Une Ferrari sur un circuit. Un tour, puis deux. Trois. Le moteur s’arrête, alors que je m’attendais à la voir passer encore une fois. Le générique commence, et j’ai déjà des frissons. Peut-être parce que je n’étais pas allée au cinéma depuis (trop) longtemps, peut-être à cause du vrombissement de la Ferrari. Je crois plutôt à un mélange d’excitation et de peur.
Excitation de retrouver Sofia Coppola, peur qu’elle me déçoive cette fois. J’ai rapidement compris que cela n’arriverait pas. J’ai aimé ces plans qui s’étirent, ces longs travellings; en avant, en arrière. Ces longues scènes où il ne se passe pas grand chose, où l’on ne se dit pas grand chose. Même si cette fois le personnage principal est un homme, même si je pouvais difficilement m’y retrouver, n’étant ni un superbe acteur,
(car il est superbe, que ce soit dit, même s’il n’est pas très grand, je vous l’accorde, même si ses tee-shirts sont un peu fatigués, même s’il porte d’improbables chaussures montantes non identifiées, même si même si même si… il est incroyablement sexy)
(et ce n’est pas uniquement pour cette raison que j’ai aimé le film, que ce soit dit aussi)
à la vie dissoute par les cachets, l’alcool et le sexe,
(sans blague)
ni une fille de star.
(pardon papa)
Alors bien sûr, certains trouveront le film long, ennuyeux. Peut-être même sans intérêt puisque la tournure que prendront les événements se laisse aisément deviner. Mais qu’importe la fin de l’histoire, il ne s’agit pas d’un polar. C’est le récit qui importe, la maturation du héros. Les phases successives de son étourdissement, de son écÅ“urement, de son réveil progressif. Sans éclat aucun. Et le cinéma, toujours. Un regard, une cigarette à la fenêtre, une partie de ping-pong, un jeu de mime au fond de la piscine, le magnifique travelling qui suit… Des bruitages fins et précis, une bande originale adéquate (comme d’habitude).
Une photo superbe. Los Angeles magnétique et en même temps bien réelle. Esthétique sans être esthétisant. Paris ne m’aura jamais paru aussi froid qu’en sortant du cinéma ce soir.
posté le 19/01/2011 | 754 vues | aucun commentaire | tags: Sofia Coppola somewhere ciné critique film
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