Ou comment l’école maternelle fait grandir Mini-Moi trop vite…
Mini-Moi entame sa troisième semaine à l’école maternelle, renommée pour l’occasion en Gnomes-Land, le pays merveilleux des minis-nous en tout genre où règnent la joie les cris les rires et où s’échangent les les pleurs jouets. virus
Mini-Moi et le petit voisin, Léo, se connaissent depuis toujours. Ce toujours qui date de trois ans, date de leur naissance. Comble du bonheur, ils sont dans la même classe. Dans le genre remake de Laurel et Hardy version Minipouces, impossible de faire mieux. Seulement voilà , il y a une ombre au tableau, on n’est pas dans La Petite Maison Dans La Prairie non plus. Léo ne va à l’école que le matin (sa maman ne travaille pas). Et Mini-Moi, toute la journée (sa maman travaille). Elle se retrouve donc sans son blondinet aux yeux bleus et joues roses le reste de la journée. Perdue.
La semaine dernière, premier drame à Gnomes-Land :
Voilà que Mini-Moi du haut de son 1,02 mètre et de ses 3 ans la joue déjà « entre le blond angélique et le brun ténébreux : mon cœur balance ». Ma fille, la chair de ma chair fraîche, s’est bien gardée de me conter ce micmac sentimental. Tu penses, elle croit que je ne suis qu’une mère. Donc que je suis vieille. Alors les histoires d’amourette, c’est dire si je n’y connais rien… A part les dinosaures, j’ai pas connu grand-chose. Peut-être Jésus mais c’est encore trop confus pour elle.défraîchie
Par le plus grand des hasards (planquée derrière la baie vitrée), j’ai surpris une conversation entre elle et son Léo (que mes oreilles à l’instinct maternel surdimensionné n’ont pu s’empêcher d’écouter) :
Lui : Pou’quoi t’es allée avé lui ce matin ?
Elle : Pa’ce que c’est mon ami
Lui : J’ veux pas, c’est que moi qui joue avec toi
Elle : Oui et c’est Jimmy aussi mon ami
Lui : Moi j’ veux que tu restes toujours avec moi !
Elle : Arrête ou je suis plus ta copine
Lui : Moi non plus je suis plus ton copain
Elle : Alors on va jouer à se tuer au fond du jardin
Lui : Oui allez on court
Elle : Je fais la princesse qui est morte pour de faux et toi on disait que tu es le prince.
Rassurée par la fin heureuse (et très rapide) de ce dilemme, je suis quand même restée sur un prénom : Jimmy. Et sur ma faim. Qui c’est ce Jimmy ? Il a quel âge ? Il est comment ? Il habite où ? Ils font quoi ses parents ?
ArrivĂ©e Ă l’école, je mène l’enquĂŞte… Et j’aperçois LE Jimmy en question. Je sais que c’est lui parce qu’il est sagement assis en dessous de son prĂ©nom/porte-manteaux. Il est beau comme James Dean (quand il avait trois ans), du gel plein les cheveux, des marcels qui mettent en valeur ses muscles inexistants, quelques trous dans son jean tel un vrai tombeur. Je veux dire, un gosse qui tombe tout le temps.dĂ©jĂ
Sur le chemin du retour, je demande à Mini-Moi comment s’est passée sa journée à l’école avec les questions d’usage. De la manière la plus innocente et détachée possible :
 - Alors, Mini-Moi, avec qui tu as joué aujourd’hui ? (Voilà , elle va me parler de Jimmy, bien joué !)
- Avec Alex.
- Alex ??? (Qui c’est encore celui-là  ?)
- Alex c’est mon copain. On a joué au papa et la maman. (Argghhh.) Et on a fait du vélo aussi. (Ouf.)
- C’est chouette ça. (J’abrège la discussion dans l’espoir qu’elle me parle de mon futur gendre) Et Jimmy ? (L’espoir étant vain et l’attente trop longue, j’aborde LE sujet)
- Ben Jimmy il faisait le papa.
- Et Alex ? (Je veux bien que les jeunes soient précoces, mais deux papas et une maman, si jeunes…)
- Alex c’était notre bébé. (Evidemment !)
- Et il est gentil Jimmy ? (J’ai pas trouvé plus idiot comme question)
- Oui, Jimmy je l’aime (avec un regard langoureux et un air malicieux carrément indécents à mes yeux de mère !)
Quelques jours après cette révélation, Mini-Moi semblait dans l’incapacité de se souvenir de Jimmy. Même en regardant sa photo sur le trombinoscope de Gnomes-Land, elle faisait une amnésie temporaire de son premier amoureux. Et pour cause, Jimmy était absent depuis trois jours à cause d’un vilain virus. Qu’il a ensuite gentiment partagé avec le reste de ses acolytes soit dit en passant. Vivement les poux.
MĂŞme si elle continue de parler de temps Ă autre de Jimmy, chaque soir en rentrant de l’Ă©cole c’est vers le grillage qu’elle court pour hurler : “LĂ©o, je suis lĂ , tu viens jouer ?” et me demandant la bouche en cĹ“ur, battements de cils charmeurs en sus : “Maman, il peut venir Ă la maison LĂ©o ?” …
En rĂ©sumĂ©, LĂ©o aime Mini-Moi qui aime Jimmy qu’elle remplace par Alex les jours d’absence ou par LĂ©o le soir. Un bon dĂ©but de scĂ©nario pour une suite de Santa Barbara. Ce qui me rassure, c’est qu’à cet âge lĂ , l’amour dure aussi longtemps que l’attrait pour les Ă©pinards ou toute autre substance verte communĂ©ment appelĂ©e lĂ©gumes. Temporairement.
 A suivre…
D’autres chroniques “Vie de mère (ma vie, mon oeuvre)” ici
(cc) the|G|™
posté le 22/09/2010 | 825 vues | 3 commentaires | tags: école maternelle liliem premier amour mere mouflet enfants Quotidien | 6 ont aimé
@ChaT
Merci :)
C’est vrai qu’ils sont charmants, et c’est drĂ´le d’ĂŞtre de l’autre cĂ´tĂ© de la barrière maintenant ;)
Je compatie , je suis en plein dedans , avec ma puce de 3 ans et demi ! Sue Helen sort de ce corps !! ;)
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J’adore :)
Charmantes petites tĂŞtes blondes.
Ca me rappelle des souvenirs de l’Ă©cole tout ça moi !