Article sélectionné par Mimi lors de sa semaine de rédaction en chef
“Mais t’es complètement folle !!” VoilĂ ce que me rĂ©pondent gĂ©nĂ©ralement mes amies quand je leur raconte Ă quoi j’occupe mes congĂ©s. Mes vacances de l’hiver 2010 n’ont pas fait d’exception. Faut dire que j’ai fait fort : un trek Ă ski hors-piste en Laponie finlandaise, au nord du nord, avec une copine finlandaise, Piia, encore plus dingue que moi, et sa chienne. En groupe rĂ©duit, donc. Un truc de warriors.
Piia est une athlète survitaminĂ©e comparĂ©e Ă moi. C’est bien simple, j’ai passĂ© 8 jours Ă faire le maillon faible, une Ă©cole de la modestie. On a beau dire qu’il n’y a pas que la taille qui compte… Piia fait plus d’1,80 m et moi 1,56 m. Elle a les Ă©paules carrĂ©es et le ventre tout musclĂ©. Moi, je suis plutĂ´t taillĂ©e comme une Polly Pocket. Une qui aurait le cuissot ferme, mais de la crème fraĂ®che gĂ©lifiĂ©e Ă la place des bras, pour ne parler pudiquement que de cette partie de mon corps. Quand nous faisons du shopping de vĂŞtements (de randonnĂ©e) ensemble, les vendeuses l’envoient au rayon homme pendant qu’elles m’envoient au rayon enfant. C’est dire nos diffĂ©rences de physique.
J’ai rencontrĂ© Piia en Laponie finlandaise l’Ă©tĂ© 2008 et un an après nous avons fait le tour du Mont-Blanc ensemble. Elle m’a alors proposĂ© de venir taquiner mes limites physiques lors d’un trek Ă ski en Laponie. Je lui ai rĂ©pondu candidement “Pourquoi pas ?” VoilĂ comment je me suis embarquĂ©e dans ce trek.
La Laponie, c’est la rĂ©gion tout au nord de l’Eurasie. Elle s’Ă©tend sur le nord de la Norvège, le nord de la Suède, le nord de la Finlande et le nord de la Russie. Originairement, la plupart des gens qui vivaient lĂ Ă©taient des nomades et Ă©levaient des rennes. On les a appelĂ©s “lapons”, ce qui n’Ă©tait pas très gentil, parce qu’en suĂ©dois, cela dĂ©rive de l’adjectif “dĂ©guenillĂ©”… Mais ce n’Ă©tait pas la première fois que l’homme occidental se permettait de juger une diffĂ©rence chez une autre civilisation.
Si on veut rester correct, on dit donc “sami” et pas “lapon”. Pour la Laponie en revanche, y a pas (encore) d’autre mot, ce qui induit un peu en erreur et grave surtout dans le marbre le mĂ©pris des occidentaux pour les peuples nomades de ces contrĂ©es inhospitalières. La ville la plus connue de Laponie est apparemment Rovaniemi : le village du père NoĂ«l et aussi l’endroit oĂą le cercle polaire arctique passe. Le coin oĂą nous sommes allĂ©es est Ă plus de 400 km au nord de cette ville. VoilĂ pour le chapitre informatif.
J’ai longtemps pensé qu’il Ă©tait impossible de raconter assez bien pour que les gens ressentent ce que j’ai ressenti. Et pourtant… Si vous enfilez une polaire et allez lire cela dans le congĂ©lateur ou la chambre froide la plus proche, de prĂ©fĂ©rence en emmenant un ventilateur dans l’aventure, vous devriez ĂŞtre capable de vous sentir Ă fond dans le sujet !
