Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

Mot de passe oublié

pheno

“Putains de salopes de lesbiennes de merde”

Alors qu’il y a une semaine j’Ă©crivais un compte-rendu sur l’ouvrage “Les Lesbiennes” de StĂ©phanie Arc, une semaine avant j’entendais l’insulte en titre lors d’une sortie dans un milieu dit “ouvert d’esprit” parce que j’Ă©tais en compagnie d’une femme.

lesbiennes.jpgPour re-situer la scène, j’Ă©tais donc en compagnie de cette jeune femme au look androgyne, ce que nous faisions Ă  ce moment prĂ©cis Ă©tait largement explicite quant Ă  la nature de notre “relation Ă©phĂ©mère”. Nous Ă©tions toutes les deux entourĂ©es de plein de monde puisque la salle Ă©tait pleine et des scènes bien plus explicites se dĂ©roulaient autour de nous (non nous n’Ă©tions pas en soirĂ©e libertine, bien que ce genre de pratiques soit acceptĂ© dans ce genre de soirĂ©es).

La nature des relations que j’ai l’habitude d’entretenir avec cette fille n’a aucune importance. Ce soir-lĂ , elle est venue vers moi Ă  un moment de la soirĂ©e, nous avons discutĂ©, nous nous sommes embrassĂ©es et nous sommes allĂ©es plus loin. Nous vivions ce moment intime ensemble sans se soucier de ce qui pouvait se passer autour, jusqu’au moment oĂą j’ai ouvert un peu plus les yeux, parce que je sentais des mains me toucher chacune des Ă©paules.

Je tournais la tĂŞte Ă  gauche, un homme me tendait la bouche comme si je lui devais bien ça en tant que dĂ©pravĂ©e qui se tape une femme. Je le regardais, l’air interloquĂ© et le repoussais. Ce n’est pas parce que je suis bisexuelle, voire mĂŞme pansexuelle,  que je suis prĂŞte Ă  me taper n’importe quel nigaud qui me prĂ©sentera sa bouche ou sa queue. Si j’avais eu envie d’un mec Ă  ce moment-lĂ , je n’aurais pas eu une femme dans les bras. Il retentait le coup une seconde fois, un “NON” autoritaire sorti de ma bouche. Il comprit le message et s’en alla.

Maintenant il fallait que je m’occupe de la main qui pelotait mon autre Ă©paule. Et je voyais lĂ  un gros lourd qui avait dĂ©jĂ  essayĂ© d’entamer une conversation avec moi plus tĂ´t dans la soirĂ©e, mais que j’avais vite Ă©vincĂ©. Je retirai gentiment sa main de mon Ă©paule en lui faisant signe de ne pas se mĂŞler de ce qu’il se passait. Je retournais Ă  ma compagne du moment quand la main revint sur mon Ă©paule. Ça commençait Ă  faire beaucoup. J’enlevais la main et repoussais l’homme en question un peu plus fortement avec le regard noir.

Caressant Ă  nouveau ma douce et essayant de ne plus m’occuper de ce qui se passait autour de nous, la main revenait Ă  mon Ă©paule et commençait Ă  descendre sur mon bras. Cette fois-ci c’en Ă©tait trop. J’enlevais la main et poussais ce gros lourd violemment en lui expliquant rapidement qu’il Ă©tait hors de question qu’il intervienne dans notre duo que je voulais exclusivement fĂ©minin. Il se rapprochait Ă  nouveau, l’air de dire “ça va tu roules bien des pelles Ă  une fille, tu vas pas faire ta fine bouche avec un mec en plus”. Cette fois-lĂ  je le repoussais des deux mains sans rien lui dire Ă  part “DEGAGE !”

Ce fut Ă  cet instant que l’insulte homophobe sortit de sa bouche et qu’il s’Ă©loigna. Je lui lançais une invective l’invitant Ă  revenir me dire cette insulte droit dans les yeux. Il ne revint pas Ă©videmment.

J’en reste encore très marquĂ©e mais point blessĂ©e. Les mentalitĂ©s mĂŞme dans les milieux les plus ouverts n’ont toujours pas Ă©voluĂ©. L’hypocrisie règne encore. Certains hommes croient encore que la sexualitĂ© se rĂ©sume Ă  un rapport hĂ©tĂ©ronormĂ© et que les femmes ne peuvent pas se passer de leur phallus. Certains diront que cette scène n’avait pour but que d’exciter une horde d’hommes et moi j’affirme qu’il n’est point besoin d’une scène “lesbienne” pour exciter des hommes, il existe des moyens beaucoup plus simples que cela.

Lorsque nous sommes entre femmes, sachez messieurs, que nous n’avons pas besoin de vous, mais alors vraiment pas. Et pour rajouter une couche, chaque femme passĂ©e dans mon lit m’a fait jouir, ce qui est loin d’ĂŞtre le cas de tous les hommes avec qui j’ai eu des rapports sexuels.

