Le Fabien m’avait dégouté des hommes, il avait excité mes démons et détruit la seule once de confiance en moi que j’avais. Fin 2009, j’ai sombré dans une profonde dépression dont je pensais ne jamais me remettre. Un sentiment de détresse auquel seule l’image de ma famille aimante et surtout l’image de ma maman chérie qui m’a toujours cajolée, a pu jouer en ma faveur.
Durant cette période, je me suis réfugiée dans mon boulot à savoir mes études d’ingé avec l’aide d’anxiolytiques. Un jour j’ai pété les plombs, j’ai envoyé valser tous les médicaments que j’avais et je suis parti rejoindre ma sœur en montagne. C’était pour le nouvel an 2010. Une semaine a suffi pour me remettre sur pieds alors que les médocs sensés me soigner Prozac et anxio ne faisaient que de moi une loque humaine. A cette époque, je me disais que ma vie était foutue et vivre avec des angoisses et crises de panique à 23 piges c’était survivre.
Je n’ai pas eu les couilles de me foutre en l’air.
« Si quelques-uns vont jusqu’au suicide, ce n’est pas parce qu’ils manquent de courage, mais c’est qu’ils n’en peuvent plus. Le courage n’a rien Ă voir ici. C’est l’amour qui fait dĂ©faut. » AbbĂ© PIERRE
Le fait de me retrouver dans un cocon plein d’amour en famille m’a libéré d’une partir des démons. J’ai pu de nouveau rêvé alors que je me trouvais dans les Vosges. J’ai rêvé d’un homme qui saurait me redonner confiance en moi, qui saurait m’aimer pour autre chose que pour mon cul, qui n’aurait pas besoin de m’écraser pour montrer qu’il est l’homme dans le couple. Cet homme ne serait pas un parisien qui passe plus de temps dans la salle de bain que moi à compter ses rides et à enlever ses poils sous les bras mais serait un vrai homme qui aime le travail physique, qui aime mettre les mains dans le cambouis, un campagnard avec des vraies valeurs qui aime, comme moi, la bonne bouffe, les ballades dans la nature. Cette vision est, certes, chargée de préjugées, mais la vie à Paris ne m’a jamais fait rêver, de même que tous les connards que j’ai pu rencontrer à la capitale. J’ai toujours rêvé de voir mes futurs marmots courir dans la nature et jouer avec des animaux. De voir leur papa, bricoler des jouets pour eux et que moi je fasse des bons petits plats pour tout le monde.
Une vision un peu rétro de ma propre vie. Comme si, le fait de m’être trop amusée à Paris, d’avoir trop eu le choix de faire ce que je voulais, avait tué mes rêves les plus profonds et comme si, à force d’avoir trop de libertés, j’en ai abusé au point de me dégoûter et de flirter avec le suicide. « Ne le dites jamais, mais je suis dans une sorte de stupeur permanente de constater si peu de suicides dans un temps comme le nôtre, tellement l’univers semble imbécile et sans perspectives. » Abbé PIERRE
Je suis partie dans le Sud pour un stage de fin d’études et pour voir si l’herbe n’était pas plus verte là -bas. Un jour, au travail, j’ai eu un flash, pas un coup de foudre, mais un flash. Cet homme là , il me fallait à tout prix. Pourquoi ? A cette époque, je n’en savais rien. Aujourd’hui je sais. Pourtant pas mon style, moi qui aimais les militaires fadas et à grande gueule, les hommes à femmes, les hommes autoritaires, manipulateurs, les PN comme certaines diront ici, j’ai jeté mon dévolu sur un mec timide, coincé, un peu ringard, complètement campagnard mais sortant d’une très grande école, gamin de Provence avec un fort accent provençal, mais avec un corps de dieu du stade et un regard chargé de virilité et de bonté.