Pour ce trek, nous avons utilisĂ© du matĂ©riel qui pouvait paraĂ®tre lourdingue de prime-abord mais s’est assez rapidement rĂ©vĂ©lĂ© indispensable. Des skis de 2,30 m pour moi (ceux de Piia faisaient 2,80m), dĂ©sespĂ©rĂ©ment lourds car en bois (le plastique ou la fibre se cassent dans de telles conditions climatiques), avec une fixation qui se coince toujours partout sauf sur la semelle des chaussures, et ce dans le mauvais sens. Fixation en mĂ©tal bien entendu, comme ça si vous la touchez Ă mains nues (fixer un truc Ă la prĂ©cision quasi-nanomĂ©trique Ă la moufle, ça va bien deux minutes), le contact vous congèle instantanĂ©ment la main. Bref, des skis old-school, parce qu’on n’a pas encore fait mieux pour le coin.
Les chaussures : des bottes de caoutchouc Ă©paisses, doublĂ©es de feutre, Ă©tanches et enfilĂ©es par-dessus deux paires de chaussettes. Un traĂ®neau de 50 kg Ă tirer sur du plat, en montant mais Ă©galement en descendant, avec un harnais rigide Ă dĂ©foncer les hanches et contenant nĂ©anmoins les bricoles indispensables Ă la survie : matelas, peau de renne, sac de couchage, vĂŞtements en duvet pour les rares pauses, pyjama en polaire (top glamour), collection de chaussettes et de gants, de bonnets, pelles pour dĂ©gager cette saletĂ© de neige qui se colle partout par mètres cubes et… quelques quintaux de nourriture lyophilisĂ©e, des bonbons et du chocolat. VoilĂ pour le matĂ©riel.
Nous avons donc skiĂ© pendant 8 jours avec des skis longs et lourds, en tirant chacune notre traĂ®neau, sur un trajet de 80 km environ. Ce qui fait 10 km par jour si vous comptez bien. A peu près tous les soirs, nous avons dormi dans des petits chalets, du doux nom de Autiotuppa (qui se lit a-ou-tiiio-tou-pp-a et se traduit en anglais par ”open hut”). Ouvertes Ă tout le monde (mais faut le vouloir pour aller crapahuter jusqu’à leur porte), confortables (par rapport Ă un dehors clairement hostile) et pourvues d’un poĂŞle Ă bois et d’une gazinière pour faire cuire les repas (et ça c’est la classe parce qu’il n’y a pas besoin d’emmener de rĂ©chaud, ni de paniquer s’il ne fonctionne plus). La journĂ©e typique : levĂ©es Ă 7h, rangement des affaires, prĂ©paration du dĂ©jeuner dans de grands thermos et petit dĂ©jeuner, dĂ©part vers 8h et arrivĂ©e vers 14 h. Allumage du poĂŞle, dĂ©jeuner dans le chalet, puis coupage de bois, et recherche d’eau (liquide), dĂ®ner Ă 18h et dodo Ă 19, dès qu’on pouvait en fait. Finalement, rester immobile et avoir chaud quand mĂŞme devient vite un luxe rare, mĂŞme sous abri.
Concernant le travail “domestique” (parce que si vous avez bien compris, il ne faut pas croire qu’une fois le ski fini je pouvais me la couler douce dans le chalet) :
- La corvĂ©e d’eau a des inconvĂ©nients mais Ă©galement quelques avantages :
Il faut percer la couche de glace du lac le plus proche. On s’aperçoit Ă cette occasion et non sans stupeur qu’il y a de 50 cm Ă 1 m de glace. Du coup, petite danse de fanfaronnade dessus pour se persuader que ça peut pas casser sous 50 lamentables petits kilos de graisse, peau, muscles et os plus les 3 kilos de vĂŞtements.
Le cotĂ© pĂ©nible, c’est que percer la glace est vraiment physique, malgrĂ© l’outil de la mort mis Ă disposition : un KaĂŻra. C’est une sorte de grosse perceuse manuelle qui commence par deux lames de rasoir, continue avec une vis sans fin d’un bon mètre et ingĂ©nument dotĂ©e d’une poignĂ©e GIGANTESQUE Ă l’Ă©chelle de mes bras. Pour puiser de l’eau, il faut aller au centre du lac, vu que sur les bords, l’eau est gelĂ©e jusqu’au fond. Dans ce cas, le GPS est bien pratique, sachant qu’il est impossible de savoir ni oĂą le lac commence, ni oĂą il finit, puisque tout est sous cette saletĂ© de neige.
