C’est samedi après-midi, il fait froid et gris, il est 16h et dans une heure, la nuit va sérieusement commencer à tomber. Tiens, et si on allait au musée ?
J’aime bien dire « aller au musée », c’est comme certains à la campagne qui vont « à la ville » et d’autres à la ville qui vont « au coiffeur ». Ça donne l’impression qu’on va au musée comme on va au supermarché. Ça fait plouc, quoi. Non, pour bien faire, normalement, il faut dire « et si on allait voir Monet au Grand Palais » ou « Gondry à Beaubourg ». Et c’est encore mieux si vous êtes capable d’en parler avec de grandes phrases et des mots compliqués qui vous donnent l’air intelligent. Ou très con, c’est au choix. Mais bref, cessons cette digression et revenons à nos moutons.
Samedi après-midi, donc, je suis allée au musée. Comme dans beaucoup de musées, il y avait, disséminées ça et là , de petites salles obscures et mystérieuses dans lesquelles vous entrez à tâtons pour visionner des films expérimentaux en compagnie d’inconnus. La salle est pratiquement vide, vous allez vous asseoir en silence, sur la pointe des pieds dans un coin. Vous vous installez confortablement, vous vous adossez au mur et vous commencez à regarder le film.
C’est généralement à cet instant que le fameux processus se met inéluctablement en marche. Vous regardez le film, c’est étrange, assez contemplatif et vous sentez une agréable torpeur vous envahir. Vos jambes sont épuisées d’avoir tant marché, votre tête est lourde d’avoir vu tant de choses. Il fait chaud, il fait bon, il fait doux, il fait sommeil et vous êtes tellement bien, dans votre petite salle mystérieuse, lovée dans l’obscurité. Vous vous laissez aller, vous somnolez, vous rêvez même un peu par moment, en mélangeant le film et vos pensées. Vous êtes totalement ailleurs.
Vous savez que, dans peu de temps, il va falloir s’arracher à cette douce torpeur, se lever, sortir de la pièce, marcher encore, sortir dans la rue, affronter le froid, le bruit et le trajet jusqu’à la maison. Vous le savez mais en attendant, vous volez du temps. En attendant, vous savourez chaque seconde, les yeux fermés et le sourire aux lèvres.
En fait, ce que j’adore, quand je vais au musée, c’est le moment où, après avoir déambulé des heures à travers toutes les salles et tous les étages, après avoir regardé des photos drôles, des photos trash, de belles photos, d’étranges photos, après avoir souri, ri, été émue ou chamboulée, je vais me cacher dans une petite salle presque dérobée pour faire la sieste au musée.
posté le 15/03/2011 | 576 vues | aucun commentaire | tags: sieste activité balade musée ville art Ego trip Culture
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