Humeurs

Comment l’esprit vient aux femmes.

Ma semaine de rédaction en chef commence sur les chapeaux de roues : coincée entre la vente de mon appartement parisien et l’incontinence de mes chats qui met en péril ma colocation, je harcèle de coups de téléphone Loou, cette même Loou, dont j’ai vu apparaître la véritable identité (prénom, nom de famille, pointure et signe astrologique) dans ma liste de mails la semaine dernière. Alors que mon ordinateur (mon char à bœufs) au bureau ramait depuis le matin, j’ai du contenir mon impatience jusqu’à mon retour à la maison et me rendre à l’évidence : ma persévérance dans les colonnes du site des filles à la page avait été payante.

Comment l’esprit vient aux femmes.Alors que je végétais depuis plusieurs années à Paris, capitale de mon cœur, dont les rues ont pourtant été les témoins privilégiés de la croissance de mes foulées depuis ma naissance dans les faubourgs, j’ai décidé de changer de vie, de reprendre mes études et de m’expatrier chez les « péquenots ». Contrairement à des oiseaux de mauvaise augure qui pensent que s’éloigner, c’est fuir, j’ai gagné le jackpot. Un vrai amoureux, une super colocataire, si proche et si différente de moi, le temps pour respirer et profiter de la vie de « péquenode », une nouvelle approche de ma PS, le sport scandinave, le retour au plaisir d’apprendre.

C’est comme cela que j’en suis venue à changer de pseudo il y a peu. A l’époque où je m’étais inscrite, il a plus de trois ans, à une époque où même Loou n’était pas née, je n’avais pas vraiment calculé mon coup et je m’étais retrouvée avec un pseudo de sites de rencontres, que je fréquentais assidument à cette époque : Druuna75. Druuna pour la bombesque héroïne de Serpieri dont je lisais en cachette les (més)aventures fantasmagoriques et qui aurait pu être la marraine de notre spécial « Alors, heureuse ? ; et 75, je vous le donne en mille, pour mon département de résidence de l’époque (ça aurait pu être mon année de naissance, mais j’assume parfaitement mes deux années de plus).

J’ai donc décidé d’officialiser mon retour en me rebaptisant. Ça été facile : en 2005, à la sortie de la suite de « L’auberge espagnole », « Les poupées russes » de Klapisch, j’avais particulièrement apprécié, dans la quête de la « femme idéale », l’image des matriochkas, ou матрёшки. Dérivé du prénom féminin russe matriona, traditionnellement associé à une femme russe de la campagne, corpulente et robuste, ces poupées gigognes qu’on démonte une par une pour en trouver une autre de taille inférieure, jusqu’à ce qu’on tombe sur la dernière, la « bonne ». Donc, je suis devenue « La poupée russe », même si je pense qu’on n’arrive jamais vraiment au bout des couches de l’oignon, mais qu’on apprend toujours – sur soi, sur les autres – à chaque étape.

Je ne pense sincèrement pas que je vais révolutionner la fonction de rédactrice en chef. Mais je trouve le moment bien choisi. Née en octobre, femme de l’automne toute en demi-teintes, je vais tenter de VOUS faire plaisir tout en M’éclatant et m’appliquer à vous faire découvrir les grands thèmes qui me tiennent à cœur, tout en saupoudrant de nouveaux textes qui se présenteront dans la semaine :

- la défense du droit à l’avortement, qui m’a valu ma première « Une » sur Ladiesroom, et qui reste un combat de première importance ;
- le monde du travail : petite fourmi des tours de bureaux, je suis fascinée par les relations humaines complexes – ou simplissimes – qui se créent dans l’ambiance feutrée des open space ;
- la psychiatrie, qui, au travers du vécu de ma PS, me concerne énormément.

Mais aussi, des sujets plus légers, avec :

- le Burlesque, sur lequel vous retrouverez, dès aujourd’hui, un article écrit par Storia dans le cadre d’une sortie commune ;
- la lecture et le cinéma, dont je m’applique, avec plus ou moins de réussite, à faire le maximum de revues, parce que ce sont des mondes qui m’ont aidé à certaines périodes à supporter la réalité et que la créativité reste pour moi une des plus belles qualités humaines ;

Et pour finir : LE CUL. Parce que ce n’est pas parce qu’on est casé qu’on n’assume pas son passé et qu’on ne reste pas extrêmement intéressée par les mœurs dépravés des autres ; pour se donner des idées, bien sur !

Pour débuter en beauté cette semaine, j’ai donc décidé de vous présenter un florilège des meilleurs textes des ladiesroomettes qui ont accompagné mon parcours : vous retrouverez avec, j’espère le même plaisir que moi, des figures bien connues (Mayafeels, Storia-avant-son-divorce, Xena, Tévouille), mais aussi Lulita Morales, qui n’a fait qu’un bout de chemin avec nous, ce que je regrette, mais peut-être aura-t-elle un sursaut de motivation, comme moi ; et un ancien pilier, émergé de la naphtaline, mais dont je n’ai à ce jour jamais pu oublier le ton décalé, l’inénarrable Louise.

Bonne lecture à tou(te)s et rendez-vous demain pour une nouvelle programmation, pas piquée des hannetons.

5 Responses to “Comment l’esprit vient aux femmes.”

  • Tout un programme ! Une multitude d’articles à lire ou à relire de toute urgence ! :)

  • Bravo bravo pour cette première bien belle Une pleine d’éclectisme et de sensibilité, cheftaine !

  • J’ai un peu loupé ta semaine de redc chef mais je suis vraiment ravie de te revoir parmi nous !

  • Je suis certaine que tu as bien des choses à faire et à penser, miss. Moi aussi, j’ai pu bichonner mon “bébé” pendant une semaine “fantasque” ;). C’est un beau cadeau que m’a fait l’équipe et c’est vrai que je prends beaucoup de plaisir à apporter ma participation au site en ce moment.
    Bon, on espère que tu prends bien soin de toi dans sa campagne et que tu nous adresseras quelques photos de ton “oeuvre” !

  • Oui surtout que je suis sans emploi, je suis un peu dans une impasse professionnelle en ce moment qui me mine un peu. Tout va bien pour le moment, le petit ou la petite se développe. J’espère retrouver mon inspiration d’ici peu. Inspiration, un peu perdue ces derniers temps et pour cause de recherche d’emploi.

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