Elle marchait comme si sa vie en dépendait. Pourtant, elle n’avait pas l’air de quelqu’un dont la vie dépend de si il marche ou non. Même si la vie, au final, ne dépend que de si on marche ou si l’on s’arrête. Mais elle, elle semblait être de ceux dont la vie ne changera pas, quoiqu’ils fassent.
Pourtant, elle marchait vite. Tellement vite qu’elle tournait en rond. Elle tournait autour du pâté de maison. Il lui semblait que c’était en allant toujours dans la même direction qu’on avançait dans la vie. Alors, elle allait toujours à gauche, dès qu’elle pouvait. A un moment, elle ne put plus. Point de côté, à force de tourner à gauche. Alors, elle se dit que c’était certainement dans ce genre de cas que l’on change de voie dans la vie.
Elle tourna donc à droite en se demandant si elle devait être angoissée ou non du choix qu’elle venait de faire et qui, dès lors, bouleverserait sa vie. Au moment où elle se dit que oui, elle devrait être angoissée (car l’histoire prouvait qu’on était angoissés dans ces cas-là ), elle se heurta à quelque chose.
Cette chose s’appelait. Mais elle oublia comment quelques secondes après que celle-ci le lui ai dit. Cette chose était plus petite qu’elle de quelques centimètres. 5 en fait. Cette chose envoyait des ondes sonores à basse fréquence pour communiquer : elle avait une voix grave. Cette chose, aussi, était un homme. Un jeune homme qui semblait avoir vécu à peu près aussi longtemps que la jeune fille.
Mais il n’était pas certain qu’il ait tourné en rond, lui, pendant tout ce temps-là car il l’emmena à gauche, puis tout droit pendant un certain temps et enfin à droite et re-à gauche et ça n’en finissait pas de tourbillonner dans la tête de la jeune fille. A un moment, il fit nuit. Elle ne s’en rendit pas compte mais lui, si. Il s’excusa et voulut s’en aller pour continuer le chemin seul. Mais elle le griffa et lui dit que maintenant qu’elle était perdue, qu’elle ne savait pas où était sa voie, il pourrait l’aider.
Le garçon ne comprit pas. Il n’avait pas passé sa vie à tourner en rond ou en carré. Il ne savait pas qu’on pouvait être perdu au point où elle l’était. Ne comprenant pas, il s’énerva et s’éloigna. Elle voulu l’appeler mais ne se souvenant plus de son prénom, elle ne put pas. Elle se demanda de quel côté repartir, qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire. Que faire de cette vie si vide ; de ce vide si vide et encore infiniment vide et insupportable à porter toute seule.
Il tourna à gauche et disparut de sa vue. Elle lui courut après. Il marchait vite. Elle courut encore plus vite. Plus vite même que lorsque sa vie en dépendait. Elle ne se rendit même pas compte qu’elle ne suivait plus aucune direction précise. Elle approchait de lui. Il marchait le dos un peu voûté. Elle adora son dos. Il ne pleurait pas parce qu’il était un garçon et que ce n’était pas si grave que ça. Mais il avait un irrésistible besoin de comprendre. Mais il ne comprenait pas.
Au moment où il se dit que le plus simple était d’oublier, de s’en foutre et ben il ne put pas. Elle le dépassa et surgit face à lui. Elle lui demanda comment il s’appelait. Il resta interdit. Cela le troublait beaucoup trop. Il ne répondit pas à sa question. Il lui proposa de dormir avec lui cette nuit. Puis regretta aussitôt. Il ne savait pas ce qu’il voulait et où il en était. Mais était-il tellement nécessaire qu’il le sache ? Il n’avait pas envie d’y réfléchir car tout s’embrouillait. Il avait proposé, il l’avait fait. Il verrait.
Elle resta interdite. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle avait peur, peur de lui tout d’un coup. Pourquoi lui avait-elle couru après, déjà ? Elle ne savait plus et de toute manière ne l’avait jamais su. Elle avait peur de ce qu’il pouvait s’imaginer d’elle. Elle aurait voulu fuir. Fuir loin des directions à suivre, des gens à suivre… Elle voulait se fuir elle-même. Mais elle ne pouvait pas faire autre chose que de se suivre si elle voulait survivre.
Quelqu’un qui passait par là aurait pu rire de les voir, plantés là , à se regarder de partout sauf dans les yeux. Sans rien se dire. Il aurait même pu trouver ça mignon. Mais c’était tout sauf ça. C’était un désastre.
posté le 13/03/2011 | 225 vues | aucun commentaire | tags: zout alors personnages fuite compréhension angoisse peur rencontre Ego trip
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