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26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.

  • Cette année, pour cette 26e Victoire de la Musique, pas de Jean-Luc Delarue cocaïné, ni de Nagui survolté, ni même de Michel Drucker suranné. Mais une Marie Drucker décidément habituée des gros raoûts du service public et Aline Afanoukoé, nouvel espoir notamment visible sur France 4, qui sert de faire-valoir parmi les artistes. Une autre grande nouveauté : la cérémonie a été divisée en 2. Jess a fait un très bon compte-rendu de la première soirée, qui a eu lieu le 9 février à Lille et qui a été retransmise sur France 4. Ce soir, donc, 6 catégories seulement, mais les catégories dites plus prestigieuses.
  • À vrai dire, ce n’était pas plus mal, étant donné qu’habituellement, qui disait Victoires de la Musique disait émission de 5 heures minimum. La nouvelle formule des Victoires de la Musique, ce sont donc des émissions qui ne font pas plus de 2h30, durée critique pour la captation du spectateur. La soirée donne donc la part belle aux lives et non plus aux discours de 27 km de long où on fait des kikoolol à sa tata et à son producteur.
  • Pour commencer, Nolwenn Leroy et Maurane interprètent pour commencer Aimer à perdre la raison de Jean Ferrat. Déjà, je ne supporte pas Nolwenn Leroy, heureusement que Maurane relève le niveau.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Artiste interprète masculin de l’année
    Christophe Mae
    . Il interprète Je me lâche. La vérité est que ce mec est comme Zaz, je ne supporte pas cette voix. En plus, on a l’impression que ses chansons sont toutes écrites sur le même moule. Un peu de prise de risque, diantre ! Sinon, cela m’étonnera que, dans trois ans, on te recroise encore aux Victoires de la Musique. Il faut tout de même avouer qu’il a un jeu scénique assez conséquent. Ce n’est pas pour rien qu’il se soit fait connaître avec une comédie musicale.
    Bernard
    Lavilliers. Il interprète L’exilé. Lui non plus ne change pas de style, mais lui est là depuis 1967. Et a autrement plus de classe que l’artiste précédent. Un grand nom de la chanson française qui se défend encore très bien.
    Gaëtan Roussel.
    On peut dire qu’il a habillement négocié son passage de collectifs en solo. À croire que lui seul portait les groupes dans lesquels ils jouaient. Mais on sent qu’il a enfin décidé de s’exprimer pour lui-même, par lui-même. Et le résultat est tout simplement détonnant. Oooooh so cute ! Il est venu avec Papa !
    Jean-Louis Aubert.
    Il interprète Demain sera parfait. Lui non plus ne change pas depuis 35 ans. Lui aussi se défend encore bien. Pour l’avoir déjà vu sur scène, je sais sa valeur. Il revient avec un titre phare très léger en apparence, composé d’une mélodie simpliste et de paroles pas prise de tête. Mais c’est une chanson pop qui s’écoute agréablement.
    Verdict :
    Gaëtan Roussel. Je suis agréablement surprise. Je pensais que ça allait se partager entre Bernard Lavilliers et Christophe Maé. Preuve, s’il en est, que Gaëtan Roussel a bien fait de se démarquer des prestations en collectif.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Vidéoclip de l’année
    Ben l’Oncle Soul, Soulman – BB Brunes, Nico teen love - Louis Chédid, Tu peux compter sur moi - Philippe Katerine, La banane
    Verdict :
    Gaétan Chataîgnier pour La banane. J’aurais plus pensé à Soulman, pour moi un peu plus visuellement créatif qu’une manif sur une plage de Bretagne. Mais étant donné que je suis en pleine rétrospective Motown, sur ce sujet, mon avis était trop biaisé pour que j’aie un avis objectif sur la question. Autre hommage de la soirée, Elisa de Serge Gainsbourg par Jean-Louis Aubert. Pas assez pervers pour me transcender, j’aurais plus vu Biolay dessus. Deuxième morceau du medley, Pull marine par Cœur de Pirate. Il faut absolument qu’elle se fasse opérer des cloisons nasales, ce n’est plus possible. Troisième chanson, Avant de dire adieu par Jenifer. Mon Dieu, qu’elle chante faux, ressaisis-toi, dis-donc ! La Javanaise par Bernard Lavilliers. C’est très joli, très sensuel. On sent la bouteille, la désillusion de l’interprète. Christophe Maé nous massacre Vieille canaille. Heureusement qu’il se rattrape sur l’harmonica et que le collégial rattrape le coup derrière…
