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What’s going on Storia’s ears #10 : Jamie, come on !

Certains soirs, on se dit que la pire connerie qu’on ait faite est d’avoir trahi l’homme qu’on aimait. Surtout quand celui-ci ne vous trahira jamais. C’est sur cette constatation que je commente ici le très joli cadeau de Noël que m’a offert Tiny : le concert de Jamie Cullum ce jeudi 16 décembre au Zénith de Paris.

What’s going on Storia’s ears #10 : Jamie, come on !Il faisait froid, il neigeait même depuis le début de ce mois de décembre 2010. Paris était un peu paralysé et il ne faisait pas bon mettre son nez dehors. Comme par magie, ce soir-là, il ne fit que de la pluie, ce qui permit à Tiny de venir de sa lointaine province jusqu’à la capitale. Nous voici réunis encore une fois pour partager notre passion commune, le jazz, avec en tête d’affiche le petit génie foutraque du jazz-pop anglais.

19h10, nous voici devant la Cité de la Musique. Malgré la clémence du temps, il faisait toujours aussi froid. Nous marchons donc bien vite vers le Zénith, où une petite foule se dirigeait déjà. Une fois les barrières traversées, nous nous dirigeons vers la fosse, pas encore remplie, mais déjà envahie par des grandes statures, chose qui nous arrange ni l’un ni l’autre. Nous examinons le public : il est très hétéroclite, mais une constante demeure. La fosse est envahie par les demoiselles en mode fan de et les trentenaires avertis, tandis que les sièges sont occupés par les amateurs de jazz plus matures. Après le partage du kougelhopf que Tiny voulut communautaire, les lumières se sont éteintes…

20 h. Une demoiselle s’avance timidement sur scène, accompagnée d’un percussionniste et d’un guitariste. Elle s’appelle Lauren Pritcher, a une très jolie voix brisée telle que j’ai l’habitude d’entendre dans la folk ces dernières années (c’est-à-dire mâtinée d’une couleur soul blanche, telle qu’on pourrait par exemple entendre chez Fiona Apple). Le truc étant qu’elle fait du folk à la sauce FM américain (c’est-à-dire quand même calibré pop), on peut considérer qu’elle fait le boulot, mais je ne sais pas si elle peut toucher un public français plus que cela. À noter une belle reprise de Waterfalls de TLC qui a bien plu au public.

21h. Voici la star. Jamie Cullum déboule sur scène après ses musiciens. Et déjà, le concert prend une autre tournure. Durant deux heures, il enchaîne sans broncher ses tubes, ses très bonnes reprises (Please don’t stop the music de Rihanna et l’inclassable High & dry de Radiohead, où il pousse la perf jusqu’à faire un chœur polyphonique avec les 5.000 personnes présentes et que ce soit à peu près bien placé…) et ses tubes de Noël. Normal, donc, pour un mec qui se réclame des grands crooners américains de délirer avec un sapin de Noël venu du ciel en reprend Let it snow… de Dean Martin (au passage, mon chant de Noël préféré avec Silver bells dudit Dino).

Parmi les très bons musiciens qui l’ont accompagné sur scène, se trouvait son frère Ben, guitariste doté d’une très jolie voix de choriste soul. Le présentant comme son mentor musical, il lui laisse un peu de place à l’avant de la scène le temps de deux ou trois morceaux. Il rejoint ensuite le commun des musiciens à la guitare plutôt funk. Bref, une plaisante photo de famille qui a apporté un petit plus au concert.

À l’image de ce que pourrait faire les crooners américains de sa génération, Jamie Cullum est un showman complet qui ne limite pas son répertoire au swing, mais qui le mâtine avec la pop, le funk, la soul et parfois même des petites incursions dans l’afro-cubain. La différence se plaçant essentiellement dans le jeu de scène (à base d’ascensions de piano et de headbangs)… Son côté anglais, sans doute. Il n’a donc pas le côté gnangnan d’un Michael Bublé, sans pour autant avoir le côté destroy d’un Pete Doherty auquel il ressemble étrangement (oui, bon, sans les bubons et la coke dans le nez…). Il me rappelle un peu le pianiste anglais Nick Cowley, que j’ai eu le bonheur de découvrir en deuxième partie du concert d’André Manoukian.

Mais surtout, Jamie Cullum est un artiste généreux. Ce qui est très très rare pour un artiste anglais. Il sait que la fidélisation de son public ne passe pas seulement par sa musique, mais aussi par un véritable échange avec lui. À base de blagounettes (même si le public n’est pas forcément anglophone, il apprécie tout de même) et de clap your hands, il suscite une interaction chez le public, qui de fait s’approprie ses mélodies.

En sortant du Zénith, je n’ai su dire que deux mots à Tiny : exceptionnel et merci. Car il me manquait dans cette année 2010 un p*** de concert de showman pour me sentir accomplie dans mes oreilles avides. Et Jamie Cullum a clairement rempli le cahier des charges. Merci Jamie, merci Tiny, merci Ladies, et rendez-vous en 2011 pour de nouvelles sensations musicales…

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