Selon Wikipédia, «un roman à clef est un sous-genre romanesque dans lequel certains personnages ou la totalité de ceux-ci représentent, de façon plus ou moins explicite, une personne réelle. Sous le couvert de la fiction, l’auteur adresse en écrit en réalité une histoire vraie, souvent pour éviter la diffamation, pour faire une satire, ou pour des raisons autobiographiques». Le Roman à clefs d’Alizé Meurisse est peut-être autobiographique mais je persiste à croire que ses «clefs» sont autres.
Tout est un peu flou dans ce roman. Aucun repère de lieu ni de temps, aucun prénom, aucun nom propre même, des digressions à n’en plus finir et des phrases qui n’ont aucun lien les unes avec les autres. Du moins c’est ce que l’on perçoit dans les premières pages.
Effectivement rien n’est «concret» voire tangible. On identifie seulement un homme, une femme, une séparation laissant place à la douleur et la renaissance d’une nouvelle rencontre.
Léger donc mais on s’aperçoit très vite que ça n’a aucune importance car ce qu’Alizé Meurisse nous propose ici n’est pas un roman standard, c’est 125 pages de poésie, d’élans imaginaires, d’introspection, de nombrilisme aussi, de phrases complexes, d’adjectifs, de coupures et de rabibochage des mots.
125 pages dans lesquelles on avance grâce à des clefs : chaque dernière phrase d’un chapitre introduit le chapitre suivant. Phénomène drôle à identifier et encore plus drôle à suivre.
Alizé Meurisse signe ici un 2ème roman (après Pâle sang bleu, paru chez le même éditeur) dont je peux comprendre qu’il soit difficile à aborder. J’ai moi-même été lâchée en bord de route à plusieurs reprises, trop riche, trop lourd, le style intimiste et fourni de la demoiselle me faisait décrocher.
Mais le phénomène des «clefs», que j’ai mis quelques chapitres à voir, m’a tenu jusqu’à la fin et m’a fait fermer le livre avec, certes, une impression de «trop» mais également avec un sentiment agréable.
Celui d’avoir, le temps d’un livre, été dans la peau d’une des narratrices, tant les mots sonnent justes, voire douloureusement justes parfois, malgré un style difficile à tenir sur la durée.
«Roman à clefs», Alizé Meurisse
Paru le 22 Janvier 2010 chez Allia
posté le 21/07/2010 | 1700 vues | aucun commentaire | tags: roman à clefs alizé meurisse critique bouquin | une personne a aimé
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