Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

26. mai 2012

Mot de passe oublié

La poupee russe

Le Tattoo Art Fest 2010 (TAF) – 4ème Ă©dition – a rĂ©uni plus de 10.000 personnes du vendredi 17 au samedi 19 septembre 2010 Ă  Paris. La Halle Freyssinet, chef d’œuvre Art-dĂ©co du XXème siècle, du cĂ´tĂ© de la Bibliothèque François Mitterrand, une de ces innombrables survivances de l’histoire industrielle du 13ème arrondissement, accueillait le week-end dernier cent cinquante artistes tatoueurs venus des quatre continents (France, Nouvelle-ZĂ©lande, Mexique, Russie, Slovaquie, Italie, France, Grèce, Etats-Unis), ainsi que des exposants divers.Le Salon International du Tatouage s’inscrivait dans une sĂ©rie d’évènements artistiques sur la semaine : concerts, festival burlesque, expositions, performances (live painting), sĂ©minaires, dĂ©mo de skate/BMX, concours de tatouage, …

tattoo.jpgLa France accueille depuis peu de grands festivals de tatouage, dont la plupart (Nantes, Toulouse, Parmain, Chalon sur Saône, Evian, …) ne fête que leur quatrième ou cinquième anniversaire. Las Vegas, la capitale de la démesure, accueille quant à elle, du 1er au 3 octobre 2010, la plus grande convention internationale, avec .40.000 visiteurs attendus. Pour la première fois, un photographe, en l’occurrence le jeune Julien Lachaussée, qui, à l’instar de la très bonne nouvelle pub Eram a shooté les filles de la « girl team », douze sexy taouées, pour le calendrier 2011 de l’évènement, qui prend des airs ambitieux de Pirelli.

Le tatouage s’est Ă©normĂ©ment dĂ©mocratisĂ© ces vingt dernières annĂ©es, touchant une population de plus en plus large dont les critères d’âge, de sexe, de milieu social ou de culture musicale, dessinent des courants de plus en plus variĂ©s. Les « modes » actuelles : les tatoos d’inspiration chicanos pour les garçons et les trois petites Ă©toiles, qu’on retrouve rĂ©gulièrement chez les « stars », près du poignet, pour les filles.L’entrĂ©e est un peu chère – 15€ - mais se justifie par la qualitĂ© des intervenants.Dans ce voyage « à fleur de peau », le son, la musique sont omniprĂ©sents. En arrivant sous l’immense structure mĂ©tallique, créée en 1927, qui soutient une verrière à seize mètres du sol rĂ©amĂ©nagĂ©e en octobre 2009 pour accueillir dĂ©filĂ©s de mode et Ă©vènements d’exception, c’est d’abord en bruit de fond un bourdonnement continu d’appareils Ă  tatouer qui tournent. Vient s’ajouter Ă  cela, une musique rock, hard rock ou Ă©lectro. Les diffĂ©rents domaines culturels sont autant de prĂ©textes pour inspirer les crĂ©ations.

Mes deux potes et moi sommes tous les trois tatoués, mais rien d’ostensible. Nous sommes comme de « jeunes séminaristes perdus dans un bordel » ; car, au TAF, on se montre, on s’exhibe, on se fait beau. Même si aujourd’hui, le tatouage a gagné en ludicité, la fréquentation d’un festival est une sorte de revendication. Les amateurs trouvent leurs sources d’inspiration dans les médias, les véritables connaisseurs viennent « échanger » dans un cadre qui leur ressemble. Et la surenchère est souvent monnaie courante : les œuvres couvrent bras, jambes, poitrines féminines et même crânes ou sexes.
Sans voyeurisme, je suis fascinĂ©e par ce monde codifiĂ©, oĂą intĂ©rioritĂ© et sĂ©duction se cĂ´toient dans un joyeux paradoxe. Le mot tatouage tire son origine du tahitien « TA-TU » qui dĂ©rive lui-mĂŞme de l’expression “TA-ATOUAS” composĂ©e de « TA » (dessin) et « ATOUAS » (esprit). MalgrĂ© une « rĂ©cupĂ©ration » par des gĂ©nĂ©rations fans de parures, qui n’hĂ©site plus Ă  s’offrir de petites pièces comme le dernier bijou Ă  la mode, le tatouage reste pour moi un langage Ă  part et une vĂ©ritable dĂ©marche esthĂ©tique. C’est un vĂ©ritable art, oĂą les femmes tatoueuses tirent de plus en plus leur aiguille (Ă©pingle) du jeu.

Mêlant aspirations personnelles et ambition artistique, le tatouage, dans un monde moderne suréquipé en médias, révèle toujours une sorte de difficulté pour des minorités à s’exprimer, mais également pour tout un chacun, dissimulant sous ses vêtements quotidiens des trésors de couleurs et de traits.

 A consulter :
- Ne serait-ce que pour le lien vers les
« cochons tatoués » de Delvoye, artiste belge trash inspiré par la vie au grand air
- Le témoignage d’une candide bloggeuse du Parisien
- Le Paris Burlesque Show

- « Tatoo partout » dans le FHM de septembre 2010- sur le photographe Julien Lachaussée
- Les femmes tatoueuses 

(cc) kmiller799

 

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