“J’ai toujours respecté la mode, surtout la mienne,” disait Pierre Perret. Le filou n’avait pas tort, car en vous dévoilant cette nouvelle rubrique sur Ladies Room, on compte s’attarder sur la mode en général, avec tout ce qu’elle comporte de plus ou moins gracieux, et donc, sur toutes les modes, sur toutes VOS modes ! Oui, parce qu’on en a assez que la mode ne soit que l’apanage de ces midinettes en culotte courte atteintes d’égocentrisme photographique aigu ! Assez de ces rédactrices de mode se chamaillant à qui mieux mieux pour prendre la place détenue dans nos subconscients par Cruella d’Enfer ! Assez de considérer qu’un vêtement a une expérience de vie pareille à celle d’un poulpe ! La mode pour les nulles selon Ladies Room, celles qui ne laissent pas dicter ce qu’elles doivent porter ni comment elles doivent le porter. Deuxième épisode de cette haute rubrique en couleurs ? Le Burlesque ! Lever de rideau ! 
En deux mots… qu’est-ce que c’est ?
Non, le “burlesque”, n’est pas cette expression littĂ©raire bien française qui signifie le “grotesque” ou le “ridicule”. Pour vous plonger dans le vocable du burlesque de notre thĂ©matique (on prĂ©fèrera d’ailleurs dire nĂ©o-burlesque), prenons quelques exemples : effeuillage, pin-up, cabaret, guĂ©pière, nippies… Autant de doux mots qui rĂ©sonnent comme une chanson Ă la mode, des mots auprès desquels vous n’ĂŞtes probablement pas passĂ©s Ă cĂ´tĂ©. Si ? Session de rattrapage obligatoire car vous risquez bien fort de pouvoir enfin mettre un nom sur vos chorĂ©graphies de meneuse de revue en herbe devant votre glace de salle de bains.
ça se passe oĂą ? Le burlesque s’entend aujourd’hui comme un mouvement fĂ©minin, fĂ©ministe et glamour dont les principes reposent principalement sur son apparition dans le courant du 19e siècle lorsque le terme est apparu, Ă©poque oĂą l’on faisait la part belle aux jolies panoplies et au music-hall. Le burlesque d’aujourd’hui quant Ă lui, pioche toujours son ADN dans ses racines historiques (Ă savoir tout un tas de rĂ©fĂ©rences telles que La belle Epoque Parisienne, le Western amĂ©ricain, les «AnnĂ©es Folles» et bien Ă©videmment les jolies pin-ups des 50’s) mais consiste, soyons clairs, en un effeuillage dans une ambiance plutĂ´t festive, espiègle et entièrement empreinte d’art (tant dans les costumes que dans les performances).
Encore parfois considĂ©rĂ© comme passĂ© de mode, voire kitsch pour certains, le burlesque regagne ses lettres de noblesse depuis quelques annĂ©es, avec des Ă©coles qui, d’une part, se spĂ©cialisent sur ce segment d’effeuillage particulier et de nombreuses revues qui Ă©closent un peu partout (de nombreuses sont rĂ©gulièrement organisĂ©es Ă Paris) avec un leitmotiv particulier autour de l’art et de la crĂ©ativitĂ© qui sont en quelque sorte les poumons du mouvement. Ainsi, des soirĂ©es cabaret comme celles du collectif Van Paris Party (proposĂ©e par la sulfureuse Chloe Van Paris), ou plus connu encore le Paris Burlesque Festival (Ă la Bellevilloise en ce moment mĂŞme, du 7 au 10 octobre 2010) colonisent peu Ă peu les villes pour devenir une mode, un style, voire mĂŞme un style de vie : bon nombre d’effeuilleuses professionnelles affirment que, sur scène ou dans la vie, elles sont toujours les mĂŞmes et s’habillent (ou se dĂ©shabillent) toujours de la mĂŞme manière.
Qui la fait ?
