Une petite particularité du Poulpinou, c’est qu’à bientôt 18 mois, il se nourrit toujours de lait « home-made ». L’allaitement long de bébé-poulpe, je n’en fais pas des caisses, non. Mais j’avoue que cette histoire, c’est une histoire singulière et intime, entre lui, moi, et son papa. Si j’en parle ici, c’est parce que j’aime la façon dont ce lien s’est tissé, et je souhaitais la partager.
L’allaitement, a fortiori quand il devient « long », est malheureusement avant tout matière Ă polĂ©mique.  D’un cĂ´tĂ©, les  « pro-allaitement », souvent femmes, souvent allaitantes elles-mĂŞmes, parfois revendicatives, voire vindicatives, devant faire face Ă la critique, aux regards effarĂ©s voire choquĂ©s lorsqu’elles dĂ©passent les 3 mois d’allaitement « standard ».  « Vaches laitières », « femmes soumises au diktat de la mère parfaite », « antifĂ©ministes »,  « rĂ©trogrades », parfois « exhibitionnistes », voilĂ quelques morceaux choisis, entendus ça et lĂ , rapportĂ©s, lus, et j’en passe des bien pires…
De l’autre, les « biberonnantes », qui peuvent l’être par choix, ou pas. Plus ou moins tolérantes (tout comme les pro-allaitement, d’ailleurs), elles n’ont pas allaité parce qu’elles n’ont pas été aidées, parce qu’elles ne l’ont pas souhaité, ce qu’elles assument. Ou pas…
Entre les deux, une guerre sans fin, les mĂŞmes arguments rĂ©pĂ©tĂ©s inlassablement, en face Ă face dans la « vraie vie », dans les mĂ©dias, sur les forums, dans les rĂ©unions LLL, etc… Mon opinion prĂ©cise importe peu. LĂ n’est pas le sujet, mĂŞme si j’en parle rĂ©gulièrement, ce n’est pas le pourquoi de cet article.
Moi, je veux vous dire qu’avant la naissance du Poulpinou, tout le monde me disait « Il faut que tu l’allaites, c’est ce qu’il y a de mieux pour lui » (le gimmick que chaque femme enceinte entend en boucle). Moi, je veux vous dire que j’ai toujours pensé et dit pendant ces mois « Je verrais bien le moment venu. J’essaierai sans doute, pour voir. Et si ça me plaît, je continuerais ». Je veux aussi vous dire que je n’aurais jamais pensé à l’allaitement long, je me sentais à des kilomètres de tout cela.
Et puis mon fils est né. Je n’ai pas eu le temps de me demander si je souhaitais faire la tétée d’accueil, parce que mon téteur de compèt’ avait déjà « rampé » jusqu’à mes seins et commencé à se repaître de mon lait. Et ça nous a plu. Et on a continué. Je me disais « Allez, jusqu’à la reprise du travail ». Et quand il a eu presque 3 mois et que j’ai repris le travail, j’ai continué. (Enfin, je dis « Je », mais je devrais dire « nous ». Car cet allaitement, c’est un « travail d’équipe » : PapaPoulpe, Poulpinou, et moi). J’ai tiré mon lait, matin, midi et soir, je l’ai congelé, transporté, ai expliqué à la nounou sa conservation, etc…
Je me disais « Jusqu’à ses 6 mois ». Et il a eu 6 mois, je l’ai diversifié, mais les tétées sont restées sa seule source lactée. Puis j’ai dit « jusqu’à la rentrée ». Puis  « jusqu’à ce qu’il ait un an ». Plus récemment, pour des raisons de sommeil chaotiques (sur lesquelles je reviendrais abooooooondamment), de grande fatigue et de tétouillage fou, j’ai souhaité le sevrer… Et plus je parlais de le sevrer, plus le Poulpinou tétait, tétait, tétait… Des personnes de bon conseil m’ont alors suggéré qu’il y avait peut-être d’autres solutions. Bien entendu, c’était le cas.
Et c’était reparti. Aujourd’hui, ni lui, ni moi (ni PapaPoulpe d’ailleurs) ne souhaitons mettre faim Ă ces moments de proximitĂ© qui ont contribuĂ©, je crois, Ă la relation que nous avons aujourd’hui, tous les trois. Alors je me dis « Jusqu’à ces 2 ans. » Après tout, c’est ce que recommande l’OMS, non ? Tout ça pour dire qu’un allaitement qui marche, mĂŞme quand il dure, c’est avant tout une histoire d’amour…
(cc) Topinambour
posté le 10/05/2011 | 1099 vues | aucun commentaire | tags: téter LaFeeGwendy sevrage lait allaitement bébé mouflet | 7 ont aimé
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