Je l’attendais depuis longtemps. Je n’ai pas rĂ©sistĂ© et je l’ai achetĂ©. Bien entendu je l’ai lu, enfin plutĂ´t dĂ©vorĂ©. Le dĂ©but m’a paru Ă©nigmatique.  C’est peut-ĂŞtre ça la force de l’Ă©criture de Bret Easton Ellis.
Tel un roman noir, il nous plonge dans une atmosphère parfois glauque, un peu morbide oĂą les pires crimes sont perpĂ©trĂ©s sans que cela ne choque personne. Sous couvert de fiction, Bret Easton Ellis nous livre une vision froide d’Hollywood oĂą tous les faux semblants sont permis et oĂą les apparences sont Ă©videmment trompeuses. Celui qui manipule n’est pas toujours la personne Ă qui on aurait pensĂ©.
Le roman se construit tel un scĂ©nario de film. D’ailleurs la fin dĂ©pend de l’interprĂ©tation que chacun a de l’histoire. Cette construction fait Ă©cho Ă la profession du hĂ©ros : Clay. On retrouve le personnage principal de Moins que zĂ©ro, 25 ans plus tard. Il est le narrateur de l’histoire. Il est autant acteur de sa vie que spectateur. Clay revient de New York, oĂą il avait construit sa nouvelle vie loin des turpitudes de la vie hollywoodienne. ScĂ©nariste, il organise un casting pour trouver de jeunes acteurs et de jeunes actrices pour jouer dans son prochain film, Les Auditeurs.
Il est donc de retour dans la CitĂ© des Anges, ville oĂą il va d’ailleurs ĂŞtre rattrapĂ© par ses vieux dĂ©mons. Il retrouve de vieilles connaissances, Blair, une de ses ex-petites amies, Julian, un ami avec lequel il avait coupĂ© les ponts, et Rip, son ancien dealer.
Il fait la connaissance de Rain, une actrice qui cherche Ă obtenir un rĂ´le dans Les Auditeurs. Entre eux se met en place un jeu de sĂ©duction assez pervers. Entre dĂ©sir, manipulation et excès en tous genres, Clay se fait prendre Ă son proche piège. Il pensait tenir les ficelles mais c’Ă©tait sans compter l’attachement naissant qu’il allait ressentir pour Rain Turner. Perfide, manipulatrice, c’est finalement elle qui le manipule sans vergogne.
Sans le vouloir et sans le savoir, Clay se retrouve mĂŞlĂ© Ă des histoires d’argent, de jalousies, de règlements de compte Ă tendance mafieuse et de meurtres barbares non Ă©lucidĂ©s. Il devient paranoĂŻaque lorsqu’il commence Ă recevoir des textos anonymes et Ă ĂŞtre espionnĂ©. Mais tous ses problèmes ne viennent-ils pas de Rain qui paraĂ®t pourtant inoffensive ?
Autour de lui se crĂ©e donc dans la rĂ©alitĂ©, un scĂ©nario sur lequel il n’a aucune prise, aucun contrĂ´le. La fiction se mĂŞle Ă la rĂ©alitĂ©. Tout pourrait d’ailleurs renvoyĂ© Ă la rĂ©alitĂ©. Quelle rĂ©alitĂ© ? Celle d’une sociĂ©tĂ© dont les valeurs et les notions de Bien et de Mal semblent  inversĂ©es. Bien qu’il ne soit pas totalement innocent, Clay affronte des personnes bien plus nĂ©vrosĂ©es que lui.
A travers ce livre, Bret Easton Ellis nous livre une vision pessimiste d’ Hollywood. Toutes les règles de savoir-vivre y sont bafouĂ©es. L’Ă©goĂŻsme et l’arrogance y sont rois. Une rĂ©alitĂ© construite sur des apparences qui, une fois tombĂ©es, ne rĂ©vèlent que la noirceur de ce monde. Ce microcosme ne reprĂ©senterait-il pas l’ensemble de la sociĂ©tĂ© qui serait alors en perdition?
Encore une fois Bret Easton Ellis frappe fort. Il joue avec les mots. Il use de l’humour et de l’ironie sans jamais en abuser.  NĂ©anmoins pour tout comprendre, il faut avoir lu Moins que ZĂ©ro, son premier roman paru en 1985. “DisparaĂ®tre ici”. Cette phrase rĂ©sonne comme un leitmotiv dans l’Ĺ“uvre de Bret Easton Ellis. Clay disparaĂ®tra-il ici ? A vous de voir…
posté le 29/09/2010 | 611 vues | aucun commentaire | tags: Suites imperiales Bret Easton Ellis jess roman bouquin
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