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Spectacle musical/Tournée/Concert-
    - M – interprète avec son frère Joseph et sa sœur Anne un hommage à sa grand-mère Andrée, avec le poème Délivre. Pour l’avoir vu au Solidays l’été dernier, s’il enlevait sa manie de guitar hero, c’est un artiste assez sensible en live, et extrêmement créatif. Et le morceau interprété ce soir prouve toute la dimension parfois dramaturgique de ses prestations-         
    Benjamin Biolay
    . Il paraît très réservé, très secret, j’ai du mal à l’imaginer en live. Je ne l’ai jamais vu, en même temps, mais au vu de sa prestation de ce soir, j’ai bien envie de tenter le coup.-         
    Eddy Mitchell
    interprète Laisse le bon temps couler. Pour moi, Eddy symbolise davantage le rock que Johnny. Beaucoup plus classe. Beaucoup plus proche des racines teintées de blues. Et puis Eddy, mon papa, c’est son sosie, donc j’ai un rapport très affectif. Celui-là, je vais encore regretter à son décès de n’avoir jamais su saisir l’occasion de le voir en concert. Surtout qu’il fait actuellement sa dernière tournée. Tiens, il faut que je me renseigne…-         
    Christophe Maé
    … Mais il faut arrêter, quoi !
    Verdict :
    M et Eddy Mitchell. Donc un prix ex-aequo pour deux artistes qui le méritent amplement. Deux artistes qui savent allier occupation de la scène et mélodies très appréciées par le public. Je suis donc doublement heureuse de cette double récompense.
  • Ben l’Oncle Soul interprète Soulman au titre de la révélation scénique de l’année, trophée qui lui a été remis à Lille le 9 février. Personnellement, ce jeune homme est ma sensation 2010. Je suis totalement amoureuse de son style. C’est quand même le mec qui fait la démonstration qu’on peut chanter de la soul à peu près en français sans que ça fasse Poetic Lover. Et rien que pour ça, je t’aime, Ben…
  • Quand, tout à coup, Marie Drucker sort la bonne vanne de la soirée : Ben l’Oncle Soul, en tournée en Suisse, au Luxembourg, dans tous les paradis fiscaux… Un petit interlude humoristique tout à fait dans le style de la belle brune qui a permis de détendre encore plus la soirée.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Artiste interprète féminine         
    Vanessa Paradis
    a bien grandi depuis Joe le taxi. Désormais acoustique, ses vieux tubes prennent un nouvel élan qu’on ne lui connaissait guère, mais qu’on sentait tout à fait adapté à sa voix fluette.
    Yael Naïm interprète Come home. À l’image de son dernier album She was a boy, elle mélange les genres tout en restant vaporeuse, aérienne, même si elle ne chante qu’en anglais. Personnellement, un vrai coup de cœur. Et ce soir, elle nous interprète une chanson bastringue très inspirée. Jolie performance.
    Cœur de Pirate interprète Francis. Oui, c’est charmant ce timbre de voix enfantin. Mais agaçant. Au point que je préconise encore ici une opération de la cloison nasale. Mais grandis, quoi ! Tes textes sont très beaux, en plus, c’est dommage…
    Asa interprète Be my man. Une petite découverte pour moi. Déjà, j’adore la musique, c’est dans mon mood du moment. Et puis j’aime ce genre de fille, comme en témoigne mon émoi de l’an dernier pour VV Brown. La voix est très belle, sensuelle comme il faut, à la fois soul à l’américaine, mais teintée de blue notes à l’africaine. Et puis ce style, so 1960 comme il faut. Vraiment chouette.
    Verdict :
    Yaël Naïm. Même s’il faut avouer que son deuxième album est moins qualitatif que le premier, elle reste fidèle à un univers très accessible au public, bien que haut perché. Bref, une voix d’ange désormais doublement récompensée.
  • Calogero interprète Yalla. Un hommage au départ pour Sœur Emmanuelle, aujourd’hui dédié aux révolutions arabes. Une version très romanesque du tube, que je trouve personnellement assez bizarre, en tant qu’ex-fan énamourée de Calo, justement à l’époque de l’album 3.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Album de l’année
