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La vie secrète des artistes #5 : Benjamin Danet

Un soir où elle déprimait, en ce début du mois d’octobre 2010, une collègue me propose une sortie au théâtre de Ménilmontant (XXe arrondissement) : Mon argent, ma femme, mais surtout… Moi. Une pièce assez vaudevillesque, mais très fraîche, traitant de manière rigolote les ficelles du pouvoir de l’argent et ses conséquences sur un couple.

La vie secrète des artistes #5 : Benjamin DanetLe pitch : Marc-Édouard Narcisse, PDG d’une grande entreprise de communication fondée par son beau-père, a la personnalité qui va avec son nom : narcissique. Peu lui chaut que la majorité des capitaux lui vienne de son épouse, ou que celle-ci découvre qu’il couche avec la stagiaire un peu blonde sur les bords, ou que le meilleur ami de sa femme, qu’il déteste cordialement, soit obligé de lui prêter l’argent qu’il doit au fisc… Mais à force de mentir à tout le monde pour garantir son pouvoir, Narcisse s’emmêlera les pinceaux et provoquera sa perte.

Je retrouverai dans cette pièce le gros défaut, selon moi, des pièces de vaudeville : l’exagération des traits de caractère des personnages pour accentuer l’effet de comique de situation. Il arrive pourtant, dans certaines pièces, que la psychologie des personnages soit davantage travaillée, comme c’est le cas ici. C’est un plus qui permet de donner un aspect un peu moins grossier et plus affiné à la pièce.

Par chance, ladite collègue est amie avec un des auteurs : Benjamin Danet. L’ayant contacté par mail après la fin des représentations de la pièce au Théâtre de Ménilmontant, j’ai réussi à en faire une petite interview. La voici :

Quel est ton parcours avant de devenir metteur en scène ?

Je tiens à commencer par vous remercier de me recevoir pour cette entrevue. Mon parcours n’est initialement pas tourné vers l’artistique puisque je suis juriste en propriété intellectuelle et j’ai suivi une formation en management et marketing des entreprises en école de commerce. Mais cette formation n’était nécessaire que pour mieux me consacrer à ce que je souhaite devenir depuis mes 13 ans : producteur.

La mise en scène n’est venue que parce que j’avais envie de me confronter à l’exercice pour savoir comment ça se passe et puis j’avais des idées très précises sur « Mon Argent, ma Femme mais surtout Moi ».

T’es-tu toujours imaginé écrire une pièce ? 

Comme je l’ai expliqué précédemment, je souhaite être producteur depuis que j’ai treize ans. A cette époque, je ne pensais pas écrire de spectacles. Mais encore une fois, j’aime me confronter aux différents exercices composant notre métier. L’écriture comme la mise en scène en faisant partie, il semblait logique d’écrire une pièce de théâtre. Mais « Mon Argent, ma Femme mais surtout Moi » n’est pas la première. En 2006, J’avais déjà co-écrit avec Maïka Cordier une pièce de théâtre musical : « Le Bar des Etoiles » nous avions alors inventé la « sitcomédie musicale » qui est un concept qui ne manque pas non plus d’humour.

- Les personnages sont très marqués, soit par un fond de misandrie (la maîtresse), soit de misogynie (le héros). Par conséquent, peut-on dire que la misanthropie a été ton moteur d’écriture ?

Tout comme la pièce précédente « Le Bar des Etoiles », « Mon Argent, ma Femme mais surtout Moi » a été écrite par trois co-auteurs : Justine Norroy, Aurélien Koum-Koupelle et moi-même. Je ne pense pas que la misanthropie fut le moteur de l’écriture du moins cela n’a pas été jusque là. Néanmoins, je pense l’être humain fondamentalement mauvais et je ne crois pas une seule seconde que les gens changent. Chacun a ses travers, ses défauts et puis on a voulu jouer sur certaines mœurs de notre société. Cela étant, même si je pense l’Homme fondamentalement mauvais, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de personnes sympathiques, gentilles…. Au contraire, je pense que beaucoup de gens sont plein de très bonne volonté.

