il n’était pas plus agrĂ©able de regarder les ouvriers travailler en salopette Ă  mĂŞme la peau bronzĂ©e plutĂ´t qu’en K-way. Comme si je n’adorais pas voir revenir avec les beaux jours le traditionnel jogging des pompiers de Paris en short serrĂ©-serrĂ©. Et que dire de ce soudain intĂ©rĂŞt pour Thierry des RH, depuis qu’il a adoptĂ© la chemise courte cintrĂ©e ? N’ai-je pas, ce matin encore, loupĂ© l’entrĂ©e du pĂ©riph’, les yeux rivĂ©s sur le fessier sculptĂ© d’un cycliste matinal ?

N’ai-je pas accueilli avec dĂ©lectation cette nouvelle mode du dĂ©colletĂ© en V ? Celui qui laisse entrevoir la naissance des pectoraux et, parfois, de quelques poils… Ce modèle lĂ , oui mesdames ! Vous l’aurez remarquĂ© aussi. Bref, et si nous, les filles, n’étions finalement que des Hommes comme les autres ? Sensibles Ă  la beautĂ© – et, parfois, Ă  la nuditĂ© ? Alors, plutĂ´t que de se lancer la première pierre du vilain mateur invĂ©tĂ©rĂ©, et de taquiner des hommes dont le seul tort est, finalement, d’avoir bon goĂ»t… Profitons de ce grand soleil et allons donc, joyeusement, dĂ©complexĂ©es, nous installer Ă  une terrasse de cafĂ© pour regarder nos sĂ©duisants congĂ©nères mâles passer !

Alexia Steiner - Mai 2011

(cc)  photographphil

 

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Bonjour Alexia…Ton article m ‘a passionnĂ©….Qu ‘ on le veuille ou non , la Femme reste toujours merveilleuse comme l’ aurore qui se renouvelle Ă  chaque matin…

Elle apporte Ă  notre vie quotidienne avec parfois ses moments de tristesses,de monotonie …le bonheur d’etre Ă  deux.

Puis- je ajouter un point supplémentaire ?

La Femme a une facultĂ© unique : elle sait le plus naturellement du monde paraitre effarouchĂ©e par un passant qui a un regard un peu insistant sur un dĂ©colletĂ© plongeant alors qu’elle a tout fait pour se faire remarquer , pour exciter la curiositĂ© de ce passant rencontrĂ©.

Merci pour ton message ….PHELESS


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