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Mon placard.

Sortir du placard, qu’est-ce que ça veut dire ? Quel est ce placard dont on nous parle duquel il faut d’ailleurs absolument sortir, discrètement pour certains ou d’autres avec perte et fracas ? Pourquoi le « coming-out » a soudain ce quelque chose de triomphant ?

Mon placard.Ça ne viendrait à l’esprit de personne de demander à une personne hétérosexuelle de faire asseoir autour d’une table famille et amis, non sans les habituels malaises et prises de panique de rigueur, pour leur annoncer solennellement :

« Je vous ai tous réunis ce soir pour vous faire part de quelque chose… Enfin… Voilà… Il fallait que vous le sachiez : je suis hétérosexuel(le). »

Oui, la situation est ridicule, je vous l’accorde. Racontée comme ça, d’autant plus. Et pourtant, le passage « obligé » du coming-out est une étape peu négligeable, qui risque de vous définir aux yeux du « monde ». Etre dans le placard signifie pour beaucoup se cacher, ne pas vouloir révéler sa véritable identité.

« Oui, j’ai fait mon coming-out. » Et bah tant mieux pour toi… « Pas toi ? » Quel scandale. Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo, à toi ? (Léger clin d’oeil complice à Traulever, à l’origine de la réhabilitation de cette expression digne du petit Spirou.)

Je n’ai pas pour habitude de raconter ma vie sentimentale (ni même sexuelle) à tort et à travers. C’est un aspect de ma vie que j’aime isoler du reste. Quand nombre de mes ami(e)s racontaient sans gêne à leurs parents qu’ils avaient quelqu’un dans leur vie (à savoir les amourettes sans lendemain de l’époque du secondaire), de mon côté je faisais tout pour que les miens n’en sachent absolument rien.

D’abord parce que je n’ai pas été élevée dans la dynamique « avoir un petit copain avant la majorité ». Tout en ayant clairement fait comprendre à mes parents que je ne suivrai probablement pas leurs instructions à ce propos, pour autant je ne leur agitais pas quelque « chéri » que ce soit sous le nez.

Partant de ce principe, le coming-out est pour moi dérisoire, voire insensé. Évidemment, un jour viendra où je devrais présenter à mes parents mon compagnon.

Or il s’avèrera que ce compagnon sera en réalité une femme, ma compagne, qui fera partie intégrante de ma vie, que je ne pourrais plus isoler du reste. Et ce jour-là, je n’hésiterai pas à l’agiter sous leur nez, bien au chaud dans mon placard, je les aurai même invités à y entrer. Car mon placard, c’est mon intimité : pour rien au monde, je n’en sortirai.

(cc) abrinsky

10 Responses to “Mon placard.”

  • Etant de l’autre côté du miroir, c-à-d “Parents”, j’aimerais non que mes enfants fassent leur coming out mais qu’ils partagent s’ils le souhaitent leur amours avec moi, j’aimerais les consoler, rigoler de leurs histoires de culs bizarres ou de leur dernier “chéri(e)” ou de ses parents un peu coincés ;-)! Même si je suis sûre que ce jour-là, je prendrai un coup de vieux (méchant!!!)… Mais l’important pour moi ce sera de savoir qu’ils aiment et sont aimés en retour, peu imoportera le genre de cette personne ;-)!

  • Avatar de
    Mademoiselle H

    il y’a eu un super doc sur france 2 “les femmes qui aiment les femmes”

    Notamment l’histoire d’une jeune femme pour qui le jour où elle à annoncé à ses parents son homosexualité l’a sortie de la dépression.

    La mère qui avoue devant camera qui souhaiterais que sa fille ne soit pas homosexuelle malgré tout l’amour qu’elle lui porte.

    et puis ce couple qui tombent folles amoureuses, alors qu’une est mère de famille et marié, elles ont toutes deux 15 ou 20 ans de différences d’âge.

    et il y’a aussi cette comédienne lesbienne qui joue au feux de la rampe “les lesbiennes invisibles ” à voir absolument !

  • En tant que future mère, et c’est la ou je rejoins nouvelle 30naire je préfèrerais savoir pour que ma fille compte sur moi si elle est malheureuse ou vit mal la situation car trop de jeunes homos souffrent de dépression, alors moi non seulement ça me fera rien qu’elle soit homo (c’est sa vie et c’est ses choix) mais celui qui osera se moquer je lui arracherais les yeux.

  • @Xena & Nouvelle 30naire : Je suis un peu troublée par vos réponses… Peut-être parce que je ne suis pas prête d’être mère et que donc je ne me suis pas posée la question dans ce sens… En tout cas, je pense que l’essentiel, c’est d’élever son enfant dans la tolérance et éviter le plus possible l’hétérocentrisme, même si je m’en rends bien compte aujourd’hui, c’est pas toujours évident.
    Parce que dans un monde où seul le modèle homme-femme est intégré et considéré comme “couple”, avec tous les droits que cela confère, même avec les parents et l’entourage le plus tolérant du monde, beaucoup de gens sont encore surpris par l’homosexualité et ont “besoin” du coming-out pour pouvoir intégrer cette information. Alors que chacun devrait vivre son orientation sexuelle comme il l’entend sans avoir à s’en “justifier”.

