La faute à ce mois de Novembre, difficile comme à son habitude.
(le seul point positif, c’est que ce sentiment semble universel, un nombre incalculable d’individus souhaitant purement et simplement éliminer ce mois maudit du calendrier) (enfin, tous sauf ceux dont l’anniversaire tombe en novembre) (quelle angoisse, naître en novembre, quand je réalise à quoi j’ai réchappé j’ai presque envie de croire au Père Noël)
La faute à cette pluie qui est tombée sur Paris dix jours durant.
(avec des intensités différentes, pour varier les plaisirs : pluie+froid, pluie+vent, pluie+froid+vent… comme ça tu peux être humide et gelé, humide avec l’option “gouttes gelées dans ta face”, humide, gouttes gelées dans ta face et parapluie retourné…) (il va sans dire que quelle que soit l’option du jour, tu as le cheveu pluvieux donc frisé, et totalement réfractaire à toute tentative d’amélioration) (pendant dix jours)Â
La faute à ce changement d’heure qui, combiné à la pluie, peut avoir des conséquences désastreuses sur mon horloge interne.
(à quelle heure a-t-on le droit de se mettre en pyjama ? jusqu’à quelle heure peut-on décemment rester en pyjama ?) (est-il normal d’avoir encore envie de regarder Frankie & Johnny/L’impasse/Shakespeare in love en étant pleinement consciente des conséquences pour mes glandes lacrymales?) (a-t-on le droit de prendre un apéro dès que la nuit tombe ou bien est-ce encore l’heure du thé ?) (mes pyjamas ont beau être très chics, cela ne m’aide pas à répondre à ces questions hautement existentielles)
Forte de toutes ces ondes positives, lorsque l’on m’apprit qu’on pouvait faire Paris-Shanghaï (ou Rio, Santiago, les Caraïbes, et pourquoi pas le tour du monde d’ailleurs ?) pour 80 €, j’ai eu comme une envie de fuite.
Le problème, c’est qu’il m’aurait fallu au moins huit semaines de congés pour ces vacances low-cost. Et oui, car c’est bien de voyage en bateau qu’il s’agit, l’économie a un prix (très bonne celle-là , je devrais me reconvertir en publicitaire). Les cargos blindés de containers acceptent aussi des passagers contre une somme modique, à condition de participer aux tâches quotidiennes.
Et là , après m’être rêvée en voyageuse aventureuse et solitaire (Corto Maltese n’était pas très loin), j’avoue avoir été rattrapée par la réalité : éplucher des patates, affronter des tempêtes et être la seule femme à bord (pure imagination de ma part, j’ai imaginé un milieu très macho) pendant trois semaines…
Le tour du monde, ce serait pour une prochaine fois. Que je croyais ! Car finalement j’ai fui. Amérique latine, Philippines, Djibouti, Cambodge, et puis Paris aussi. Sur l’épaule de Bernard Giraudeau. Je me suis retenue de le lire trop vite, c’était tellement beau ; j’étais tellement bien.
Sincère, poétique sans être mièvre, presque lyrique parfois, flamboyant. Un livre qui m’a vraiment bouleversée, et que je relirai certainement, moi qui ne suis habituellement pas encline aux relectures.
(cc) andy in nyc
posté le 21/11/2010 | 517 vues | aucun commentaire | tags: bernard giraudeau exil leshumeursdeviolette Ailleurs voyage Ego trip | une personne a aimé
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