Une fois le seau d’eau fini en futilitĂ©s (boire et faire la cuisine), il faut aller le remplir Ă nouveau pour faire le reste (se laver un peu et faire la vaisselle), donc quitter le chalet et ses confortables 15°C pour aller, après le quart d’heure d’habillement indispensable, dans la “lumière” crĂ©pusculaire et le froid, plonger une tasse dans de l’eau glacĂ©e (Ă supposer bien sĂ»r que le trou ne s’est pas rebouchĂ© entre temps avec de la neige, de la glace, que sais-je encore…)
Le retour Ă ski (forcĂ©ment, sinon Ă pieds, on s’enfonce dans la neige) avec un seau dans une main et Ă©ventuellement un bâton dans l’autre est Ă©pique, surtout s’il comporte une montĂ©e. Rigolade assurĂ©e.
- La corvĂ©e de bois est gĂ©niale par contre et je dis cela sans ironie aucune (il paraĂ®t que dans mon cas c’est notable) :
GĂ©nĂ©ralement, la Puullaterii (rĂ©serve de bois sec) n’est pas trop loin du chalet et il y a un chemin pour y aller, puisque c’est le mĂŞme que pour les toilettes (pas toujours, mais bon). Qui dit chemin dit qu’on ne va pas se noyer dans la neige molle en tentant de l’atteindre, c’est toute la subtilitĂ©.
Cela fait du bien de cogner sur un truc inerte avec une hache quand on a la haine d’un environnement un poil agressif  (penser Ă Ă©carter les jambes et Ă bien plier les genoux, afin d’Ă©viter la hache au cas oĂą elle loupe la bĂ»che). Cela rĂ©chauffe et fait travailler d’autres muscles. D’ailleurs, si le mouvement est mal fait (et Dieu sait que c’est tentant), les douleurs dans le dos et aux Ă©paules du lendemain permettent d’arrĂŞter de se plaindre du reste pendant au moins 10 bonnes minutes. C’est utile pour avoir du petit bois Ă mettre dans le poĂŞle pendant la nuit ou bien au lever pour se rĂ©chauffer un peu.
Pour ma part, cela m’a donnĂ© une impression durable et gratifiante de travail d’Ă©quipe, mĂŞme si je dĂ©coupe une bĂ»che en 15 minutes, temps qui suffit Ă Piia pour dĂ©biter une demi-stère de bois en allumettes fines, triĂ©es ensuite par essence de bois (elle ne le fait pas, mais elle aurait largement le temps).
Nous avons croisĂ© le premier soir deux vikings bodybuildĂ©s, tout de gore-tex vĂŞtus, qui ont avouĂ© avoir arrĂŞtĂ© la randonnĂ©e Ă ski telle que nous la pratiquions, parce que c’Ă©tait, je cite, “trop physique”. Ils Ă©taient venus en motoneige, le truc qui pollue Ă mort, fait fuir la faune locale et dĂ©truit les pistes. Nous faisions figure d’aventurières Ă leurs yeux avec nos skis et nos pulkas (les traineaux s’appellent des pulkas).Après les avoir entendus plaisanter sur leur dernière rencontre avec un ours du coin, j’avoue que j’ai eu envie de rebrousser chemin, mais bon, j’ai ma fiertĂ©, et puis mon inconscience surtout, qui me poussent Ă faire des tas de trucs, mais lĂ n’est pas le sujet.Par la suite, nous avons rencontrĂ© deux skieurs, en 8 jours (butin social assez maigre hĂ©las), qui faisaient le mĂŞme trajet que nous et avec un peu moins de matĂ©riel (en particulier, ils buvaient de la neige fondue, les amateurs, au lieu d’aller puiser de l’eau fraĂ®che dans les lacs. Pfff, tout se perd). Comme quoi c’est facile de se retrouver seul dans ce monde surpeuplĂ©, il suffit de faire des trucs un peu extrĂŞmes comme aller Ă fond au nord, Ă un endroit oĂą mĂŞme la boussole ne sait plus oĂą aller.
