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Tu fais quoi en avril ? Moi j’ai un plan…

[Ndlr : Storia a gagné sa place en participant au concours organisé par Ladies Room pour Plans d'Avril]

Du 1er au 7 avril, entre le Point Ephémère et le Centre musical Barbara s’est tenu le festival Les Plans d’avril, auquel j’ai été gracieusement invitée par Ladies Room.

Tu fais quoi en avril ? Moi j’ai un plan…Ce fut l’occasion pour moi, en ce début de printemps qui inaugure ma rédaction en chef musique de LR par un petit peu de frais dans mes oreilles, bien que ce festival pluridisciplinaire laissait autant la part belle à la nouvelle scène française qu’aux performances de danse. Et, moi-même issue du modern-jazz et considérant les danseurs contemporains comme des extraterrestres, je fus bien des fois pendant ces prestations tentée dans mon cerveau à pousser un gros WTF. Mais passons.

Voici donc un petit aperçu de ce festival printanier, où je n’ai assisté qu’à trois journées sur les quatre, pour cause de carnaval qui déménage à Sevran ce samedi 2 avril.

Vendredi 1er avril
J’arrive en mode afterwork vers 18h15 au Point Ephémère.
Au moment de retirer mes invitations, panique : suis-je invitée juste pour la soirée ou pour tout le festival ? Loou et Rose H. me confirment la deuxième alternative. Bon. Allons-y gaiment… Comme le vendredi soir, on est un peu stressé, l’organisation du festival a trouvé bon d’organiser une performance de yoga avec Renan de Germain qui a également assuré des cours durant tout le week-end. Je n’avais pas compris au départ que c’était du yoga. Je me disais : Tout de même, ce danseur est quand même ultra-souple… C’est lors du montage vidéo et de la prestation avec sa collègue que j’ai compris l’histoire. Ben oui, mon cerveau était encore embrumé…

Après ces prolégomènes sont venus les concerts :
J’avais énormément entendu parler de POUF par le biais de Causette et de La Poupée Russe. Et bien je ne fus pas déçue. Entre Hard Pouf, Diva Pouf et Aero Pouf, le LoL était de mise. Des paroles faussement naïves, un vrai jeu de scène hardcore, de vraies caricatures de caricatures… Bref, ces trois filles adeptes du girl power (ou pas, finalement ^^) nous ont bien mis l’ambiance.

Ensuite est venu David Lafore, un monsieur qui commence par se délester de sa chemise avant de se lancer dans un stand-up de toute beauté, tout en aspergeant le public avec sa bouteille d’eau et en engueulant le cameraman accrédité  du festival. S’en suit des petites chansons coquines telles que Je suis toute mouillée et Je suis ta petite culotte, chantée avec une candeur déconcertante. Bref, il a mis un sacré boxon.

Pour finir cette LoL soirée de bon un 1er avril, le dandy Nicolas Jules est venu nous livrer une performance entre Benjamin Biolay et Stéphane Guillon. Une musique assez rock anglais, des paroles faussement cyniques… Bref, un dandy parisien dans toute sa splendeur.

Dimanche 3 avril
Encore au Point Ephémère, la journée commence un peu plus tôt. Le temps pour moi de patienter avec un thé après une promenade sur le canal Saint-Marin et je vois des hordes d’enfants arriver.

Ce qu’ils viennent voir à l’heure du goûter, c’est le ciné-concert de La petite taupe de Zdenek Miler. Deux musiciens et bruitistes ont eu la bonne idée de réadapter la bande sonore de ces petits dessins animés tchécoslovaques réalisés entre les années 1960 et 1970.  Malgré l’aspect pas très hype, voire très marqué bloc soviétique, de l’animation, les enfants ont beaucoup apprécié. Je pense surtout à la réactualisation et la performance live de la bande-son.

Viennent en guise d’apéritif du dimanche soir les performances contemporaines :
Selon le descriptif du festival, Florent Othello présente dans son spectacle Transfuge le personnage d’un homme politique odieux et émouvant. Ceci est vrai pour la deuxième partie du spectacle, où le danseur fait un défilé de mode où son sourire se décompose à mesure – bien trouvé. Mais la première partie où il se jette partout en criant Oui ! m’a laissée quelque peu circonspecte. À moins qu’il ait voulu incarner la bête humaine… Je me pose encore la question.

Pour ce qui est l’autre performance chorégraphique, Les hommes scotchés par la Compagnie Mi Octobre, j’ai dû complètement me défaire des préceptes de chorégraphie linéaire, d’histoire racontée en corps et en musique. Déjà, le fait que les deux danseurs soient enveloppés dans du papier journal au début de la performance m’a quelque peu déboutée. Mais s’en est suivi une libération corporelle rafraîchissante, pour finir dans un échange quasi-sensuel entre les deux protagonistes. Une surprise.

La soirée se finit avec le spectacle mi-théâtral mi-musical Il n’y a pas de cœur étanche de Julie Rey et Arnaud Cathrine. Mis à part la thématique pas glop – les artistes s’inspirent de leurs interviews de personnes internées en hôpital psychiatrique –, et des performances chantées un peu bancales quelquefois, la force de ce spectacle est l’interprétation véritable des peurs, des réflexions de ces personnes interrogées. Une réflexion sans pathos sur le monde psychiatrique, parfois très poignant.

Jeudi 7 avril
Changement d’endroit et d’ambiance pour la fin du festival.
 Déjà parce que le Centre Musical Barbara est dans un quartier qui ressemble moins à une carte postale – le quartier de la Goutte d’Or –, mais aussi parce que la programmation musicale sur le papier ressemble plus à ce que l’on programmerait dans un petit bar de quartier plus que dans une salle bobo.

La soirée commence donc avec Speed par Ana Alègre et Pauline Le Marchand. Une performance autour des ballons, qui semblaient représenter le rapport au corps. J’avoue que je me suis vraiment demandée face à quoi je me trouvais, surtout quand les demoiselles font une course en tenant leur ballon derrière avec une ficelle. Bref, j’ai peut-être l’air obtuse, mais j’ai l’impression que, définitivement, la danse contemporaine n’est pas pour mon mode de pensée.

Champagne à l’entracte – flûte, je suis encore abstinente ! Je croise Jeanne Balibar parmi le public, et m’étonne encore de sa présence… Au retour, nous assistons à la prestation d’Yves-Noël Genod qui chante du Barbara. Ayant fait un spectacle avec la Balibar sus-citée la semaine précédente à Bruxelles, je ne m’étonne plus de la présence de la dame. Yves-Noël nous raconte donc sa Barbara à la manière d’un Luchini très en forme, et cela me plaît. Les performances chantées sont malgré tout aléatoires, mais on sent tout le respect et l’émotion de l’acteur à l’évocation de sa déesse. Un joli spectacle fait avec quelques bouts de ficelle – croit-on, et qui vient donc clôturer de belle manière le festival.

Les Plans d’Avril n’est donc pas un festival vraiment mainstream, mais avec une programmation assez qualitative pour egayer ce début de printemps. Merci à toute l’équipe.

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