Humeurs

Partir : sur le départ

Il est des moments où la tête ne suit plus, où le cœur est à l’abandon. Ces moments-là, il est difficile de voir du monde, de rencontrer des gens, sans que cela nous agresse. Paris a ceci de particulier que la proximité est telle que chaque contact est vécu comme une entrave. 

Partir : sur le départEt puis il y a ces remises en question par rapport aux choix de vie que l’on a fait. Pour ma part, j’ai eu l’occasion inouïe de faire de ma conviction la plus profonde mon métier. Mais il arrive que, même si on continue à éprouver de la joie à exercer son métier, on se demande si on a toujours la conviction pour l’exercer.

J’ai donc décidé de partir au calme pour me retrouver. Oh, pas très longtemps – une dizaine de jours – ni très loin – la communauté de Taizé, en Bourgogne, mais cela me paraît bien suffisant pour retrouver la vocation première. Celle qui m’anime depuis que j’ai choisi de suivre le Christ, à savoir pourquoi la Parole m’anime.

Il est vrai que j’ai l’impression, en promouvant la Parole tel que je le fais actuellement, d’être un peu à rebours de ma conviction profonde. Moi, la catholique, attachée au dogme plus qu’à la Parole, j’entrevois un rapport perturbant à ce qui touche pour moi au sacré. Jamais je n’aurais imaginé, en tant que fidèle de base, pouvoir accéder aussi facilement et de manière quotidienne à la Bible.

Ce constat a pour conséquence une forme de remise en question de tout ce qui fondait ma foi. Non pas que je ne crois plus en Dieu, bien au contraire, mais la manière dont je priais s’en trouve fortement modifiée. Je crois toujours à l’Eucharistie, mais ma prière étant quotidienne, je commence à en perdre la saveur. Et c’est bien cela qui me perturbe le plus.

Si je vais me recueillir dans la communauté de Taizé, c’est parce que chaque fois que j’ai eu à faire un témoignage de foi, après un traumatisme ou une étape importante dans le dogme catholique, c’est là-bas que j’ai pu y trouver des réponses. De par mes rencontres ou mon questionnement intérieur, tout ce qui m’est arrivé au sein de cette communauté m’a permis d’avancer autant dans ma foi que dans la vie.

Et puis je me rappelle le témoignage d’Aud, qui, elle aussi, a décidé de partir pour trouver des réponses à sa remise en question. Ou comment elle a pu balayer son boulot qui ne l’épanouissait pas dans une ville qui la fatiguait en allant aider des enfants au Mexique. Pour ma part, je sais que ce ne sera pas aussi radical. J’ai juste besoin de retrouver la vocation dans mon travail après un projet très épanouissant, mais qui me laisse exsangue sur le plan humain.

Nous avons toutes, à un moment ou un autre, remis en question les choix que nous avons fait. Je sais aujourd’hui qu’il est impossible de faire la même carrière que ma mère – 38 ans d’enseignement – ou ma patronne – 25 ans dans ma boîte, sans avoir la vocation la plus profonde.  L’épanouissement se trouve parfois au prix de divers sacrifices, dont les départs font partie. Cela peut parfois s’avérer traumatisant, mais, au final, on part toujours pour trouver une vie meilleure, même si elle paraît économiquement moins confortable.

Je sais mon départ non définitif, mais j’ai encore quelques réponses à trouver. Notamment concernant ma vie personnelle, puisque ma vie professionnelle me convient. C’est une question que je me pose depuis une quinzaine d’années, et au regard de ce qu’est ma vie sentimentale en ce moment, elle est plus que jamais d’actualité. Ce qui me pose actuellement problème, c’est justement cette activité professionnelle, qui peut s’avérer incompatible avec la vie personnelle que je veux mener.

Je vous laisse donc pour un certain temps, Ladies. J’espère trouver l’inspiration et quelques éléments de réponses concernant la suite à donner à ma vie.

(cc) FarTripper

3 Responses to “Partir : sur le départ”

  • J’espère que tu trouveras en effet des réponses à tes questions et que tu nous reviendras en forme. Je crois que tu as fait le bon choix en t’éloignant un petit moment et en essayant de remettre de l’ordre dans tes idées. Comme tu le dis, on en a tous besoin.
    Bon voyage et à très vite.

  • On passe tous un jour par des phases de questionnement et je trouve que voyager est un très bon remède et puis plus on bouge et plus on a de chances de rencontrer du monde -amis ou autres- et puis ça relance la rêverie. Amuse toi bien.

  • Trouve les réponses à tes questionnements et surtout, reviens-nous Storia. LR sans toi, ce n’est pas pareil. Je t’embrasse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>