Ma « force tranquille » à moi, mon amour, mon homme, mon mâle, mon ours. Il me reconstruit progressivement, j’aime les longues balades en pleine nature avec lui, j’aime quand il m’amène dans sa maison de campagne dans les Alpes et qu’il coupe du bois pendant que je cuisine, qu’il fait du feu pour nous chauffer, qu’on parte en quad « promener » comme il dit avec son patois local. J’aime quand il bricole des voitures, quand il bricole sa maison, quand il fait du ciment, quand il fait la moisson, qu’il va ramasser des champignons, qu’il va pêcher. Un homme comme j’aime. Viril, un peu sauvage mais tellement bon au fond.
Aujourd’hui je connais les raisons de ce flash, il correspond à tout ce que j’aime chez un homme avec qui partager ma vie. Même que j’avais peur qu’au lit ce ne soit pas comme avec les autres. Il s’avère qu’en plus c’est un étalon au pieu. Comme quoi le mec coincé qui ne parle pas trop est une vraie sex machine. Bien sur les angoisses sont toujours là , on est loin de a famille, on bosse dur, on se demande pendant combien de temps je serais au chômage après mon diplôme d’ingé. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille.
Mais penser au suicide aujourd’hui est impossible même qu’on pense à être maman. Alors que je me promenais dans son jardin surplombant un village provençal, je me suis penchée sur une petite cabane en bois, la sienne quand il était petit, il m’a regardé et dit « Je bricolerais la même pour nos enfants ».
(cc) Kevin Klöcker
posté le 08/08/2010 | 1528 vues | 4 commentaires | tags: reconstruction depression hommes relation amour | 3 ont aimé
Merci beaucoup Jess j’espère avoir trouver l’homme de ma vie mais en fait je me pose mĂŞme pas la question parce quelquepart ça me fait peur de l’avoir dĂ©jĂ trouvĂ© et de dire adios au papillonnage. J’aimerais que notre histoire dure tjs et que mon instabilitĂ© lĂ©gendaire foute le camps! Mais vu que je suis très imprĂ©visible, on verra quoi…En ce qui concerne la vie Ă la campagne ça change vraiment, en fait je dirais comme une contributrice avait dit sur LR “on aime paris mais quand on est loin”
la folie de paris me manque un chouia mais c’est surtt ma famille qui me manque mais j’essairais de rentrer tous les 2 mois les voir mais bon Ă©tant une fille Ă maman c’est assez difficile. je remarque qu’Ă paris les gens sont assez superficiels, ici c’est vrai que ce qui compte c’est les liens familiaux c’est des mĂ©diterrannĂ©eens quoi, après ici aussi il y a des cons notamment le kĂ©kĂ© dont parle F.Dubosc est très prĂ©sent en cette saison.
Ravie pour toi, Xena… “Comme envie de toi”, ça donne aussi “comme en vie de toi…”, j’espère que c’est un prĂ©sage ((une naissance?), et une renaissance pour toi. Te souhaite que du bonheur avec ton fougueux timide.
Oui tu as raison lili-mai l’amour sous toute ses formes (famille, enfants, mari, amis et mĂŞme amour de la nature) nous maintiennent en vie. Je te remercie pour ces souhaits, et aussi de bonheur Ă toi pour ta nouvelle vie avec le petit bonhomme.
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Très beau texte que je trouve très poignant. T u as surement trouvĂ© l’homme de ta vie et j’e suis heureuse. En fait je me dis que ce qui pourris les gens Ă Paris, c’est le stress , al morositĂ© et peut etre aussi le fait de se croire au centre du monde. Tous ne sont pas prĂ©tentieux mais beaucoup le sont. La prĂ©tention et le fait d’ĂŞtre superficiel ça ne fait que rendre les gens plus cons. Enfin bref. Au moins dans le Sud les gens prennent le temps de vivre et c’est eux qui ont raison. Après il y a des cons partout le tout est de les Ă©viter. merci pour ce tĂ©moignage qui apporte de l’espoir commme quoi rien n’est jamais perdu.