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Tournée.

Tournée, récompensé du prix de la meilleure mise en scène au festival de Cannes : dernier petit bijou d’élégance offert par l’inénarrable Mathieu Amalric. On s’installe dans son fauteuil (cinq minutes après le début de la séance, mea maxima culpa), l’attention est à son climax, et puis surtout, on en sort émerveillé.

Tournée.Pitch (concocté par mes soins, pardonnez-m’en la concision) : Joachim Zand, producteur de télé déchu, revient en France avec un spectacle monté de toutes pièces par des strip-teaseuses Américaines. Mais pas n’importe quelles strip-teaseuses. Celles-ci sont représentatives du mouvement nommé ici comme le “new burlesque” : est présenté chaque soir au public un show à l’américaine, avec des femmes complètement décomplexées qui s’effeuillent en chantant, en dansant, en faisant des blagues, comme bon leur semble. Comme le dit si bien Dirty Martini, “c’est un show pour les femmes fait par des femmes.”

L’histoire, en elle-même, n’est pas franchement enthousiasmante : un producteur véreux, père absent, capable du pire quand le meilleur lui est inconnu pour arriver à ses fins… Classique. Mais Mathieu Amalric, même si, comme toujours, fait preuve d’une justesse et d’une force scénique impressionnante, n’est absolument pas la star du film. C’est bien simple, il tient, en quelque sorte, le rôle du Emcee (maître de cérémonie) pour laisser toute la place à des figures emblématiques, chacune à leur manière.

Alors que le débat sur les rondeurs des femmes revient décidément à la mode, comme pour amorcer un retour à la femme pulpeuse, la vraie (pas Lara Stone, grands dieux), les héroïnes du film Tournée mettent tout le monde d’accord. Certaines scènes sont même univoques, et mon verdict est implacable : ces femmes sont excessivement belles. Et au-delà d’être belles, Dirty Martini, Mimi Le Meaux, Kitten on the Keys, Evie Lovette, Julie Atlas Muz (ainsi que Roky Roulette, seul strip-teaser homme de l’assemblée) provoquent fascination, désir, respect chez le spectateur. J’étais comme subjuguée par leurs rondeurs, par leurs maquillages outranciers, par leurs blagues salaces, par leur apparente vulgarité qui n’est rien de plus que de l’exubérance débridée, par leur joie de vivre, par leur timidité, par leur professionnalisme, par leurs rêves, par leurs prises de position, par leur force. Face à ce genre de femmes, on est tout de suite pris d’un regain de féminité, criant haut et fort (au fin fond de notre esprit) : “Say it loud, I’m a woman and I’m proud !“, quels que soient taille, poids, mensurations.

Tournée, c’est donc une belle tranche de vie que je recommande à tous, comme pour revendiquer le droit à la différence, une différence qui, vue sous cet angle, paraît presque absurde à signaler. Et désormais, lorsqu’on me dira que toutes les femmes sont belles, j’y croirai dur comme fer.

5 Responses to “Tournée.”

  • J’ai aussi adoré Tournée, mais pour des raisons totalement différentes, certes les femmes sont belles, certes elles sont extrêmement sympathique. Mais, le new burlesque ne m’intéresse pas. Ce que j’ai aimé c’est bel et bien le personnage de Mathieu Amalric. Ce personnage qui lui colle à la peau depuis les films de Desplechin et dont on dirait qu’il n’arrive pas à se débarraser mais qu’importe on l’aime. Pour moi, le reste n’est qu’un prétexte. Mais c’est ce film est un tout, ce film est beau servi par une BO qui donne la pêche et je compte bien le revoir..

  • Mais diantre très chère, reconvertissez-vous dans la critique de cinéma ! Je suis sure que tu arriverais à me donner envie d’aller voir Twilight !

  • Vous êtes trop bonne ma mie. Que voulez-vous, j’expérimente mon champ des possibles en termes de conception-rédaction. Plus rédaction que conception d’ailleurs, j’en conviens.

    Le début d’une vocation !

  • J’ai, moi aussi, Tournée, et j’ai beaucoup aimé. Malgré quelques longueurs au milieu du film et des personnages malheureusement pas assez appronfondis : la strip-teaseuse brune qui n’arrive pas à se déshabiller totalement, notamment ; et même le personnage d’Amalric reste à l’état d’ébauche…
    C’est surtout les 40 dernières minutes du film, lorsque Mimi “prend le pouvoir” sur le film qui sont belles et touchantes. Pour moi, cette dernière partie est la plus grande réussite du film.
    Et, évidemment, ces femmes sont magnifiques !

  • C’est vrai que j’ai été intriguée par leur Dita Von Teese en herbe, cela dit, ça ne m’a pas gênée plus que ça. Pour ce qui est du personnage d’Amalric, je ne suis pas franchement d’accord, son parcours a un début, un milieu, une fin. On passe en gros du producteur véreux au producteur esseulé, à la gueule de qui on claque de nombreuses portes, et puis la fin arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, où enfin il admet que c’est un connard fini.

    J’aurai aimé que la fin dure plus longtemps, moi, par exemple, mais c’est vrai qu’il y a eu quelques longueurs pendant le film pas forcément porteuses de sens.

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