Article sĂ©lectionnĂ© par Mimi lors de sa semaine de rĂ©daction en chef Â
En tant qu’assistante, j’évolue dans un milieu professionnel presque exclusivement féminin. Car le midi, les non-cadres, en l’occurrence les nombreuses petites mains, c’est-à -dire les assistantes des différents services, mangent ensemble, font leurs courses ensemble, partagent les derniers potins sur la boîte, leur famille, la voisine d’à -côté, le programme télé, mais pas de ciné malheureusement…
Personnellement, ça m’est assez insupportable, et je m’applique à poursuivre des études pour pouvoir échapper à ce corporatisme, tout en me doutant bien que c’est la même chez les cadres moyens et supérieurs, juste avec quelques « distinctions » de budget et donc de gamme (Vanessa Bruno au lieu de Zara, Longchamp au lieu de Sequoïa, Minelli et Free Lance au lieu de André ou San Marina, …).
J’ai longtemps campé sur mon ex-position de célibataire dépravée, fuyant les conversations sans fin sur les mariages (que je continue à abhorrer) et les enfants. Je n’ai pas d’enfants dans mon entourage, ce sont pour moi des extraterrestres, à l’instar des Gamorréens, des Nautolans, voire même des Dugs. En poussant la démonstration dans ses retranchements, j’ai plus d’affinités avec les chats et les plantes vertes. Je n’arrive jamais à m’adresser à un « gnome » que sur un ton bêta, alors que je sais bien que c’est parfois beaucoup plus malin que ça n’en a l’air. Si la Nature n’était pas à l’origine de cette incroyable injustice qui empêche les femmes de procréer à des âges aussi avancés que les hommes, j’aurais bien encore pris dix ans pour moi, pour me découvrir, me faire plaisir, m’accepter, car ce n’est pas une mince affaire. Je sais bien que c’est parfaitement égoïste et j’assume totalement.
Même en étant amoureuse, ça ne m’a jamais travaillé plus que ça. Je veux parler de la grossesse. Ca me fait plutôt peur d’ailleurs : la transformation du corps, les hormones en ébullition, l’accouchement. Enfin, ça ne me parait pas très ragoutant.
Et pour finit, ma mère, qui pourrait être le plus à même de me « harceler », en tant qu’ainée, pour assurer sa descendance, est tout ce qu’il y a de plus muette sur le sujet. Le seul moment où je me souviens avoir évoqué le sujet avec elle, alors que j’étais seule à l’époque, elle m’a juste « recommandé » de ne pas faire d’enfant sans père. Merci Madame BIBA !
Tout cela pour en venir au titre de cet article : j’assure depuis début août un (énième) remplacement congé maternité. En effet, je me suis fait une spécialité de ces passations : le contrat – CDD ou intérim – se limite souvent de six à neuf mois (congé parental inclus) et en tant que bonne PS, je déteste m’impliquer trop longtemps dans une boîte. Ma parturiente est une belle jeune femme qui vit sa grossesse avec énergie. Nous partageons notre bureau avec une autre intérimaire, qui vient elle aussi d’annoncer sa grossesse. Depuis le début de l’année, je ne vais pas dire que je suis submergée de faire-parts, mais une petite collection commence à s’agglutiner sur notre bar à la maison. C’est bien un bar, pour des faire-parts de naissance. Quand j’ai du vague à l’âme, je me sers un bourdon sec et ça va mieux. Parce que ça commence à me démanger. Un endroit dont j’ignorais totalement l’existence. Vaguement situé entre le nombril et la vessie. Mes ovaires. Mes « œufs verts », les œufs d’une extraterrestre, quoi…
Quand mon amoureux a compris que toutes ces femmes qui m’entouraient allaient pondre dans les mois à venir, il a mieux compris ce sentimentalisme baveux qui commençait à me gagner. J’ai nié ! Impossible d’être aussi influençable !? Alors, ça existe l’instinct maternel ou alors faire un enfant est la succession logique d’une dictature culturelle ? Une femme, ça doit faire des enfants. Il y a encore moins de cinquante ans, si tu ne faisais pas d’enfant, c’est que tu ne pouvais pas. Malaise. J’en croise plus souvent aujourd’hui des femmes qui reconnaissent calmement que, non, elles n’ont pas voulu, ou que c’est arrivé comme ça, ou plutôt que ça n’est pas arrivé, qu’elles ont fait plein d’autres choses intéressantes à côté. La société ne les stigmatise plus de la même manière. On peut être parent de plein de manière ; d’ailleurs je soutiens l’adoption par les couples homosexuels. Car un beau-parent peut souvent combler l’absence précoce d’un parent.
Jusqu’à ces dernières semaines, je n’avais jamais eu envie de faire un enfant (pourtant, il est beau mon amoureux !). Alors, quoi, cette envie, c’est comme vouloir la même robe ou les mêmes chaussures que la collègue ?
(cc)Â sara b. | 2010
posté le 09/09/2010 | 1036 vues | 9 commentaires | tags: envie maternité bébé travail enfant A deux | 2 ont aimé
C’est vrai qu’une envie d’enfant alors qu’on est seule, ça ne doit pas ĂŞtre Ă©vident Ă gĂ©rer. Je n’ai jamais Ă©tĂ© confrontĂ©e au problème, je crois vraiment que mon envie coĂŻncide avec une envie de “rentrer dans le rang”, de me sentir “comme les autres”.
C’est pourquoi, je crois que la dictature des hormones chez les femmes, ce n’est pas vraiment gĂ©nial parce que ça Ă©chappe Ă tout libre arbitre. Parce qu’on fait avant tout un enfant AVEC quelqu’un.
Ben moi j’ai l’impression en tout cas… et un sacrĂ© virus je dis… pfff 2010 c’est l’annĂ©e des naissances… un vrai Babyboom !!
C’est vrai, maintenant que je vis Ă Montpellier, la mĂ©tĂ©o permet plus de libertĂ© de tenue, plus longtemps sur la saison, on a encore plus de 25° en ce moment et les bidons tout ronds sont bien visibles !
C’est que tu t’en sens peut-ĂŞtre prĂŞte - ou alors que tu en ressens un besoin Ă©goĂŻste : et si je finissais seule ? Sans enfants ?
Mais je suppose que c’est normal :)
Je crois que c’est un petit peu des deux : Ă un moment donnĂ©, chacun le sien, on se sent prĂŞte Ă passer le tĂ©moin, c’est Ă dire Ă envisager sa propre mort, mais aussi Ă donner sa chance Ă un nouvel individu de prendre sa suite dans le cycle de la vie. Comme si un petit bout de nous mĂŞme allait survivre aussi.
Je suis d’accord avec Theftya, faire un enfant dĂ©jĂ c’est quelquechose d’instinctif mais dans la sociĂ©tĂ© oĂą l’on vit c’est-Ă -dire de pollution, de crise sociale…est un projet qui reste murement rĂ©flĂ©chi. Je pense que ça doit ĂŞtre rĂ©flĂ©chi mais pas trop car pour moi la famille reste encore de ce monde ce qui nous rend le plus heureux (pour ma part). En ce qui me concerne, je n’envisageais pas ma vie sans enfant, pour des raisons inconnus que je pense donc instinctives puisque je dĂ©sire un enfant depuis mes 20 ans. En ce qui te concerne, je pense que tu es une fille qui est très terre Ă terre tu rĂ©flĂ©chis beaucoup (comme toute angoissĂ©e) et je pense que non ça n’est pas vouloir copier les copines que de vouloir un enfant mais aussi parce que tu as rencontrĂ© une personne bien et qu’assumer Ă deux c’est aussi plus facile. Actuellement je suis enceinte (3ème mois) et je peux te dire que malgrĂ© les angoisses et les malaises et nausĂ©es je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi comblĂ©e, je vis une aventure extra ordinaire, je me sens forte comme jamais je l’ai Ă©tĂ©. Et je suis contente d’avoir gardĂ© ce bĂ©bĂ©-surprise et de pa avoir trop rĂ©flĂ©chi avant de le faire.
Je ne pense pas que ce soit une histoire de faire comme les autres… pour ma part je ne m’imaginais pas avec enfants… il faut dire que j’avais des relations qui ne donnaient pas l’espoir d’avoir un semblant de père autre que de simples gĂ©niteurs et je pars du principe que pour avoir un enfant il faut ĂŞtre deux (mĂŞme sexe ou pas, ensemble ou pas mais deux Ă tenir les rĂ´les de parents)… bref, donc je me voyais tout Ă fait vivre sans…
Et puis un jour j’ai rencontrĂ© l’homme… on ne s’est pas posĂ© beaucoup de questions, on a tout de suite partagĂ© notre gobelet Ă brosse Ă dents… lui a parlĂ© bĂ©bĂ©… moi je ne me posais plus la question mais en fait dans ses yeux je me suis vue mère et du coup bah ça allait de soi…
Tu vois je pense plus que ton envie d’enfants n’est pas dĂ» Ă ton horloge biologique mais au fait que tu es avec un amoureux qui est suceptible de te voir en mère… bon je sais ma thĂ©orie ne tient pas pour les femmes qui ont des envies sans hommes mais il faut toujours une exception Ă le règle, non?
;-)
@ Xena et Myamya : merci pour vos deux tĂ©moignages et fĂ©licitations Ă toi, xena, c’est un grand tournant !
Finalement, la parentalitĂ©, la grossesse, la fĂ©minitĂ©, se vivent aujourd’hui sur de multiples modes. Je ne crois pas Ă l’instinct maternel. je suis comme toi, Myamya, Vouloir un enfant pour moi, c’est depuis toujours une incongruitĂ©. C’est vrai que la prĂ©sence de cet homme auprès de moi a rĂ©veillĂ© plein de choses et que son “influence” est autrement plus importante sur ma vie que celle de mes collègues ^^
C’est une expĂ©rience Ă vivre, parmi beaucoup d’autres, mĂŞme si on signe pour une durĂ©e illimitĂ©e…
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