Je n’ai jamais autant tirĂ© sur mon organisme. Par exemple, j’ai eu tellement mal Ă mes muscles en dessous des bras (ceux qui servent Ă planter les bâtons et Ă pousser dessus pour avancer un peu plus) que j’ai cru que mon implant contraceptif Ă©tait sorti !(oui, j’ai un implant contraceptif, le climat ne se prĂŞtant guère Ă la gaudriole, je n’en reste pas moins une femme qui dĂ©teste avoir ses règles, surtout dans un coin oĂą il ne vaut mieux pas ĂŞtre fatiguĂ©e 4 jours de suite). J’en ai pleurĂ© de rage contre cette prosti*bip* de traĂ®neau qui prenait une autre voie que moi en descente et voulait m’entraĂ®ner par le fond pendant que je me dĂ©battais en ski dans la neige molle au milieu d’un massif de bouleaux.
Le seul moment oĂą nous avons marchĂ© et non skiĂ©, j’ai pleurĂ© d’Ă©puisement au Ă©nième pas dans la neige profonde. Tellement profonde, cette neige, que le temps que je m’enfonce dedans (oh, pas si loin, cela s’arrĂŞte juste avant les hanches), j’ai espĂ©rĂ© avec angoisse qu’il y ait un fond solide dessous. Et puis, de toute façon, comment marcher dans un truc mou dont la hauteur interdit de plier le genou ? (Imaginez par exemple un playmobil se dĂ©battant dans un grand saladier de mousse au chocolat bien compacte.) Je suis restĂ©e stupidement incrĂ©dule devant ma montre et ma carte, après un looooooonnnnnng kilomètre parcouru en une heure interminable grâce Ă cette neige de compĂ©tition, sables mouvants glacĂ©s, pâte Ă choux Ă peine cristallisĂ©e.
Chaque fois que j’allais aux toilettes (donc gĂ©nĂ©ralement seule), je parlais tout haut aux Ă©ventuels ours qui seraient sortis de leur hibernation un peu tĂ´t, pour les encourager Ă retourner piquer leur roupillon (”il fait pas beau pour une première sortie”, “non, ne te lève pas, les myrtilles ne sont pas mĂ»res”, “on est le premier avril, toute la toundra va se moquer de toi”, “vraiment en ce moment il y a trop peu de touristes gras Ă croquer, et je te parle mĂŞme pas des lièvres… Que du famĂ©lique.”, etc). Ce qui participait très bien à l’ambiance sereine de vacances.J’ai pleurĂ© de PEUR quand Piia m’a dit “bon ben lĂ c’est extrĂŞmement dangereux, on va skier sur un lac, la glace est fine, alors reste 15 mètres derrière moi au cas oĂą la glace cède et oĂą je tombe dans l’eau, ce sera Ă toi de me sauver”. Avec le recul, j’aurais dĂ» lui demander ce qu’elle entendait exactement par “glace fine”… Nous avons parfois dĂ» percer 1m de glace avant de pouvoir puiser de l’eau liquide. Cependant, dans certains coins, les courants Ă©taient tellement forts que j’aurais bien marchĂ© sur la pointe des skis. Vite et discrètement, histoire de ne pas dĂ©ranger la cristallisation aqueuse.
Nous avions des ice pics autour du cou, ces espèces de bâtons en plastique qui s’emboĂ®tent et sont terminĂ©s par des pointes en mĂ©tal. Comme ça, si vous tombez dans l’eau, vous pouvez grimper le long de la paroi de glace avec ces pics (je me sentais tout Ă fait d’attaque, je n’Ă©tais pas du tout engoncĂ©e dans des tonnes de fringues trop grandes et mes skis Ă©taient super-rapides Ă enlever pour le cas oĂą cette catastrophe m’arrivait). Et alors quant Ă l’idĂ©e d’extirper Piia de l’eau si jamais elle tombait dedans, la dĂ©ception que je risquais de lui coller Ă©tait abyssale.
