Un livre écrit par des mains inconnues, un livre écrit nos jours, nos nuits, nos peurs et nos envies… De l’encre volubile, subtile, qui nous plonge dans les affres d’une vie surprenante, effrayante, virevoltante et parfois déroutante.
Des pages se tournent, nous détournent et nous conduisent vers de nouvelles contrées, de nouveaux paysages, de tragiques ou magiques émotions, les mots suivent leurs cours, et nous les suivons mots à mots, pas à pas sans en avoir conscience, ou des questions plein la tête.
Des destins, des âmes noyées dans la multitude, des fourmis écrasant chaque jour leur lot de devoirs, de rêves, de frustrations, de partage, de quotidien pas si fade, pas si anodin… Chaque jour qui passe est un enseignement pour demain, et tant que demain sera la, nous sommes riches de ses enseignements.
Se laisser porter par les taches d’encre sur les pages, tant qu’il y a de l’encre, tant qu’il y a des pages, pour remplir notre livre, le livre de l’histoire, qui rend précieuse chaque existence, chaque souffle, chaque être dans sa richesse qui lui est propre.
Pour qu’un jour repus, harassées par le poids des mots, il nous vienne le désir de devenir lecteur, de se laisser aller au repos de l’incompréhension, en acceptant tout simplement qu’une vie ne suffit pas à tout savoir, à tout apprendre, à tout comprendre, mais qu’une vie aussi frustrante soit-elle nous apporte chaque jour de quoi écrire notre histoire de façon magnifique, si tant est que l’on sache l’apprécier.
Moi quand j’ai pris la plume, elle était noire… sèche, elle était toute décalcifiée.
Surprenante cette plume qui un jour savait voler, et qui aujourd’hui est à mes pieds, éteinte, fanée, dévitalisée.
Je l’ai ramassée, je me suis dit que c’était peut être une plume d’ange, qu’elle avait peut être un pouvoir, qu’elle était peut être plus qu’une plume.
Je l’ai posée là sur mon bureau. Elle a pris la poussière, elle a pris la lumière. Elle a vieilli, elle a blanchi, mais jamais elle n’a perdu de son sens… Elle est toujours restée une plume, fière, vaillante, prête à s’envoler.
Alors je l’ai reposée sur le sol ou je l’avais trouvée. Et j’ai finis par l’oublier.
(cc) Jared Browarnik
posté le 15/05/2011 | 451 vues | aucun commentaire | tags: ckarine plume ecriture Ego trip
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