En ce qui concerne la place de la femme, par ailleurs, il faut bien avouer qu’elle n’est pas considérée comme elle le devrait. Il suffit, à titre d’exemple, de regarder les différences de salaires sur un même poste. Elle est clairement écrasée. De même pour la stagiaire. Elle est incarnée par le cliché de la blonde mais là encore, avouons que les entreprises prennent vraiment les stagiaires pour des imbéciles.

Je pense que c’est l’agacement plus que la misanthropie qui a été le moteur d’écriture.

- Comment t’es-tu retrouvé au théâtre de Ménilmontant ?

On s’est retrouvés dans ce théâtre à l’époque du « Bar des Etoiles ». Je recherchais une salle pour présenter ma toute première production et l’ancien directeur du Théâtre m’a permis cette entreprise. Puis les bonnes relations et le bon accueil de la pièce ont fait la suite au point de devenir « partenaire » avec le Théâtre me permettant ainsi de développer mes nouveaux projets.

- N’avais-tu pas l’intention toi-même de jouer dans la pièce ?

Non, pas une seule seconde je n’avais envie de monter sur scène. Il faut savoir ce qu’on est et où est sa place. Déjà je ne suis pas capable de faire le travail des comédiens. Me montrer tous les soirs devant un public est juste impossible d’autant plus que Matyas, Lilka, Géraldine et Valentin sont très bien et font un travail remarquable.

Enfin, je préfère ma place dans l’ombre. Les gens ne savent pas qui je suis et c’est très bien comme ça. Vous savez, cela fait beaucoup pour une seule personne d’être Producteur, auteur, metteur en scène. C’est un poids qu’il faut assumer et ce n’est pas forcément tous les jours facile.

- Quelle part d’autobiographie comporte cette pièce ?

C’est une question difficile, d’une part je ne suis pas seul à avoir écrit, d’autre part, s’il est vrai que certains passages me correspondent très clairement, seuls ma famille et mes amis proches sont capables de les deviner. Cela étant, je reconnais que le stage ou la relation entre « meilleurs amis » sont des thèmes qui me touchent.

- As-tu l’intention d’en écrire une autre ? Si oui, as-tu déjà commencé l’écriture ?

Oui, j’ai plusieurs autres projets de spectacles sur du plus ou moins long terme. J’espère bien en tout cas réécrire et mettre en scène une nouvelle pièce avec Justine et travailler à nouveau avec les mêmes comédiens que j’apprécie particulièrement. Ce sera probablement une nouvelle comédie mais qui traitera de tout autre chose et dans un style différent. Je n’ai pas encore commencé l’écriture mais j’ai déjà commencé à y réfléchir très sérieusement et les éléments se mettent peu à peu en place. Mais pour l’instant, c’est à l’état d’embryon et nous devons nous concentrer sur les modifications à apporter à « Mon Argent, ma Femme mais surtout Moi ».

- Jusqu’où t’es-tu impliqué dans le projet artistique ?

En m’occupant de l’écriture, de la mise en scène, du travail avec les comédiens, de la création du blog du personnage principal : Marc-Antoine Narcisse en lui créant toute sa vie, de la production…je pense m’être impliqué à 200% dans ce projet. Ce fut huit mois de bonheur, j’adorais me lever le matin, aller en répétition, retrouver Justine et les comédiens, travailler ensemble…on était un vrai groupe et ce fut juste fabuleux. J’ai énormément appris à leur côté ! Merci beaucoup à eux !

One Response to “La vie secrète des artistes #5 : Benjamin Danet”

  • Fritz Wastika

    Storia,

    Merci d’avoir partagé votre point de vue sur ce sujet, et pour votre interview de M. Danet.

    J’ai une question pour vous : s’agit-il de Benjamin Danet, autrefois fondateur et gérant, et désormais liquidateur de la société FLASH COMMUNICATION?

    Salutations
    FW

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