Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

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theabiadventures

The Abi Adventures Show a testĂ© pour vous…

Article sélectionné par Cécile-n lors de sa semaine de rédaction en chef 

… Se faire jeter du pub un Samedi soir. Pour la toute 1ère fois de nos vies à tous, nous sommes parvenus, hier soir, à nous faire éjecter d’un pub AUSTRALIEN ! La raison : l’état quelque peu proche du coma de certains des convives. Soit. Faut l’admettre, certains British/Aussies de l’assemblée transpiraient la bière plus que la fraîcheur… NÉANMOINS, pour mémoire, c’est à Sydney que l’histoire se déroule… Et au pub… J’entends par là pas dans une de ces guitounes branchées snobinardes de l’Ouest Parisien.

drinking.jpgNous sommes Samedi soir. L’ami D. entend fêter dignement son changement de dizaine, et pour ce faire, il s’est muni d’un bunch d’amis du monde, tous prêts à faire de leur mieux pour que la trentaine approchant du Birthday Boy se fasse mémorable. Pour le Japon, il y a Hiromi. Jimmy pour la Corée du Sud, Kristy pour le Royaume-Uni, Kristin pour les États-Unis, Luis pour le Mexique, Olaf pour la Suède, Vicky pour les Philippines, et pis moi, hein, pour la France. Pour représenter la mixité australienne, nous avons, pèle-mêle, de l’ABC (Australian Born Chinese), de l’ABK (Australian Born Korean), de l’ABM (Australian Born Malaysian) et pis évidemment, un peu de ABA (Australian Born Australian) quand même, parce qu’il faut bien respecter certains quotas…

La soirée s’annonce donc haute en couleurs… Chacun de nous a amené (un cadeau, oui, on est pas des chiens quand même) sa meilleure humeur… Et pour la plupart, et même si l’adage « Eating is Cheating » est international, nous avons même dîné, histoire de préparer nos cloisons intestinales aux festivités à suivre. En gros, on est méchamment civilisés et prêts à tous les sacrifices pour festoyer dans la dignité… So far… So good… Oui mais…

Alors que chacun socialise à sa façon, que le groupe se soude en occupant 1/4 du courtyard du OAKS (là où tout arrive), que les verres échangent (et se font offrir… merci les gars), la sanction, sans préambule, sans crier « GARE » tombe : il nous faut avoir amabilité de bien vouloir dégager nos culs du passage, et pis d’ailleurs aussi du non passage, enfin si on pouvait dégager du courtyard, même de l’entièreté du pub, ce serait mais alors, « ultra sympa »…

WTF ? Consternation parmi les convives. Du jamais vu. On rigole. On se dit que vraiment, l’humour de videurs, ca en jette grave… Et pis soudainement on s’inquiète un chouïa. Parce que le videur à cravate, lui, ne rigole pas. Il n’est pas menaçant pourtant, nan. Il est juste sérieux. Et ça le rend flippant ta mère, t’as pas idée je te jure. Le videur il dit sur un ton monotone que « Lui, lui, et pis lui, ils en ont eu assez, des bubulles de bière… Qu’il est temps de partir »…

Certes. La décence m’empêchant de prendre des photos, il est vrai que je n’ai rien qui puisse illustrer proprement la situation mais ma bonne foi se doit d’admettre qu’effectivement, « lui, lui et pis lui » étaient, comment dire, « très proches du coma » (dixit Kool Shen, dans son ode aux produits naturels trop souvent négligés, Pass Pass le Oinj… : y’a du monde sur la corde à linge… Alors… ») Alors oui, c’est vrai, ces trois-là sentaient déjà un peu les Urgences…

…oui MAIS… Etaient-ils bruyants ? Nan… Un presque mort ne fait generalement pas grand bruit… Semaient-ils le trouble ? Nan… Un presque mort ne fait généralement pas grand mouvement… Dégradaient-ils quoique ce soit ? Nan… Un presque mort n’a généralement même plus la force de vomir… Etaient-ils responsables de tout ca ? Nan…Ils étaient British/Australian… Donc juste couleurs locales… Alors franchement, 3 mecs cuvant leurs bières sous un arbre, au milieu d’un groupe au capital sympathie insolent, entourés de moins bourrés mais plus bruyants qu’eux, était-ce SI problématique ?? Franchement ??

Nan, FRANCHEMENT ? Ils auraient gerbé sur les tables, pissé dans les buissons, tripoté les jupes courtes environnant… Oui, ok… Peut-être que j’aurais un peu compris pourquoi que les messieurs à la cravate tiraient la gueule… Mais la, hein… Il est où le problème, en vrai ??? C’est quoi l’urgence de les éjecter ? C’est quoi l’excuse ?? Que peut-être ils vont vraiment parvenir à l’atteindre, le coma, et mourir là, sur leur chaise, sous les yeux et la responsabilité du tavernier ???

N’importe nawak… Enfin si, hein… Je veux dire… Oui, ils auraient pu mourir là, comme ça, effectivement… Mais franchement, aurait-ce été si pire ? Moi, je les connaissais à peine, donc j’étais plutôt pour les laisser là. Néanmoins, et parce que j’étais moi-même assez sobre pour comprendre les inquiétudes des videurs, en bonne gentlewoman que je suis, j’ai évidemment proposé de suite mon aide pour déplacer les corps si mort devait survenir…

Y’avait pas loin à faire, le trottoir n’était qu’à quelques mètres… « Quelques mètres et ton problème n’en est plus un, mec !  J’aide avec plaisir… Et je témoignerai du fait que non non, ces gars sortaient pas de chez vous » que j’ai tenté de dealer avec l’homme à la cravate… (oui parce qu’il s’avère que le courtyard était pour le coup plutôt sympa, que j’avais réussi à trouver un spot vachement stratégique et un voisin de table qui payait mes coupes de sparkling wine alors bouger de là c’était juste pas envisageable…Tu vois bien…)

Rien n’y a fait. Le videur a souri, vite fait… A fini par me dire que j’aurais dû étudier le droit… (les grands esprits se rencontrent, c’est dorénavant prouvé) J’ai salué sa perspicacité… Ai tourné les talons… Et suis partie à la pêche à mon voisin de table, histoire d’être sure qu’il nous suivrait jusqu’à la prochaine destination (et continuerait à payer mes verres… QUOI??? Ne me juge pas hein… Je suis pas une profiteuse ou quoique ce soit… Je suis juste une jeune femme qui lutte chaque jour pour son indépendance, sa liberté… Et son voyage à Bali de dans 4 mois…)

Alors, et courbés sous le poids de l’échec de nos tentatives de conciliation avec les cravates-boys, les camarades et moi-même avons finalement repris nos esprits et decidé de prendre la route… Pas pour l’aventure, hein… Parce que des sensations fortes on en avait eu assez… Nan… On a pris la route vers la voix de la raison… On a ecouté cette petite voix… Celle qui te murmure du bon sens à l’oreille, quand la nuit est déjà bien entamée (et que toi aussi)…

… Alors très naturellement, nous avons décidé de trouver refuge là où tout est simple et naturel… Là où la vie est plus belle… Là où tout le monde croit que j’ai 23 ans… Là où les gens saouls ont droit d’échouage… Là où il n’y a pas d’heure pour s’égosiller sur une reprise massacrée de Bon Jovi… Là où Everybody Knows Your Name… Crowie… We love you…

(cc) mugley

 

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