Article sélectionné par Laurie lors de sa semaine de rédac’ chef !
“Tu n’as pas l’ombre d’un cÅ“ur.” Non, c’est vrai, je n’ai pas de cÅ“ur, je suis incapable de ressentir la moindre douleur. Je croyais… J’ai rien vécu, je fais un peu pitié. Je suis morte un peu plus chaque jour depuis qu’il est mort. Ô, je m’en remettrai, elle s’en est remise elle…
Je croyais être invincible, entourée d’une barrière invisible mais infranchissable. Tout glissait sur moi, pas de douleur, celle que j’avais ressentie était trop immense pour être remplaçable. Je m’étais promis de ne pas aimer, de ne pas me laisser approcher, j’ai fait croire au désintéressement total. Je ne voulais pas être blessée, ou susceptible de l’être. J’ai vécu huit ans de ma vie par procuration, juste spectatrice de quelque chose qui ne semblait pas m’appartenir, un corps, là , mal fichu, trop bien foutu, au choix.
Puis, j’ai rencontré quelqu’un, et tout a basculé. C’est souvent ce qu’on dit non ? Un an et demi, à courir jusqu’à en mourir une seconde fois, à découvrir comment rire. Oui, j’ai commencé à aimer la vie pour lui, j’ai mis du temps, je me suis accrochée, si fort, qu’il a cédé. Et maintenant, je mange les conséquences…
Mais je me réjouis de ce qui m’est donné aux dépends de ceux à qui on retire tout, peu importe si après je souffre, puisque bien incapable de subir le malheur des uns (je suis un robot). Je n’ai pas de cÅ“ur, je n’en ai plus, et la magie n’opère pas. Je n’ai pas de bonne fée, je crée mes sentiments. Si je traîne, c’est pas ma vie. On juge, on enfonce le couteau dans une plaie déjà béante. Je suis vide, de tout. On crache du venin sur mon dos, parce que j’ai pris quelqu’un à quelqu’un. Mais c’est toujours comme ça n’est-ce pas ? On passe toujours après un(e) autre.
Mais, moi, je suis frêle, fade, sans envergure, c’est ce qui me construit. Pourquoi je suis là , où je vais, ce que je vis… Je recherche la perfection, en toute chose que je fais. Mais je n’éprouve rien. Je ne suis pas à plaindre, non, je me retrouve dans mes “anti-sentiments” et ça sonne creux quand on frappe sur moi.
Je suis la proie d’une jalousie malsaine, sans fondement, toujours plus violente, virulente. Je croule sous des insultes sans fondement, parce que j’ai osé partager des sentiments, je me suis ouverte, et pas que les veines, j’ai découvert cet organe vital, pompe, vieil instrument, qui était là , poussiéreux en attendant que quelqu’un l’anime.
J’ai vu les premières fois s’esquisser, le secret se former, ne pas pouvoir dire avec qui je suis, jamais, j’assume, je vis, enfin, c’est important, je livre, délivre, je décide, chaque mot que je dis est calculé, je ne pense rien, je dévie. Je balbutie des excuses pour celle qui n’en mérite même pas, j’ai pas choisi… La douleur. Je compte les jours, je sais, c’est mal, ou peut-être non, je nous conforte dans notre bonheur sans jamais vraiment savoir. Quelques jours, ou plus, je n’en sais rien, si c’était avant, si c’était après, quand c’est apparu, comment j’ai reçu ce cÅ“ur.
Dans le noir, le terrible noir, qui écorche, les nuits longues, sans paroles, et son souffle, inouï son souffle, chaud, bouillant, bouillonnant de mots tendres qui restent enfouis dans le silence. À présent, je ne suffoque plus, j’ai repris possession de ma tête, de mes membres, je suis pleinement consciente de ce que j’offre, ce que je dis, ce que je livre… J’ai choisi… La vie.
(cc) Nanimo
posté le 08/02/2011 | 861 vues | 3 commentaires | tags: silences mensonges histoire d'amour sentiments chat Ego trip
J’ai pas l’habitude de dire deux fois la même chose, mais c’est peut-être parce que j’aime encore plus cet article que la première fois où je l’ai lu… Comme le bon vin, il a mûri avec l’âge…
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
J’aime beaucoup. C’est écrit simplement avec beaucoup de sincérité, c’est chouette. Merci ChaT !