C’est devenu une tradition. A chaque collection, le leader de la chaussure André multiplie les collaborations exclusives avec des créateurs, confirmés ou débutants, qui passent plus ou moins inaperçues, avec Michel Vivien en 2007, Avril Gau (ancienne de chez Robert Clergerie, Chanel et Loewe) et Agnès B en 2008, les six blogueuses de 2009 (les boots de Coline, les compensées de Balibulle, les ballerines-mocassins de Mimnor, les richelieus revisitées par Miss Glitzy, les multi-brides de Walinette et les plateaux fleuris de Violette) et régulièrement « Jeune et Jolie » et Kookai.
Pour la rentrée 2010, c’est Cathy Guetta, la reine des nuits dansantes, qui s’y colle avec moins de discrétion, avec sa marque « Tweety by Cathy Guetta », «une collection glamour et pétillante pour aller danser… mais pas seulement ? ».
Cathy Guetta, épouse du talentueux David Guetta, qui multiplie les collaborations prestigieuses avec des pointures de la musique (Kelly Rowland, les Black Eyed Peas, Akon, voire Madonna), maîtrise les codes du dance-floor à la perfection : couleurs flashy, semelles rose fushia (merci Louboutin !), plateformes parsemées de clous, hauteur de talons XXL, strass et paillettes. Chacun des neuf modèles porte des prénoms destinés à la fête : Angy, Jacky, Cathy, Deborah, Gaïa, Angela, Caroline, Patty ou Corinne : des copines de notre clubbeuse nationale ? Cahier des charges parfaitement rempli, mais on ne peut pas dire qu’elle renouvelle le genre : je pense donc que Loana va adorer !
Niveau portefeuille, il faut quand même compter 130 euros pour une paire d’escarpins, prix pour lesquels nous ne féliciteront pas André, qui se fait là aussi une habitude de prendre une large marge sur ces collections exclusives. André pullule de modèles sympathiques, mais le seul moment où je vous recommande de mettre les pieds dans une de leurs boutiques, reste les soldes, où ils n’hésitent pas à mettre le paquet avec des réductions de -50% et plus.
Revenons-en à Cathy G. Que peut-on faire d’autre avec des escarpins aux talons vertigineux (12 cm), même avec une plateforme de 4 cm ? De nombreux blogs tentent de nous convaincre que les « éléments sont cependant parfaitement maîtrisés, assez subtilement dosés, et nul besoin de courir les soirées branchées pour s’imaginer avec ces créations aux pieds. » Je ne préfère pas dénoncer cette malheureuse qui, à l’en croire, va aller chercher son pain ou retirer un colis à la Poste avec ses Cathy G. aux pieds : je pense qu’elle vient de se payer un enterrement fashion de première classe.
Cathy G., née Catherine Lobé en 1967, donc 43 ans au compteur (perso je n’ai rien contre, je la suis de peu et je trouve que la quarantaine est particulièrement une période d’épanouissement pour les femmes) pose elle-même pour la campagne de publicité. Après la parfumerie (les parfums « Ibiza For Men » et « Ibiza For Women », « Ibiza : Pink Power »), les bijoux en collaboration avec Claire Pain, puis les vêtements inspirés de sa mascotte Titi de « Titi et ‘ros Minet », en collaboration avec Warner Bros et présenté au dernier salon Who’s Next, Cathy G., qui a souffert de l’éloignement de son époux suite à son succès, prend son envol et ne cesse d’élargir son champ d’action en dehors du management des soirées de son tendre (Unighted).
Je trouve déjà inquiétant que les marques s’arrachent les célébrités pour les transformer, le temps d’une collection, en stylistes renommées. Mais Cathy G. semble également atteinte du syndrome Madonna, celui d’une femme suractive incapable de décrocher de ce qui a fait son fonds de commerce et donc d’évoluer. Une femme qui joue la concurrence sur le terrain du jeunisme, toujours pétulante, toujours sexy, toujours la plus folle sur les pistes de danse, qui s’accroche à ses robes pailletées et ses chaussures de pouf’.
La jeunesse, c’est dans la tête, est-il vraiment nécessaire de continuer à s’afficher le ventre à l‘air et la cuisse dénudée ? Qui voudrait nous faire croire que Cathy G. ou Madonna ignorent la cellulite et les seins qui tombent ? La femme mûre peut jouer sur d’autres formes de séduction, ne serait-ce que parce que la concurrence est rude dans le monde de la nuit. Même moi qui ai écumé les pistes de danse pendant de nombreuses années, n’y a-t-il pas un moment où il faut dire « stop », au risque de se retrouver bourrée à zouker avec sa fille de 15 ans dans une soirée étudiante (prochaine campagne du Comptoir des Cotonniers !) ?
Finalement, moi, ce qui me touche le plus, c’est quand ce couple, parents de deux enfants de six et trois ans, laisse échapper ce genre de confidences dans ELLE : “On avait toujours été très fusionnels, et, lorsque je n’ai plus fait que de la musique, elle s’est sentie exclue, raconte David Guetta. Il y a eu deux années difficiles. C’est l’époque où j’ai écrit Love is gone. Maintenant, elle a trouvé sa place et ça se passe très bien. Je suis toujours à fond amoureux d’elle après vingt et un ans, c’est incroyable.” Tout n’est pas toujours rose au pays des stars.
posté le 15/09/2010 | 2206 vues | aucun commentaire | tags: andré Cathy Guetta David Guetta paillettes chaussures
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