Mais reprenons. Le reste du temps, les ice pics font un peu comme la carte et la boussole portĂ©es en bandoulière, ils se mettent dans le chemin quand vous vous penchez pour attacher vos skis, vous Ă©tranglent en se coinçant dans le moindre truc et font toute une cacophonie pour orchestre de plage en plastique, histoire de bien vous rappeler qu’ils sont lĂ et le tout de manière ridicule s’il vous plait.
Bon et alors, après 3 petits jours d’adaptation, le ski se passe plutĂ´t bien en fait. Les journĂ©es sont agrĂ©ables quoique longues et physiques, mais cela fait un bien fou de se sentir en forme, les muscles chauds et saillants sous la polaire. Lire la progression sur la carte aide aussi beaucoup moralement ainsi que le fait non nĂ©gligeable d’être Ă plusieurs dans cette galère ces vacances de rĂŞve. L’arrivĂ©e dans les petits chalets qui jalonnent le trajet inonde mon cĹ“ur d’une joie enfantine. Chaque fois que j’aperçois le toit, la cheminĂ©e du poĂŞle, c’est magique. Nous ne distinguons les murs de bois que trop rarement, car ils sont ensevelis sous la neige, c’est donc une rĂ©elle surprise, je n’ai jamais rampĂ© pendant 2 km en voyant un chalet me narguer au loin, ils surgissaient Ă peu près aussi furtivement que les contrĂ´leurs dans le RER.
Les paysages sont dĂ©solĂ©s et blancs de partout. Des arbres noirs tout petits avec des tas de branches inutiles et ridicules, recroquevillĂ©s, tordus et englacĂ©s. Le vent enlève patiemment de la poussière de glace pour sculpter des petites vagues pointues au sommet des collines, dĂ©molit tout et recommence ses petites sculptures sur la colline d’en face. La neige se caparaçonne d’une croĂ»te de glace qui craque dĂ©licieusement sous les skis dans un silence arctique.
Nous skions sur une grosse meringue croustillante Ă l’eau. Deux humaines et une canidĂ©e qui bravent le vent en guettant d’un Ĺ“il les renards, les lagopèdes, les oiseaux… et le printemps (nous sommes quand mĂŞme dĂ©but avril, nous sommes d’ailleurs passĂ©es Ă l’heure d’étĂ© en plein dans une tempĂŞte de neige). Seules Ă suivre laborieusement la piste repĂ©rĂ©e par des poteaux en bois tout frĂŞles et parfois couchĂ©s dans la neige, Ă tracer la voie l’une après l’autre en nous remplissant les yeux de blanc pour les annĂ©es Ă venir.
Des steppes immaculĂ©es se dĂ©tachent en collines chauves et se sĂ©parent en vallĂ©es toutes plates et vierges de toute vĂ©gĂ©tation, pour la bonne et simple raison qu’en dessous, les lacs et les rivières attendent le mois de mai pour couler en surface… Le ciel, quand il est dĂ©gagĂ©, paraĂ®t plus grand et plus bleu qu’ailleurs. Mais il faut avouer que la plupart du temps, il est cachĂ© sous un Ă©pais brouillard blanc ou gris, selon le moment de la journĂ©e. J’ai eu de la chance, je le rĂ©pète, car il a fait beau et mĂŞme assez chaud pour l’endroit et la saison.Le dernier jour fut un enfer, c’est Ă dire bien après que je me sois assez habituĂ©e aux conditions pour apprĂ©cier le trek.