Cet argument ne fait pas pour autant de moi une lesbienne puisque j’aurais trop de mal Ă  me passer des hommes. Il est temps de se rĂ©veiller et d’accepter que le sexe fort n’est peut-ĂŞtre pas celui que l’on croit. A bon entendeur…

(cc) bluemacgirl

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

C’est pour cela qu’il vaut mieux se rendre dans des soirĂ©es lesbiennes et non mixtes ! pour en avoir tentĂ© les deux, je peux t’assurer que la première et dix fois mieux et plus respectueuses


merci pour ton article


 

C’est vraiment parce que je suis absolument non-violente, mais ce genre de situation me donne envie de les Ă©masculer sans aucune autre forme de procès.


@Mademoiselle H : C’est quand mĂŞme triste d’avoir Ă  ne se retrouver qu’entre filles pour avoir la paix ; il faut vraiment que les hommes comprennent qu’ils ne nous sont pas indispensables, comme nous pouvons ne pas leur ĂŞtre indispensables !


 

@Mademoiselle H : j’ai testĂ© les deux aussi. J’apprĂ©cie les deux puisque je suis bisexuelle. LĂ  c’est juste que j’Ă©tais avec une fille dans un milieu majoritairement hĂ©tĂ©ro. C’est marrant de constater quand-mĂŞme que ce sont des mecs qui sont venus nous “emmerder”, dans ce genre de soirĂ©es il y a d’autres filles attirĂ©es par les filles et pourtant elles ne rĂ©flĂ©chissent pas avec leur vagin.


@Rose H. : Je suis non-violente, je dĂ©teste ça aussi, mais ma main a failli partir violemment. Un imbĂ©cile de plus c’est tout ce que c’est.


 

Arg le clichĂ© de la femme qui emballe une autre femme devant des hommes est forcement candidate au gang bang a toujours la vie dure. Et c’est lourd, très très lourd.

Tiens regarde on va jouer Ă  un jeu, la prochaine fois que je vois deux bombes gays en train de s’emballer je viendrai mettre ma bouche sous leur nez pour rĂ©clamer mon du. Comment ça je rĂŞve ? comment ça c’est indĂ©cent ? comment ça je n’ai aucune chance ? Salauds de PD tiens ;)

Non blague Ă  part je suis dĂ©solĂ©e de devoir encore lire ce genre de chose. J’ai toujours l’impression que les mentalitĂ©s avancent et qu’on arrĂŞte de foutre des Ă©tiquettes racistes sur la sexualitĂ© d’autrui. et tu sais quoi ? ça me fou mal au cĹ“ur de me tromper…


 

C’est comme si, dans les rencontres Ĺ“cumĂ©niques, on me traitait de connasse de papiste…

*C’Ă©tait la minute Mercredi des Cendres du jour*

Je me dis tout de mĂŞme que, dans la mesure oĂą on Ă©volue dans un milieu oĂą nous partageons les mĂŞmes convictions, mais que nous n’avons pas la mĂŞme manière d’exprimer notre conviction, il faut toujours s’attendre Ă  ce que deux-trois connards viennent te prouver qu’ils ont raison. C’est blessant, mais c’est ce qui prouve aussi que vivre en sociĂ©tĂ© n’est pas une chose facile.

Maintenant, ma chĂ©rie, je sais que tu as assez de recul pour te dire que tous les hommes ne pensent pas qu’Ă  te sauter une fois qu’ils te voient en train d’embrasser une fille. Malheureusement, ce genre de choses n’est pas applicable qu’Ă  la sexualitĂ©, comme le prouve ma petite explication du dĂ©but…


 

Tu m’as fait dĂ©couvrir un terme nouveau et merci !! Pansexuelle.

C’est bĂŞte mais c’est comme ça, nommer les choses les rends plus vrai, on peut plus facilement les admettre.

Merci, c’est agrĂ©able de pouvoir exprimer son point de vue sans trop de long discours!


Pour ton article, c’est rĂ©voltant, je suis d’accord. Je ne trouve pas les mots pour dire Ă  quel point ça me dĂ©goute.


 

@magadit : j’ai eu cette image qui m’a traversĂ© l’esprit : aller foutre ma langue lĂ  oĂą je n’ai rien Ă  y faire.


@Storia : effectivement, je ne m’arrĂŞte pas Ă  un ou deux imbĂ©ciles mais le fantasme de deux filles ensemble reste toujours très prĂ©sents dans les esprits masculins. Ce n’est ni un tort, ni un reproche, mais un “Je peux me joindre Ă  vous ?” aurait Ă©tĂ© mieux perçu de ma part, la rĂ©ponse n’aurait pas changĂ© bien Ă©videmment.


@zout alors : la pansexualitĂ© est ce qui me correspond le plus (on a toujours ce dĂ©faut de vouloir mettre les gens dans des cases, je n’y Ă©chappe pas). Mais le terme reste large dans sa dĂ©finition.


Pour le reste, oui révoltant et violent verbalement.


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

Laurie
Laurie a posté un commentaire. (10:22)
cuddle0510
cuddle0510 a posté un article. (19:13)
boenbotte
boenbotte a posté un commentaire. (18:06)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (17:26)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (17:12)
Previously on LR

Paulette, émancipée ?

J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...

Bref : un phénomène de société ?

Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...

Récit de concert où glam et bière peuvent rimer

Ce jour-là, j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...

Paradigme de la vie et des relations par mon chat

Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...

Ne pars pas

C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...

D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère

Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog