Après un Ă©tĂ© assez fluctuant sur le plan musical (Solidays, FNAC IndĂ©tendances, pagodes, FĂŞte du BlĂ©, absence notable de Rock en Seine…), cette rentrĂ©e musicale se fait en douceur, non sans petites pĂ©pites qui viennent illuminer ma vie…
Ce dĂ©but de mois de septembre est donc l’occasion de reprendre de bonnes habitudes musicales : trustage des rayons de la FNAC, discussions enflammĂ©es sur l’utilitĂ© de tel ou tel mouvement musical, matage Ă©mu des concerts de classique le dimanche soir sur Arte (en vrai, je prĂ©fère le Canal Football Club), reprise de la batucada et du maracatu, surveillance la bave aux lèvres des expos Ă la CitĂ© de la Musique, night-clubbing en mode je-me-la-pète avec mes rĂ©fĂ©rences (j’ai claquĂ© une copine samedi en 8 avec ça, comment qu’on est trop fière après ça…)… Bref, tout moi. Pour me remettre dans le bain, ces derniers jours ont Ă©tĂ© riches pour moi en petits happenings bien sympathiques. De quoi augurer de bonnes petites vibes musicales bien senties par la suite.
12h30, mon tĂ©lĂ©phone sonne. C’est OĂĽi FM qui m’appelle pour me dire que j’avais gagnĂ© au concours auquel j’avais participĂ© quelques jours auparavant. RĂ©sultat, je me retrouve avec deux places pour un showcase privĂ© de Skunk Anansie au Nouveau Casino (Paris XI). Zut. Je dois trouver une copine pour m’accompagner ce soir. Mais aucune copine ne se trouve encline, pour diverses raisons, Ă pogoter avec moi sur les chansons de Skin et sa bande. C’est lorsque je nargue ma sĹ“ur par texto qu’elle m’apprend qu’elle est en stage sur Paris. Il faut savoir qu’elle est une des premières personnes Ă avoir vu Skunk Anansie en France lors de la Route du Rock 95. Depuis, elle est ultra-fan. Ni une, ni deux, elle essaie de se libĂ©rer pour m’accompagner au Nouveau Casino. Ça me fait plaisir.
19h30. Nous faisons la queue rue Oberkampf, et ma sĹ“ur ne me croit toujours pas quand je lui dis que ce soir, c’est gratos. Elle se dit que, dĂ©cidĂ©ment, j’ai le cul bordĂ© de nouilles. Une fois Ă l’intĂ©rieur, nous nous installons tranquillement au premier rang. Le warm-up est long, très long, et nous nous disons que nous avons fucké en oubliant nos bouchons d’oreille. Souffrant l’une comme l’autre d’hyperacousie, un concert de mĂ©tal sans bouchons d’oreille équivaut Ă une grosse cuite avec le mal de crâne qui va avec. La solution : se fabriquer des bouchons de fortune avec des bouts de mouchoir en papier.
20h50, Skin pointe enfin le bout de son nez. S’en suit 1h15 de vrai dĂ©lire, entre les vieux tubes et les nouveaux morceaux Ă©crits sous l’Ă©gide de la reformation du groupe. Et, au vu de ce qui a Ă©tĂ© proposĂ©, la nouvelle mouture proposĂ©e risque d’ĂŞtre meilleur que le dernier album du groupe, Post-orgasmic chill, Ă mon sens un peu trop pop au vu du potentiel du groupe Ă ses dĂ©buts. Tour Ă tour câline et fĂ©line, Skin joue avec son public tout en restant dĂ©esse, telle une maĂ®tresse SM Ă l’attirail minimaliste. Mention spĂ©ciale Ă ses musiciens, qui savent jouer comme des Anglais, Ă savoir sur tous les rĂ©pertoires : punk, rock, pop, reggae blanc et mĂŞme soul. C’est aussi ce qui sert la voix Ă la fois riot et suave de Skin.
Bref, une soirĂ©e priceless avec ma soeur comme j’aime en partager avec elle. Retrouver son groupe prĂ©fĂ©rĂ© et l’Ă©nergie de son adolescence 15 ans après, mĂŞme si, perso, je n’ai rien dĂ©boursĂ©, est la plus belle chose que j’ai pu lui offrir depuis bien longtemps.
Mon chĂ©ri Ă crĂŞte, militant Ă Act Up, enjoignait tous ses amis sur FB Ă participer Ă une des deux soirĂ©es du Zapping show, organisĂ© par SolidaritĂ© Sida les 10 et 11 septembre sur la pelouse du Champ de Mars. Je me suis dit qu’en afterwork, cela pouvait ĂŞtre tout Ă fait sympathique. 19h15, je me rends donc au Champ de Mars au stand d’Act Up discuter avec mon punk prĂ©fĂ©rĂ© sur l’ambiance de la soirĂ©e, et accessoirement piquer quelque littĂ©rature. Puis, armĂ©e de mes petites provisions, je m’installe sur la pelouse oĂą je vois sur FB que la demoiselle Audrey A. est aussi dans la place…
En guise de warm-up, un petit set de Zebra. Le DJ, ex membre de Billy ze Kick et les gamins en folie (un groupe breton underground qui ont signĂ© les tubes Mangez-moi et OCB dans les annĂ©es 1990), nous rĂ©gale les oreilles de ses mashes-up osĂ©s entre rock en soul. Tiny, l’ayant vu cet Ă©tĂ© Ă l’HĂ´tel de Ville, m’avait balancĂ© qu’il se la pĂ©tait pas mal. Certes, mais pas plus que certains DJs. Je l’ai trouvĂ© plutĂ´t chill et rigolard. Bien mise en condition Ă base de chorĂ© sur I want you back, j’ai pleinement apprĂ©ciĂ© ce petit mĂ©lange de 20 ans de tĂ©lĂ© française en deux heures. Surtout que la mĂ©tĂ©o Ă©tait de la partie, comme pour dire d’en profiter. Encore une bonne soirĂ©e… Merci la joie et la solidaritĂ©.
Alors que certains abrutis croient sauvegarder leur culture en menaçant de faire des autodafĂ©s du Coran, mon orchestre a dĂ©cidĂ© de faire un acte politique en donnant de la joie au cĹ“ur. C’est ainsi que la FĂŞte de l’HumanitĂ© a Ă©tĂ© le cadre de notre « rentrĂ©e des classes ». Une douzaine de personnes ont ainsi rythmĂ© la fin d’après-midi des stands PCF de Dugny, du Blanc-Mesnil et de Noisy-le-Sec, au sein desquels Ă©taient exposĂ©s les dessins de l’ami LoĂŻc Faujour, ancien dessinateur chez SinĂ©.
Le principe des stands PCF de la FĂŞte de l’HumanitĂ©, outre ĂŞtre un gigantesque vivier de merguez et de cocktails Ă 3€, est de proposer des scènes alternatives aux grandes scènes. Que ce soit du punk, du world alternatif ou du rap, il y en a pour tous les goĂ»ts. C’est dans ce cadre que l’un des membres de notre orchestre, dont le beau-père Ă©tait responsable de stand, nous a organisĂ©s cette petite rentrĂ©e. Avec le dĂ©bat sur les retraites, l’esprit des gens est morose. Ă€ notre mesure, nous n’avons pas influĂ© sur la rĂ©forme, mais nous avons apportĂ© comme Ă notre habitude de la joie au coeur. C’Ă©tait aussi l’occasion de nous retrouver autour de la musique et des rires.
Encore une nouvelle semaine musicale. Pourvu que ça dure.
posté le 12/09/2010 | 566 vues | aucun commentaire | tags: skunk anansie fête de l'huma le grand zapping show dj zebra batucada Storia musique
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