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What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendus

Nous arrive-t-il encore de croire à la beauté du monde ? Nous arrive-t-il encore de croire qu’il existe des parenthèses enchantées, même si elles ne durent que trente secondes dans la journée ? Le soleil à travers la fenêtre, le sourire d’un bébé dans le bus, bref, ce qui nous fait dire que, non, le monde n’est pas pourri.

Quelquefois, après une dure journée de travail, je trouve parfois LA chanson qu’il faut pour dégonfler ma tête, me faire du bien, me faire revenir à un état plus serein que je ne l’étais encore il y a 5 minutes. J’appelle ces moments les moments suspendus. J’arrête de voir que je travaille dans une zone industrielle pas glop et j’ouvre mon esprit aux pensées que je crois lire dans les yeux des autres. Si je suis seule chez moi, même en hiver, j’ouvre la fenêtre, je regarde le jardin et je médite sur les volutes que m’offre la musique. Quand je ne suis pas seule chez moi, c’est comme une célébration avec l’autre, je lui offre la joie de l’accueillir chez moi.

Un moment suspendu est donc un moment hors du temps. Il ne se mesure pas, il n’a pas d’impact sur le réel, sinon celui de s’en évader. Mais attention, j’évite tout alcool ou toute chose pouvant agir sur mon cerveau et mon comportement, parce que cela ne doit avoir rien d’artificiel. Juste une évocation, un rêve éveillé, une pensée concrète doit rythmer ce moment.

Voici comment cela se traduit en musique avec 10 titres :

  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusVanessa Paradis, Marilyn & John. Mais attention, pas la version originale, mais la version acoustique que j’ai découverte cet été lors des Solidays. Une version plus mature que l’originale, plus adaptée à la voix trentenaire de Vanessa que la version de 1988. D’un rêve de jeune fille, il devient le conte amer que l’on raconte à sa petite fille, comme pour lui dire L’amour, tu sais, ça a l’air beau, mais c’est triste.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusPaolo Nutini, Chamber music. Avec cette débauche d’accordéon et de flûtiau, cela me ramène à ma terre, ma maison, aux champs de mon enfance. Et je vois des enfants qui me sont chers courir dans les blés et jouer avec toute leur innocence. Forcément, je voudrais que cela ne s’arrête jamais.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusMiles Davis, ‘Round midnight. Dans un tout autre registre, ce moment suspendu se passe idéalement à Paris, la nuit. Soit je me promène sur le Faubourg Saint-Antoine ou sur les quais en observant les lumières de la ville. Soit je suis chez moi et très bien accompagnée…
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusElla Fitzgerald & Louis Armstrong, Summertime. Là, je voudrais saisir un moment de grâce que j’ai vécu avec Loou et Rose H. Nous étions à la soirée Chloé van Paris à la Nouvelle Ève. Nous nous délectons des effeuilleuses présentes. Quand arrive Vicky Butterfly, mon idole burlesque, venue telle un papillon virevolter sur cette musique. Encore une fois, elle m’a mis les larmes aux yeux (même quand j’écris cet article, c’est dire ^^). Encore une fois, elle m’a fait tout oublier…
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusDead can Dance, Rakim. Lorsque j’étais danseuse, ma professeure était absolument fan de ce groupe hors normes, qui pousse l’expérimentation de la sensation musicale à l’extrême. Entre instruments insolites, tambours hypnotiques et voix oniriques qui plairaient tant à Luciamel, chaque morceau interprété par ce duo est un voyage sans cesse renouvelé.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusCarlos Nunez, Feira de mangaio. Parce que son dernier album est une synthèse parfaite des deux cultures musicales qui me tiennent le plus à cœur (les cultures celte et brésilienne).
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusJoao Gilberto, Bim bom. La version live de 1964 à New-York est épurée, simpliste, mais à la manière de ce grand maître de l’épure sophistiquée qu’est l’un des chantres de la bossa nova. Tu le mets avec sa guitare sur scène, et il habite l’espace comme personne. Cette simplicité apparente lui donne une aura capable d’arrêter les aiguilles d’une montre.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusSuzanne Véga, Caramel. L’attente de l’être aimé peut aussi s’avérer comme des pauses dans l’emploi du temps.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusFeist, The park. Un après-midi d’été dans la nature, une sieste à l’ombre d’un chêne sur le ventre de l’être aimé, et l’impression qu’il ne peut exister autre chose sur terre qui mérite d’être vécu.
  • What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendusBob Dylan, Knockin’ on heaven’s door. Car au final, si l’on désire que le temps suspende son vol, ce serait essentiellement pour arriver à l’état de félicité ultime. Celui de ne plus voir le temps s’échapper…

One Response to “What’s going on Storia’s ears #9 : Moments suspendus”

  • J’ai écris un article sur mes idoles et le thème de la danse avant même de lire le tiens sur les moments suspendus que je trouve bien plus réussi ! Rien qu’en le lisant, une certaine douceur s’est installée ici…Merci !

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