NDLR : Retrouvez chaque semaine du mois de septembre la chronique de notre chef de rubrique bouquins, l’inénarrable Audrey A., pour une rentrée littéraire 2010 haute en couleurs !
Pitch :
Dans « A la folle jeunesse » , Ann revient sur les 25 dernières années de sa vie, sur son enfance et son adolescence, sur les gens qui ont traversé sa vie, sur son aisance matérielle qui compensait des parents absents, sur sa « carrière » d’écrivain et sur tout ce que les gens ont toujours pensé d’elle sans avoir aucun doute de la réalité. Autofiction au premier degré, « A la folle jeunesse » fait l’effet d’un récit autobiographique émouvant d’une femme qui aurait toujours été dépassée par ce qui lui arrivait sans qu’elle ait la moindre prise sur sa propre vie.
Ce que nous dit la 4ème de couv :
« Au fil d’une journée où se croisent ceux qu’on a trop aimés ou pas assez, un passé resurgit et se déconstruit peu à peu. A la folle jeunesse exprime, avec le plus de sincérité possible, les plus gros mensonges. Et inversement. »
Ce que j’en ai pensé :
Le style d’Ann est toujours aussi agréable, parlé, dynamique mais limpide, les pages s’enchaînent très facilement même si l’on a bien conscience de ne pas lire un roman à proprement parler. Attention par contre, si l’introduction à la manière de Bret peut nous donner un indice, c’est de ne justement pas prendre tout ceci pour argent comptant. Ann Scott est une romancière et nous en faire douter n’est finalement qu’une preuve de sa réussite. Car comme dira Bret à Ann après lui avoir donné sa bénédiction sur l’utilisation du procédé littéraire de « Lunar Park », « Puisse cette pirouette littéraire te délivrer des contraintes de la narration comme elle l’a fait pour moi. Mais n’oublie jamais que les gens croient toujours ce qui est écrit ».
Extrait :
« Le taxi m’emmenait au Flore pour le premier petit déjeuner de l’année. On improvise des points de chute en sortant de boîte, sans manteau par moins cinq degrés, et vingt-cinq ans plus tard on se retrouve otage d’un rituel »
« Ni elle ni moi ne publions jamais rien sans que l’autre ait relu et corrigé. J’ai eu envie de lui demander ce que j’allais devenir si elle quittait Paris. Mais le processus de rejet était déjà enclenché. La seule chose que je ne savais pas encore, c’était si je parviendrais à transformer la relation ou si je ferais une croix dessus pour ne pas avoir à gérer le manque. »
Verdict :
Un bon démarrage de rentrée littéraire. A la folle jeunesse est un moment de lecture agréable et émouvant que je recommande, peut-être après avoir lu le phénomène Superstars par contre.
posté le 08/09/2010 | 713 vues | 1 commentaire | tags: a la folle jeunesse Ann Scott rentrée littéraire 2010 audrey A. bouquins
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Je suis une fan d’Ann Scott, depuis Superstars justement.
Son travail a été inégal, mais pour moi elle parlait d’un monde fascinant et marginal, comme Despentes mais avec plus de douceur et de tristesse peut-être, alors que Despentes c’est la colère et le trash.
Leurs deux nouveaux bouquins sont d’ailleurs déjà sur ma table de nuit.