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Bienvenue à l’Ogenki Clinic !

ndlr : Ogenki Clinic, petit manga olé olé, a été envoyé à Mimi par la rédaction.

Tokyo. Le Docteur Sawaru Ogekuri et sa piquante assistante l’infirmière Ruko Tatase travaillent à l’Ogenki Clinic, comprenez «clinique du plaisir». Dans cette clinique spéciale, on s’applique à ce que le patient retrouve toute sa libido et vive une sexualité épanouie. Tous les problèmes trouvent leur solution. Impuissance, fétichisme, narcissisme, fantasmes inavoués et j’en passe. Le médecin aime le travail bien fait et n’hésite pas à mettre la main -la langue ?- à la pâte et la professionnelle Melle Tatase vient à bout de tous les blocages avec ses porte-jarretelles fatals. Les méthodes de traitement sont saugrenues et radicales, la guérison souvent réussie, il y a parfois des effets secondaires comme un appétit sexuel impossible à canaliser. 

Bienvenue à l’Ogenki Clinic !Ogenki Clinic fut une série à succès dans les années 80. Seulement 2 des 9 albums avait été traduits en français. Presque 30 ans plus tard, les éditions 12bis traduisent dans son intégralité ce best seller du manga érotique de Haruka Inui.

Dans les premières pages, j’ai pris peur ! Les dessins sont crus, les images ne font pas dans la dentelle, le crayon est vif et direct. Et puis, dans le premier dossier, il y avait la jeune demoiselle Tatase qui lançait désespérément, les yeux écarquillés et inquiets, «Mais vous n’allez pas me pénétrer sans préliminaires ?» Non, moi non plus je n’avais pas envie qu’elle se fasse pénétrer comme ça. A la sauvage. Avec ses collants ! Sauf que ça ne lui a pas déplu -mais est-ce le mot ?- à Melle Tatase de se faire prendre à même le collant par ce fétichiste fou. Dans le dossier suivant, la consultation s’est terminée en ébats sexuels sado-maso. J’ai commencé à sourire. Et puis il y a eu la femme qui a des orgasmes phénoménaux en se regardant dans le miroir, la religieuse qui n’assume pas ses pulsions, le violeur devenu impuissant. Là je dois dire que j’ai commencé à m’amuser.

Le thème était risqué, j’aurais pu détester mais j’ai plutôt aimé. J’ai beaucoup ri, j’ai été surprise. Sans doute, l’humour second degré m’a-t-il permis d’apprécier. Humour indispensable pour que le manga ne sombre pas dans le glauque. Les situations sont toujours cocasses mais jamais grotesques. Le ton décalé est efficace et accroche complètement le lecteur. Il y a même une forme de subtilité dans le récit qui projette les situations sous un angle inattendu. L’auteur raconte les comportements sexuels de ses contemporains et les difficultés à assumer ses désirs. Sous des images crues, les tabous d’une société prennent forme et volent en éclat. Rappelons qu’on se trouve au Japon dans les années 80. Le manga donne au final une perspective des questionnements «interdits» et des désirs refoulés d’une génération. Et c’est en cela que c’est intéressant.

Alors, à lire ? Sincèrement oui. C’est hilarant et audacieux. 

Ogenki Clinic, Tome 1, de Haruka Inui, éditions 12bis

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