    Abd Al Malik avec Château Rouge. Il interprète avec son épouse Wallen Mon amour. Il chante sur cet album, ce qui est somme toute assez nouveau dans sa carrière. Et puis il intègre l’anglais dans son album. Bref, le slameur le plus classe et le plus musical de la scène française revient en force avec des arrangements soul. Et prouve encore la multi-polarité de la création de musiques urbaines.
    Bernard Lavilliers avec Causes perdues et musiques tropicales.
    Hindi Zahra avec Handmade. Elle nous interprète son tube Beautiful tango. Elle me file les poils aussi. C’est incroyable tout ce qu’une voix mélodique est capable de susciter. En même temps, les voix soul blanches féminines sont so 2011 en France (remember Yaël…).
    Stromae avec Cheese.
    Gaëtan Roussel avec Ginger.
    Verdict :
    Gaëtan Roussel. Décidément, c’est son année, et en même temps, ce n’est pas plus mal, si cela nous évite de nous taper du Christophe Maé ^^
  • Lily Wood and the Prick interprètent This is a love song au titre de leur trophée de revelation du public reçu le 9 février à Lille. Je les ai vus personnellement à ReS 2009, et je les avais trouvés déjà bien sympas à l’époque. Une voix très accrocheuse, un son électrique à leurs débuts qui devient de plus en plus pop. Ils ont de l’avenir, malgré leur nom à faire une saison aux Inrocks.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Chanson de l’année
    Zaz, Je veux. Rien à faire, je ne peux pas supporter sa voix. En plus, elle n’a aucun style. Mais à mon avis, on l’a tellement matraquée qu’elle va remporter le trophée. Elle chante comme une chèvre.
    Gaëtan Roussel, Help myself. Déjà du meilleur niveau en live. Un truc très épuré, plus up-tempo que l’original. Il mérite largement son trophée pour le meilleur album rock, déjà attribué à Lille. Oh, joli, le passage brit-disco que voici !
    Stromae, Alors on danse. Marie Drucker nous promet un trip électro-philarmonique. Déjà, ça commence très bien. Ça me file des frissons, comme une musique de film… L’ombre de Brel plane sur cette version. Une sublime transition entre la partie orchestrée et la partie électro. Si c’est lui qui a fait les arrangements, ben ça me la coupe. Pour moi, mon favori.
    Benjamin Biolay, Ton héritage. Piano-voix, pour changer de la dernière prestation. Très sensuel, très joli. En fait, je n’aurais jamais pensé qu’il aurait une voix aussi posée et aussi chantée. J’avais une image de lui avec une voix plus parlée. De très belles paroles. Un vrai moment suspendu comme on en fait rarement. Ca coupe même la chique à Marie Drucker et Aline Afanoukoé.
  • 26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.Verdict : le seul epic fail de la soirée : Zaz ! En même temps, c’est le public qui a choisi. On la ferme surtout, m’enfin heureusement qu’elle n’a même pas remporté le prix de la révélation féminine, emportée par Lily Wood and the Prick. C’est une consolation bien maigre, mais en même temps, on a au moins cette satisfaction. Et en plus, on est obligé de se farcir une autre fois cette insupportable chanson…
  • Bilan de la soirée : Finalement, je n’ai pas trouvé la soirée très longue (il faut dire que j’étais occupée à écrire ce papier, ce qui aide beaucoup), ce qui est un énorme avantage pour une cérémonie. C’est de cette manière que l’on devrait dépoussiérer les cérémonies de remise de prix retransmises à la télévision. Car tout ce qui est récompenses techniques, les téléspectateurs s’en battent un peu, même si c’est une possibilité de visibilité des professionnels. Le fait de faire deux soirées de remises de prix – une intimiste pour les techniciens, producteurs, etc. et une grand public –est, je pense, l’avenir des remises de prix à la télévision française. J’ai donc passé une très bonne soirée, en faisant des (re)découvertes fructueses. Je me réjouis de la pluie de récompenses pour Gaëtan Roussel, qui est définitivement un artiste de très grande qualité. À part peut-être Zaz – mais parce que ce prix n’était pas soumis à l’approbation des professionnels de la musique –, je trouve qu’il n’y a pas eu d’injustice flagrante concernant les lauréats. Je pourrais même conclure que, somme toute, le palmarès demeure très consensuel et à l’image de la création française actuelle.