Tout un chacun peut ĂŞtre burlesque, ou jouer Ă faire du burlesque. C’est avant tout un Ă©tat d’esprit qui consiste, dans les grandes lignes, Ă s’assumer soi-mĂŞme, que l’on soit filiforme ou tout en rondeurs. Nombreuses sont ces meneuses de revue qui s’affichent avec de jolies et belles courbes, sans aucun malaise et avec mĂŞme une aisance plutĂ´t incroyable. Comble de l’histoire, il semblerait mĂŞme que les tenues d’effeuilleuses soient plus en harmonie sur un corps en formes. Une mode qui, en plus d’ĂŞtre esthĂ©tique et dĂ©complexante, permet aux femmes d’assumer leur fĂ©minitĂ©, d’en jouer, d’en faire une arme absolue. Un mouvement qui arrive prĂ©cisĂ©ment Ă contre-courant de cette profusion de pornographie oĂą plus rien n’est suggĂ©rĂ©, oĂą la femme est rĂ©duite Ă l’Ă©tat d’objet et semble en-dehors de tout choix personnel. Un peu d’humour, d’Ă©nergie, de sensualitĂ©, que diable ! Car si le burlesque repose avant tout sur de l’effeuillage (du strip-tease, ne nous mentons pas), il est impossible de dĂ©celer une part de vulgaritĂ© dans le mouvement.
Autre figure de proue du phénomène, il serait péché que de ne pas citer la sublissime Dita Von Teese, probablement le sujet le plus mainstream du mouvement. Il faut dire aussi que la donzelle a sacrément du chien et une personnalité incroyable. En revanche, les effeuilleuses célèbres sont nombreuses et la liste est longue, mais parmi celles que nous affectionnons particulièrement à la rédaction, citons donc Chloe Van Paris, Vicky Butterfly ou encore la toute fraîche Pauline Jacquard, icône de la marque Fifi Chachnil. Et on ne vous parle même pas du film Tournée de Mathieu Amalric !
Quel intérêt ?
Ma foi, la question vaut son pesant d’or. Mais quelle fille n’a jamais rĂŞvĂ© de pouvoir ĂŞtre une vraie fille qui s’assume (autant en termes de corps, que d’idĂ©es et de personnalitĂ©) tout en restant glamour et parfaitement sensuelle ? Voire mĂŞme mieux : qui fait tout ça, tout en montrant Ă ces messieurs qu’elle sait pertinemment ce qu’elle fait, et que montrer son corps n’est pas signe d’une quelconque soumission Ă des diktats. Et puis mince alors ! C’est aussi peut-ĂŞtre le moyen de s’acheter tout plein de trucs froufroutants et de s’apprĂ©cier soi-mĂŞme.Ce qu’on en retiendra ?Plus que d’ĂŞtre une mode, le nĂ©o-burlesque est une manière de penser et de vivre. Une vĂ©ritable Ă©chappatoire au machisme ambiant (la plupart des aficionados du genre sont des femmes), un retour en fanfare du glamour et des belles choses, et puis peut-ĂŞtre, surtout mĂŞme, une manière de montrer que finalement, “qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse”, seule importe la manière dont on souhaite exprimer sa fĂ©minitĂ©. Et puis quand en plus, tout cela est playlistĂ© sur des morceaux rĂ©tro Ă souhait, on ne peut que succomber !
Les bonnes adresses :
- Pour prendre des cours : L’Ă©cole des Filles de joie (Ă la Bellevilloise)
- Pour s’habiller vintage : Mamz’Elle Swing - boutique vintage - 35 Rue Roi de Sicile 75004 Paris
Burlesque Bazar (déballage vintage) à la Bellevilloise : le prochain est dimanche 10/10
- Pour voir du show :Van Paris PartyChina Club
Vous aussi proposez-nous vos trouvailles, décryptage, vocable de la mode en nous envoyant vos articles “La Mode Pour Les Nulles” à l’adresse de la rédaction !
Relire La Mode pour les Nulles #1
posté le 08/10/2010 | 2197 vues | aucun commentaire | tags: cabaret revue Pin-up burlesque Loou rétro Glamour modasse vintage Edito | une personne a aimé
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...