Comme on l’apprend en primaire, il y a 5 sens, la vue, l’ouĂŻe, le toucher, le goĂ»t et… L’odorat. C’est de ce dernier dont je vais parler. Puisqu’il est important pour moi. J’y pensais tout Ă l’heure en m’Ă©talant gĂ©nĂ©reusement de la crème sur mes mains dessĂ©chĂ©es par le froid. Parce que l’odeur de ce dĂ©licieux tube colorĂ© me rappelle beaucoup de choses. J’ai toujours de la peine Ă finir les produits de beautĂ© dont l’odeur a rythmĂ© de près ou de loin des moments de ma vie que je n’oublierai pas.
D’abord il y a l’enfance, assez rarement pour que cela me touche profondĂ©ment, je ressens les effluves de choses qui m’ont bercĂ©e ; la citronnelle pour les vacances, mais parfois des odeurs beaucoup plus indescriptibles, la lavande mĂ©langĂ©e au muguet, va savoir pourquoi, ou l’odeur plus imperceptible de la chaleur, Ă©touffante et moite qui me ramène Ă l’aĂ©roport Ă l’ĂŽle Maurice, les demi-secondes entre la sortie de l’avion et le couloir de dĂ©barquement, cet instant-lĂ , juste, après on s’habitue, on ne sent plus.
Je suis un dĂ©tecteur Ă odeurs, le pain chaud, le miel, la pluie sur le bĂ©ton après des journĂ©es trop ensoleillĂ©es. Tout, j’imprime chaque bribe de molĂ©cule odorante au creux de mon esprit. L’odeur des caves des maisons de vacances, celle du grenier oĂą on allait enfant. Parfois c’est si furtif, juste une pensĂ©e, “tiens, ça sent ma salle de classe en maternelle, la première fois que j’y ai mis les pieds, Ă´ et lĂ , ça sent Vinça, le liège, les soldats de bois. Ces odeurs apparaissent peu, et j’aime les saisir au vol, parfois je stoppe toute activitĂ© pour fermer les yeux et respirer pleinement l’essence de mes souvenirs. En ce moment, NoĂ«l les fait revivre…
Puis viennent les temps “contemporains”, ceux que je vis maintenant… Ce tube de crème par exemple ( celui du dĂ©but ), me rappellera toujours le 1er de l’an 2010, pour des choses prĂ©cises, la première soirĂ©e avec quelqu’un, l’après-soleil Biafine synonyme des USA. Mais ces odeurs sont trop rĂ©centes, elles ne me plongent pas dans un Ă©tat euphorique quand je les sens, mais je peux dĂ©crire point par point les moments que j’ai passĂ©s avec ces odeurs. Je peux dire quand m’apparaĂ®t un parfum, pourquoi la cannelle me fait rougir et pourquoi l’Ă©lixir me lève le cĹ“ur. Mais ce n’est pas encore au rang des souvenirs, et peut-ĂŞtre que dans dix ans je me dĂ©lecterai pareil, d’une essence qui me montera au nez, Ă la tĂŞte.
Je vis des odeurs, avec les odeurs. C’est tracĂ© comme ça, je suis perdue sans odorat, parce que chaque repère de ma vie est une senteur. Les fleurs, le maĂŻs, l’essence, la colle, la tĂ©rĂ©benthine, la BĂ©tadine, la Biafine, les roses, les pastels, la peinture Ă l’huile, le musc, la vanille, les gaz d’Ă©chappement des bateaux moteurs, le sable, le coquillage humide, la paille, le raphia, la maison dans les bois, la pluie dans les pissenlits, les cerises et fraises des bois, la meringue au jasmin, le purin, le feu, la poussière, tout sent, tout m’exalte, tout m’entoure, m’enveloppe, me caresse, m’agresse parfois…
(cc) minato
posté le 20/12/2010 | 813 vues | 1 commentaire | tags: odeur experience souvenir chat Ego trip
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