6 Responses to “26e Victoires de la Musique, entre consensualité et modernité.”

  • Je suis plutôt d’accord avec toi dans l’ensemble. Zaz m’insupporte et quand je vois Christophe Mae j’ai envie de le giflé! Déjà je n’aime pas sa voix et ses textes je les trouvent sans grand intérêt quant à sa musique elle m’emmerde. Gaétan Roussel méritait amplement ses récompenses. Sauf que j’aurais donné le trophée de l’album de l’année à Hindi Zahra. 1ère raison parce qu’elle le méritait tout autant et 2ème raison parce qu’il y aurait eu un peu plus de pluralité. Quant à la soirée je l’ai trouvé un peu ennuyeuse je trouvais que ça manquais un peu de punch. Mais elle était déjà mieux animée que celle qui avait été retransmise sur France 4 . voilà pour mon avis.

  • Avatar de
    Mademoiselle H

    mais stop avec zaz elle en à d’autre des chansons ! et zut oui un chanteur n’a qu’une voix normale qu’on la retrouve dans toutes ses chansons tu dis quoi de ray charles hallyday le king Jackson et Compagnie

    soso serieux tu vas revenir à la maison toi si çà continue !

    mais l’oncle sam ou soul je sais pas j’aime beaucoup

    http://www.youtube.com/watch?v=qp7t5ZW9fm4

    çà c’est cadeau tu vas bien te marrer !

  • @Mademoiselle H : Non, le problème, ce n’est pas spécifiquement cette chanson, c’est que je trouve que Zaz chante comme une chèvre, c’est tout. Et pour avoir écouté d’autres titres de son album, je suis désolée, je préfère encore écouter Cœur de Pirate (qui a aussi une voix qui m’agace, mais qui a l’avantage de chanter des bonnes chansons).
    @Jess : c’est le propre des soirées de gala. On s’y fait chier. Et puis il n’y a plus les manifs d’intermittents du spectacle pour apporter un poil d’ambiance. J’ai beaucoup aimé aussi quand quelqu’un dans le public a balancé une vanne sur Philippe Val. De toutes façons, hier soir, Marie Drucker était en forme. Certainement qu’elle va mettre son oncle à l’amende.

  • Avatar de
    Mademoiselle H

    laisse lui le temps de se faire son propre répertoire c’est avec le temps qu’on se bonifie ! (j’adore ce mot )

  • http://www.youtube.com/watch?v=qp7t5ZW9fm4
    T’es sûre, ma Chieuse ? T’es VRAIMENT sûre ?

  • Avatar de
    Mademoiselle H

    OUIIIIIIIIIIIIIIIIIII (sure de quoi ? )

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