Paradoxalement, il s’est mis Ă faire “vraiment chaud”. C’est Ă dire une tempĂ©rature juste positive. La tempĂ©rature positive a des cotĂ©s apocalyptiques : les skis collent Ă la neige, la neige s’agglutine en dessous, vous vous retrouvez vite Ă marcher, et non plus Ă glisser, avec 10 cm de neige sous chaque ski, bien tassĂ©e, bien lourde. Par ailleurs, la neige molle  (donc la majoritĂ© de la neige prĂ©sente sur place) est encore plus molle et profonde ! MĂŞme avec les skis, vous vous enfoncez jusqu’aux genoux dès que vous quittez la piste. Remarquez, du coup, il devient impossible de quitter la piste et de se perdre, sous peine de crawler comme une perdue dans la neige. MĂŞmes les rennes gambadent sur la piste et se rĂ©tament dans l’allĂ©gresse gĂ©nĂ©rale dès qu’ils posent un sabot dans la neige non-damĂ©e !!Le seul avantage de cette tempĂ©rature, c’est que pendant les montĂ©es, les skis accrochent, donc exceptionnellement, le traĂ®neau ne suggĂ©rera pas de retourner en bas. Ou en tout cas avec moins de succès, puisque les skis tiennent bon.En plus, vu qu’il fait moins froid, en cas d’envie pressante, vous y allez sans problème, mĂŞme pas froid Ă mon anatomie, d’abord !Le problème de la neige qui colle, Piia le rĂ©sout en fartant les skis Ă la silicone. Cela glisse comme du roulement Ă billes. Les descentes deviennent vertigineuses, mais le plat et les montĂ©es un peu plus faciles, on ne peut pas tout avoir…
Nous arrivons finalement au bout de notre trek Ă ski Ă la frontière Norvège-Finlande, une zone oĂą il y a moins de 1 habitant au kilomètre carrĂ©. Je ne peux pas dire que je ne les comprends pas entièrement, mais d’un autre cotĂ©, si je me suis habituĂ©e en quelques jours au point de vouloir y retourner, c’est que : 1) les paysages en valent certainement la peine et 2) s’habituer en quelques jours est plus rentable pour un sĂ©jour de quelques annĂ©es que pour des vacances de deux semaines.J’ai tellement pris ma claque pendant ce trek dans la neige que j’ai dĂ©cidĂ© fort tĂ©mĂ©rairement d’y retourner l’Ă©tĂ© suivant, persuadĂ©e que ce serait plus simple d’avancer Ă pieds l’Ă©tĂ© et que ma revanche sur cet environnement n’en serait que plus facile…
(cc) jenny downing
posté le 28/11/2010 | 1234 vues | 7 commentaires | tags: finlande yalena aventure ski neige sport Ailleurs vacances | 3 ont aimé
Quelle aventurière et dans tout ça vous avez vu le père Noel! Je rigole bien sûr!
Je n’ai qu’une chose a dire: Waaaah. MĂŞme sans congelo, ni ventilo, j’avais l’impression d’y ĂŞtre. Chapeau pour le treck! … et pour ton article!!!
” un playmobil se dĂ©battant dans un grand saladier de mousse au chocolat bien compacte ” mdr
Je me reconnais beaucoup dans ton inconscience, je me souviens de ma première rando oĂą avec une amie, on n’avait pas très bien calculĂ©e le timing. Bilan : trajet retour fait pendant la tombĂ©e de la nuit, sur un itinĂ©raire rocailleux entre pins et sangliers.
Et on n’avait pas de lampe !
Moi je suis inconsciente, pas Piia. Je pense qu’elle planifie mĂŞme ses envies de pisser sur une semaine, en balisant le trajet :-)
Les risques Ă©taient rĂ©els, mais nous Ă©tions très bien Ă©quipĂ©es. Je pense que la prĂ©paration du trek nous a pris 4 fois plus de temps que le trek lui-mĂŞme, en rĂ©unissant toutes les heures de comparaison de vĂŞtements, d’Ă©laboration de la check-list et de l’itinĂ©raire.
Reste que s’il nous arrivait le moindre truc, sans rĂ©seau et sans personne sur le trajet, c’Ă©tait pliĂ© :-)
Et le pire c’est qu’elle y est retournĂ©e … mon admiration Ă©ternelle Ă Frozen Girl :)
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