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Fragments : dans l’intimité de Marylin

Marylin Monroe est une icône intemporelle. Ce visage tout en rondeur, cet air candide, ce sourire hollywoodien qui est vite devenu sa marque de fabrique et cette grâce insaisissable sitôt qu’un objectif apparaissait devant elle. Marylin Monroe, l’enfant naïve, la femme fatale, la célébrité lumineuse d’Hollywood, le mannequin ultra photogénique. Elle incarnait à la perfection le glamour hollywoodien.

Fragments : dans l’intimité de MarylinCes images, on les a tous en tête. Marylin au dessus d’une bouche d’aération du métro new yorkais dans Sept ans de réflexion, Marylin sur scène fredonnant du bout des lèvres un « Happy Birthday Mr President », Marylin figée sur papier glacé dans une robe de tulle blanc qui semble s’évaporer autour de son corps. Tour à tour actrice, chanteuse, modèle, avec toujours cette sensualité débordante qui la dépassait. Ou qu’elle maitrisait à merveille, peut être.

Pourtant, Marylin Monroe n’est qu’un rôle dans lequel la femme s’est enfermée pour le public, la presse, les photographes, les pellicules d’Hollywood. Elle avait conscience de n’être devenue qu’une enveloppe charnelle aux yeux des gens. Elle se savait plus riche intérieurement que cette image purement physique.

Dans l’ombre de Marylin Monroe, il y a Norma Jean Baker. Une femme au passé chargé bien loin des clichés fabriqués. Norma Jeane. Mélancolique, réfléchie, désireuse d’apprendre. Cette femme-là suivra des cours du soir à l’université, elle sait qu’elle est en retard et veut compenser ses lacunes. Plus tard, elle dévore les classiques de la littérature et découvre la poésie. Norma Jean Baker a une soif inextinguible de connaissance. Mais ce qu’elle veut apprendre absolument, c’est son métier. Elle suit des cours à l’Actors’ Studio avec Lee Starsberg comme professeur.

Et elle note, griffonne, écrit, des dizaines, des centaines de textes et poèmes. Par testament, elle laisse ces écrits à Lee Strasberg. A la mort de celui-ci, c’est son épouse qui se charge de les transmettre à un éditeur. De nombreuses années auront fallu pour répertorier, classer ces écrits et en faire un témoignage exceptionnel sur l’univers intérieur de Marylin. Le livre contient des textes écrits datant d’entre 1943 et 1962. Tous ont été classés le plus chronologiquement possible pour donner ces Fragments.

C’est ici la femme intellectuelle et cultivée, autre versant de la pin-up pétillante, qu’Anna Strasberg et ses fils ont décidé de mettre en lumière par ce projet. Les feuilles et pages de journaux intimes sur lesquels Marylin a écrit ont fait l’objet d’une copie authentique dans le livre. Sur la page d’en face, on peut lire le texte reproduit en anglais et sa traduction française. Les ratures et gribouillis comme autant d’hésitations dans le processus d’écriture sont reproduits le plus fidèlement possible dans la traduction. On entre alors un peu dans l’intimité de cette femme complexe devenue une icône intemporelle. Quelques photographies et documents rares entrecoupent ces écrits.

Fragments est une quête de soi. La quête d’une femme terriblement lucide sur sa condition d’être humain. Page après page, on découvre une Marylin inconnue. La face obscure et insoupçonnable du mythe Marylin Monroe. Un document sensible et authentique.

Marylin Monroe – Fragments, poèmes, écrits intimes, lettres – Sortie Octobre 2010

One Response to “Fragments : dans l’intimité de Marylin”

  • Le côté sombre et tourmenté de chaque artiste surmédiatisé est toujours interessant, même si leur souffrance et leur solitude sont bien souvent un peu trop présentes, hélas.

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