    @Mademoiselle H. : Oui, Océane la lesbienne invisible, j’ai pas vu le spectacle, j’en ai entendu beaucoup parler, Pheno y est allée pour LR et je devais aussi y aller… J’ai pas fini de me documenter sur le sujet, qui est excessivement vaste ! Mais comme le disait très justement Pheno dans un de mes articles précédents sur la bisexualité, on risque “de ne plus retrouver ses petits”. Je ne me suis pas perdue, mais j’en reviens pas !

  • @ Rose H., ce que je voulais dire c’est que pour les “parents”, on aimerait partager avec ses enfants et quand ils se cachent on souffre (je parle pour moi!). Moi je me fiche qu’ils soient homo ou hétéros pourvu qu’ils soient heureux, c’est tout ce qui compte. J’ai eu pas mal de potes (ines) homos et franchement ceux qui le vivaient le mieux étaient ceux qui étaient soutenus par leur entourage… Alors je serai le suporter, le plus suporter de mes enfants peu m’importe leur type de sexualité ;-)!
    J’ai aussi vu le reportage et j’ai été très émue, l’une d’entre elle expliquait bien qu’il ne s’agissait pas d’un choix mais d’une évidence… et c’est ça!
    Moi je n’ai pas choisi d’être hétéro, je suis née comme ça!
    Par contre j’adore ton idée du dîner de famille pour expliquer sa sexualité, je suis sûre que j’aurais pu tuer une partie de mes ancêtres en leur racontant mes aventures!
    Au frait maintenant que t’as mis un pied dehors du placard, suis la lumière ;-)!
    Courage!

  • @Nouvelle 30naire : J’ai l’impression, pour ma part, que j’ai choisi d’être lesbienne. Et c’est là que le bât blesse. C’est pour ça que je resterai bien dans mon placard ! Mais je pense que ce n’est qu’une impression.

    Mais en soi, je ne considère pas m’être cachée outre mesure, je ne le pense sincèrement pas, dans la vie il faut parfois faire des choix, et si on me demande de faire un choix, je suis lesbienne. Ça ne remet pas en cause ce que j’ai été, ce que je suis ni ce que je serai, c’est juste un état de fait.

    La lumière est à l’intérieur ma bonne dame, à l’intérieur ! Les balivernes du mythe de la grotte, je m’en tamponne pas mal. :)

    Merci pour vos commentaires en tout cas.

  • Rose H : tout à fait d’accord avec toi, il en est de même pour les vieux, la dernière fois j’ai lu un article dans un magazine très célèbre et qui plus est intello sur la vie sexuelle de nos petits vieux, le journaliste semblait tout surpris qu’on puisse encore avoir une activité sexuelle à cet âge, j’avoue que j’ai été un peu outrée, oui on continue à aimer en étant vieux et on continue à pratiquer et je trouve ça merveilleux, de la façon dont il parlait on aurait carrément cru à du vice de la part de nos séniors en ajoutant que ds les maisons de retraite parfois ils fallaient les séparer car des histoires d’amour pouvaient naitre. Merde c’est pas des gosses! Ca m’a vraiment mis hors de moi, comme tu le dit seul “le modèle homme-femme est intégré et considéré comme “couple”, avec tous les droits que cela confère” et j’ajouterais homme-femme dans une certaine limite d’age.
    Je me suis souvent surprise a être en admiration devant un couple d’homos se tenant la mains ou de petits vieux se bécotant parce que partout ou il y a de l’amour je trouve ça magnifique.
    Ceci dit, pour en revenir au coming out, le tout n’est pas de se justifier auprès de la famille mais juste d’assumer ses choix.
    Moi étant hétéro et ayant trouvé un mec loin de paris et campagnard j’ai été quasiment obligée de me justifier -non pas auprès de ma famille très heureuse pour moi de m’etre stabilisée- mais auprès de certaines “amies” qui m’ont en gros fait comprendre qu’il y avait pleins de mecs en région parisienne et qu’elle comprenaient pas pourquoi j’ai été cherché un bouzeux. Comme quoi toute différence gêne.

  • @Xena : +1 ! Partout où il y a de l’amour, absolument ! :) On est bien d’accord qu’il s’agit ici de s’assumer pleinement, quelle que soit la “différence” évoquée. Qu’on foute un peu la paix aux gens, mince !

  • Il n’y a pas de généralités : plutôt des individualités, qui font, vivent avec ce qui fait qu’ils/elles sont ils/elles… Je partage votre point de vue les mamans : soutenons nos enfants; qu’ils nous parle de leur vie ou pas. En attendant, je élève ma fille (elle a 10 ans) dans le monde qui l’entoure : hétéro, homo, bi… elle sait qu’il y a plusieurs manières d’être et pour elle c’est juste normal…

  • @IsabelleJuliette : J’ai hâte d’être maman pour pouvoir être aussi chouette que toi. :)
    Et que vous toutes d’ailleurs, vous êtes au top !

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