Présentation de l’éditeur : Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’ailleurs en tant qu’échec et y trouvant même une certaine paix : l’absence de lutte, enfin.
« Savoir s’accepter » devient l’un de ses mots d’ordre… À force de solitude, il finit par converser avec son GPS au long de ses pérégrinations de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri. Il tombe amoureux de cette voix désincarnée, lui imaginant même une personnalité, et les dialogues engagés avec elle partagent le lecteur entre le rire et la compassion.
Le drame essentiel réside pourtant dans la relation avec son père, dont il découvre en lisant son journal qu’il était homosexuel et l’a conçu, lui, Max, par accident pourrait-on dire. Mais il va tout de même essayer de se réconcilier avec ce père et même, de lui faire retrouver son ami de cœur, l’extraordinaire Roger S. Un échec là encore, mais l’échec est l’un des ressorts du comique…
Jonathan Coe renoue ici avec la veine comique tout en gardant la même complexité, la même précision, la même habileté que dans ses livres précédents. Tout à la fois drôle, bien construit et situé à la pointe du contemporain, le roman procède par mélange de genres, suite d’échos, de souvenirs récurrents, de parallèles, de rappels, pour tenter de cerner la grande interrogation : jusqu’à quel point la vie peut être considérée comme une fiction ?
Mon avis :
Il y a un peu de tout dans ce livre plein d’humour mais aussi de mélancolie, satire sociale douce-amère avec ce zeste d’insolence qui caractérise Jonathan Coe. Voici un touchant portrait de raté ou plutôt celui d’un homme qui a cette caractéristique somme toute assez répandue d’être réfractaire au bonheur. Mister Sim n’est pas un anti-héros, c’est finalement un homme ordinaire qui traverse une sale période dans son existence et qui la traverse seule. Les amis sont légion sur Facebook mais dans la vraie vie…
D’habitude, à cet instant, un écrivain cueille ce type de personnage abattu pour le conduire à travers quelque road movie dans une quête initiatique d’où il reviendra plus riche moralement. Hélas ! Mister Sim n’aura pas droit à ce même traitement et c’est, finalement, ce qui fait la drôlerie de ce livre. Conduit par la voix féminine et dangereusement sensuelle de son GPS, Mister Slim s’enfonce dans l’ultramoderne solitude et les souvenirs.
L’écriture est fluide et la structure du livre est telle qu’elle nous tient en haleine jusqu’à la fin. Du bon Jonathan Coe, un grand écrivain.
posté le 18/02/2011 | 456 vues | aucun commentaire | tags: la vie très privée de mr sim Jonathan Coe alexandrina bouquin
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