Article sélectionné par Baby Haussmann lors de sa semaine de rédaction en chef
Écrire sur les bitch, moi ? Mais les bitch, je ne connais pas, je ne sais pas, parce que moi je les évite les bitch, je m’en éloigne, je m’en écarte comme d’un enfant qui a la varicelle, je déguerpis dès que j’en aperçois une.
Bon, il y a plusieurs espèces de bitch, il y en a même que j’aime bien, comme Pamela Anderson -si si-, mais c’est une autre histoire. La bitch que je n’aime pas, c’est celle que j’ai craint, que j’ai détesté autant que j’ai envié, la vraie méchante. Je me demande aujourd’hui pourquoi j’ai une telle aversion pour la méchanceté et là je me souviens du collège. Le collège ou le terreau des plus fabuleuses bitch de ma jeunesse. La bitch en pleine éclosion se trouve là .
C’est au collège, période délicieusement affreuse, qu’elle fait ses premières armes, qu’elle grandit, mûrit et s’affirme. On ne devient pas bitch à 20 ans, on l’a toujours été. Ne devient pas peste qui veut. On ne choisit pas. A la maternelle déjà , elle était là à faire ses premières victimes. On la retrouve des années plus tard, mâchouillant un chewing-gum, le khôl noir qui dégouline légèrement sous l’œil et un atroce rire de hyène. En général, une flopée de filles gravite autour d’elle. La bitch, on la remarque, la bitch, on l’admire, la bitch est populaire.
Retour dans les 90’s, mes 90’s. Collège, films d’horreur et rêves plein la tête. Parmi mes amies se sont trouvées de fabuleuses bitchy méchantes, qui m’ont mise le grappin dessus je ne sais plus trop comment, je ne sais plus trop pourquoi. La bitch a toujours cette étonnante attirance à un « moment T » pour une fille, qu’elle désigne comme étant sa meilleure amie.
J’ai ainsi été successivement la désignée de quelques-unes de ces filles qui marquent l’esprit à jamais.
La première fois, j’avais 10 ans. Une blondinette, la seule de la classe à fréquenter les « grands ». Elle choisissait ses amies un peu comme on choisit sa bière en terrasse ou ses partenaires en boîte à l’âge légal. Quand la saveur de la rencontre était consumée, elle passait à une autre. Je ne me rappelle plus comment nous nous sommes « séparées », je crois que la relation fut brève, la blessure resta superficielle. De cette période, je garde la saveur de mon innocence conjuguée à son hypocrisie des plus attentionnées.
A 12 ans, Bitch n°2 décida de me donner la main dans la cour et me demanda de manger en tête à tête avec elle tous les jours. J’étais sa partenaire, l’unique, la number one, je ne devais parler à personne d’autre. Honorée, j’acceptais sans me douter que la veille de la fin d’une année complice, elle ne m’adresserait plus la parole et me rejetterait sans autre explication. Cette fois, l’injustice et l’incompréhension me ravagea les neurones, heureusement l’été arrivait vite.
Et puis il y eu Bitch n°3, la plus forte de toutes. Elle s’accrocha à moi comme un ours à son pot de miel et finalement nous coulâmes des jours heureux pendant quelques années ponctuées de méchancetés et coups bas en tout genre.
A la sortie du collège, je suis partie pour de nouvelles aventures et l’intense libération de ces années se produisit quand je vis mon nom inscrit sur les listes d’admis au bac. J’avais grandi et je savais désormais tout ou presque sur ces remarquables salopes.
A 15 comme à 30 ans, elle n’a qu’une force qui réside dans la fragilité et les failles de l’autre. Ma revanche ? Le temps qui m’a soulagée et l’âge qui m’a fait prendre conscience de certaines choses. J’étais trop préoccupée par la douleur que me causaient leurs vacheries pour me rendre compte qu’elles avaient une vie finalement bien terne et superficielle. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs plutôt mal tourné. Je m’en aperçu des années plus tard, et là , bitch ou pas bitch, je jubilai.
(cc) rachel a. k.
posté le 07/07/2010 | 1167 vues | 1 commentaire | tags: pétasse bitch journée spéciale
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Avec des textes comme ceux ci,cela me conforte dans l’idée que souvent l’ennemie d’une fille…est une autre fille ^^